Ils lui reprochent de ne pas avoir engagé ses hommes au Bataclan lors des attentats du 13 novembre

Des gendarmes du GIGN s'en prennent Ă  leur chef dans une lettre anonyme

  • PubliĂ© le 13 juillet 2016 Ă  09:45
Le chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), le colonel Hubert Bonneau le 19 avril 2016 Ă  Paris

Des gendarmes d'Ă©lite du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) s'en prennent vivement Ă  leur chef, le colonel Hubert Bonneau, dans une lettre anonyme, lui reprochant d'ĂȘtre "peu courageux" et de ne pas avoir engagĂ© ses hommes au Bataclan lors des attentats du 13 novembre.

Cette lettre de trois pages adressée au patron de la gendarmerie nationale Denis Favier, révélée par Le Canard enchaßné et que l'AFP s'est procurée mardi, est seulement signée "l'esprit de l'inter", au nom de membres de la Force intervention, qui regroupe une centaine de militaires.

Il est impossible de savoir combien d'entre eux adhÚrent aux propos virulents de ce courrier, mais selon les différents gendarmes du GIGN interrogés par l'AFP sous couvert d'anonymat, elle émane d'une poignée de mécontents tandis que de nombreux membres de la force d'élite n'y ont pas été associés.
"Voilà maintenant deux ans que nous subissons le commandement injuste et peu légitime du colonel Bonneau", "un mauvais chef", "qui fait de son mieux pour minimiser la Force intervention", écrivent les initiateurs de la lettre.
Lui reprochant de ne pas ĂȘtre issu comme eux de "l'inter", ou "intervention", coeur de mĂ©tier du GIGN, ils estiment qu'il "ne comprend rien aux missions d'intervention", "est peu courageux et perd ses moyens dans l'action".
En cause, notamment, selon ces militaires anonymes -- les syndicats ne sont pas autorisés dans la gendarmerie --, la soirée du 13 novembre. Au début des attentats, un groupe du GIGN s'est pré-positionné, à la demande des autorités, à la caserne des Célestins, dans le centre de Paris, pour intervenir en cas de nouvelles attaques.
"Alors que nous Ă©tions 40 opĂ©rationnels (...) prĂȘts Ă  mener un assaut, prĂȘts Ă  faire cesser la tuerie", le colonel Bonneau "attendait sagement d'ĂȘtre appelĂ©" et "se cachait derriĂšre une histoire de compĂ©tence territoriale", accusent-ils, se disant "scandalisĂ©s et traumatisĂ©s par cet Ă©vĂ©nement".

L'assaut au Bataclan contre les jihadistes a Ă©tĂ© menĂ© par les unitĂ©s d'Ă©lite de la police. La commission d'enquĂȘte parlementaire sur les attentats qui vient de rendre ses conclusions a conclu qu'il n'Ă©tait "pas nĂ©cessaire" de solliciter le GIGN, estimant que la BRI et le Raid Ă©taient mobilisĂ©s en nombre suffisant Ă  la salle de spectacles.
Interrogée par l'AFP, la direction générale de la gendarmerie nationale n'a pas donné suite dans l'immédiat.

Par Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT - © 2016 AFP

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