La journĂ©e s'annonce "trĂšs difficile" Ă la SNCF, de l'aveu mĂȘme de la direction.
Pour peser sur un gouvernement inflexible, les cheminots sont appelés par les syndicats à un lundi "sans trains et sans cheminots" et à voter pour ou contre la réforme ferroviaire. Des trains circuleront lundi, au 18Úme jour de grÚve depuis début avril, mais la direction de la SNCF a noté "un sursaut de mobilisation". Elle a annoncé une "trafic trÚs perturbé" sur toutes les lignes. Les voyageurs peuvent tabler en moyenne sur un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq, avec des situations contrastées selon les régions.
Seule une partie des cheminots, directement liés à la circulation des trains, doivent se déclarer 48H00 à l'avance. Il faudra attendre la mi-journée pour mesurer la portée de cette journée "sans cheminots" sur l'ensemble des catégories de personnel. Mercredi dernier, le taux de grévistes était de 14,46% en matinée, le plus faible depuis le début du mouvement. Le 3 avril, il était de 33,9%.
L'Unsa avait jugé la semaine derniÚre "vital de frapper un grand coup" lundi. Le 2e syndicat de la SNCF veut maintenir la "pression" sur le ministÚre des Transports, auprÚs duquel il a défendu vendredi ses amendements à la réforme, comme la CFDT, dans l'optique de la discussion au Sénat. AprÚs des actions coups de poing dans les gares parisiennes la semaine derniÚre, notamment à l'initiative de SUD Rail, la direction de la SNCF a évoqué dimanche "des menaces d'exactions et blocages de gares" et promis "une grande fermeté".
Appel "aux urnes"
Unis depuis le début de la contestation, les syndicats CGT-cheminots, Unsa-ferroviaire, SUD-rail et CFDT-cheminots ont aussi décidé de lancer une consultation auprÚs des 147.000 salariés de la SNCF, aprÚs neuf séquences de deux jours de grÚve sur cinq. Baptisée "vot'action", elle s'ouvre lundi à 10H00 et prendra fin le 21 mai à 10H00, quelques jours avant l'examen de la réforme au Sénat.
Chaque agent en activité est invité à dire s'il est "pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement" qui reste inflexible sur trois points: l'ouverture à la concurrence, la fin de l'embauche au statut et la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics. Des urnes seront installées dans les assemblées générales, mais certaines seront itinérantes lors de "tournées syndicales, dans les ateliers, les postes d'aiguillage, les bureaux", a précisé Bruno Poncet (SUD-Rail).
Des listes d'Ă©margement comporteront les nom, prĂ©nom et numĂ©ro de matricule des votants. Elles seront dĂ©truites aprĂšs le comptage des voix pour que la direction ne puisse pas savoir qui a participĂ©. Les syndicats le savent, cette consultation n'a aucune valeur juridique, "aucune lĂ©gitimitĂ©" mĂȘme, pour le PDG de la SNCF Guillaume Pepy.
Mais ils y voient une nouvelle "modalité d'action" pour "entrer en contact avec les cheminots", avait expliqué Sébastien Mariani, de la CFDT-Cheminots (4Úme). Le temps presse. Le projet de réforme ferroviaire, déjà adopté en premiÚre lecture par l'Assemblée nationale, est désormais à l'ordre du jour du Sénat, le 23 mai en commission et le 29 dans l'hémicycle.
Entre ces deux dates, Ădouard Philippe s'est engagĂ© Ă recevoir Ă nouveau l'ensemble des acteurs selon le mĂȘme format que les rencontres du 7 mai Ă Matignon. Affirmant s'appuyer sur un compte-rendu de rĂ©union, SUD rail a accusĂ© dimanche le gouvernement et Guillaume Pepy d'"oeuvrer en coulisse pour privatiser et filialiser" la SNCF. Ăvoquant "un mensonge d?Ătat", le syndicat a demandĂ© le dĂ©part de M. Pepy.
"Les trois entreprises #SNCF, #SNCFMobilités et #SNCFRéseau, sont et resteront 100% publiques et incessibles : ce n'est pas seulement une promesse, c?est ce que nous avons inscrit dans la loi votée à l'Assemblée nationale! Nous le confirmerons lors du débat au Sénat", a répondu dans un tweet Mme Borne.
 - © 2018 AFP

