Deux médailles d'un coup. Simon Desthieux (argent) et Emilien Jacquelin (bronze) ont brillamment ouvert vendredi le compteur de l'équipe de France aux Mondiaux de biathlon à Pokljuka en montant sur le podium du sprint remporté par le Suédois Martin Ponsiluoma.
AprÚs l'échec du relais mixte mercredi en ouverture de la compétition (5e), les Bleus n'auront pas patienté trÚs longtemps avant de signer leurs premiers faits d'armes. DÚs le démarrage des courses individuelles, ils ont frappé trÚs fort, justifiant d'entrée leur statut de grande nation de la discipline. Malgré la retraite de Martin Fourcade, l'homme qui a régné sur le biathlon durant la derniÚre décennie, la France a de la réserve et l'a prouvé avec ce joli doublé en sprint, exactement comme en 2020 (avec Quentin Fillon-Maillet 2e et Martin Fourcade 3e). Elle dame ainsi le pion à la NorvÚge, hégémonique depuis le début de saison mais exclue du podium, à l'image de Johannes Boe avec sa nouvelle carabine, seulement 5e.
Certes, Ponsiluoma a Ă©tĂ© intouchable avec son 10/10 au tir et sa vitesse sur la piste. Mais derriĂšre le SuĂ©dois, qui n'avait jamais Ă©tĂ© Ă pareille fĂȘte sur le circuit, ce sont bel et bien les Bleus qui ont animĂ© la course.
- Résurrection -
On a ainsi assistĂ© Ă la rĂ©surrection de Simon Desthieux. En grande difficultĂ© cette saison et dĂ©passĂ© par les jeunes loups de l'Ă©quipe de France, le biathlĂšte de 29 ans est sorti de nulle part pour s'offrir sa premiĂšre mĂ©daille mondiale sur le plan individuel aprĂšs l'or (2020) et l'argent (2017) en relais. "Il y a tellement de choses qui s'intercalent dans mon esprit, a-t-il lĂąchĂ© la voix pleine d'Ă©motion. Cela va tellement vite mais il y a une telle satisfaction. Cela fait des annĂ©es que je cours aprĂšs ça. J'y ai toujours cru au fond de moi-mĂȘme. Cela a Ă©tĂ© une journĂ©e magnifique, oĂč tout se dĂ©roule comme je l'aurais souhaitĂ©. J'ai fait mon plus beau biathlon aujourd'hui et ça paye, donc je suis trĂšs heureux de ça."
IrrĂ©prochable derriĂšre la carabine et de nouveau saignant sur les skis, Desthieux n'Ă©choue finalement qu'Ă 11 sec 2/10e de Ponsiluoma, mais sa 2e place a des allures de victoire tant il aura galĂ©rĂ© ces derniers mois, son dernier podium remontant au 12 janvier 2020. "Il y a toujours des moments de doute, encore plus dans notre sport oĂč le tir n'est pas une science exacte, a-t-il dĂ©clarĂ©. J'ai connu des moments oĂč je me suis cherchĂ© physiquement. Cela allait mieux en janvier mais aujourd'hui, ce qui compte c'est le rĂ©sultat."
- Jacquelin pense déjà à la poursuite -
La joie Ă©tait aussi partagĂ©e par Vincent Vittoz, l'entraĂźneur de l'Ă©quipe de France, heureux de retrouver enfin Desthieux au plus haut niveau. "Cela fait un an qu'on le voit un peu s'user et se perdre, il n'avait pas retrouvĂ© toutes ces sensations, a affirmĂ© le technicien. On avait souvent le sentiment qu'il avait toujours la balle de trop. Aujourd'hui, c'est un 10/10 oĂč il retrouve aussi son point fort avec un gros finish. Physiquement, il Ă©tait lĂ dans sa gestion de course. Je suis vraiment heureux de retrouver Simon. Il y a beaucoup d'Ă©motions."
Jacquelin a lui confirmĂ© qu'il Ă©tait l'homme des grands rendez-vous. Le Français, dont le seul succĂšs sur le circuit date des Mondiaux d'Anterselva (poursuite), a gagnĂ© sa 5e mĂ©daille mondiale aprĂšs les quatre glanĂ©es en Italie en 2020 et va attaquer la poursuite de dimanche avec le plein de confiance. "J'ai fait ce que je sais faire, sans avoir peur, sans penser au rĂ©sultat et sans pression, a-t-il expliquĂ©. J'ai vraiment tournĂ© la page de l'an dernier. Ce qui me fait rĂȘver c'est la poursuite ou la mass start, je suis ici pour ça et cette mĂ©daille va m'enlever de la pression."
Avec 12 sec 9/100e de retard sur Ponsiluoma, Jacquelin sera en tout cas idéalement placé pour chasser le Suédois. Avec la ferme intention de poursuivre son histoire d'amour avec les Mondiaux.
AFP



