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Deux ex-légionnaires veulent convertir la France au "biltong" sud-africain

  • PubliĂ© le 26 septembre 2016 Ă  13:21
Les ex-légionnaires Gerard "Sully" Smith (G) et Warren Stribling devant leur production de biltong, le 26 septembre 2016 à Marseille

De la Légion étrangÚre installée à Aubagne (Bouches-du-RhÎne) à la fabrication d'un snack pour l'apéro, il n'y a qu'un pas.

.. ou plutÎt un accident de parachute, à la suite duquel deux ex-légionnaires se sont reconvertis dans la production de biltong, une viande séchée sud-africaine qu'ils veulent populariser en France.
"C'est en 2010, aprÚs nos accidents de parachute respectifs, que l'idée a germé à l'hÎpital Laveran à Marseille. On a eu presque deux ans de convalescence", raconte l'Irlandais Gerard "Sully" Smith. "Quand j'ai été rétabli, on était en 2011-2012, juste aprÚs la crise, il aurait été trÚs dur de rentrer en Irlande, au village. On a décidé de rester et de nous lancer. Aujourd'hui, il y a des entreprises qui en importent, mais on est les premiers à fabriquer du biltong en France!", affirme-t-il.
Dans leurs locaux situĂ©s dans un quartier du nord de Marseille, l'Irlandais de 31 ans, et l'AmĂ©ricain Warren Stribling, 30 ans, ont presque tout construit de leurs propres mains, grĂące Ă  ce qu'ils ont appris Ă  la LĂ©gion, notamment une grande chambre froide oĂč ils fabriquent leur viande sĂ©chĂ©e marinĂ©e.
"En afrikaans, le mot signifie tranche (tong) de fesse (bil), c'est la partie du boeuf utilisée pour le produire", expliquent les amis. Grand classique en Afrique du Sud, le biltong s'y est popularisé lors du "Grand trek", la traversée du pays par les Afrikaners pour échapper aux Anglais dans la premiÚre moitié du XIXÚme siÚcle.
- Les Trois FrĂšres Biltong -
"Aux Etats-Unis, j'ai grandi en mangeant du +jerky+, qui ressemble au biltong, et j'ai appris Ă  en faire, aprĂšs la fin de la saison du cerf", raconte Warren, casquette vissĂ©e sur la tĂȘte, originaire d'une petite ville de l'Arkansas.
Juste aprĂšs le lycĂ©e, Warren a d'abord servi dans l'US Air Force, notamment en Irak, avant de rejoindre la LĂ©gion Ă©trangĂšre sous le nom de "Carl Slater" et d'ĂȘtre stationnĂ© Ă  Calvi, en Corse, lieu de son accident.
"Mon pĂšre, explique Sully, avait un ami sud-africain, un mĂ©decin installĂ© en Irlande. C'est lui qui lui a appris (Ă  sĂ©cher la viande). Quand j'ai quittĂ© l'Irlande, mon pĂšre m'envoyait des sachets de biltong, c'Ă©tait introuvable en France! Puis il m'a dit +Tu es un grand garçon, tu peux le fabriquer toi-mĂȘme !"
Gerard Smith, originaire du Donegal, dans le nord-ouest de l'Irlande, se fait appeler "Sully" en référence au nom qui lui a été attribué à la Légion, "Harry Sullivan". Ce colosse roux à la barbe fournie a effectué des missions à Djibouti, au Tchad, en Guyane française avant de se blesser en parachute.
"Notre entreprise s'appelle +Les Trois FrÚres Biltong+ car nous avons commencé avec un troisiÚme camarade de la légion, un Sud-africain", qui n'a pas pu poursuivre l'aventure, explique Warren, "L'idée de base est qu'en France, ce type de snack de viande séchée nous manquait, alors on a décidé de le fabriquer et de le vendre aux restaurateurs ou directement aux particuliers sur notre site internet", à hauteur respectivement de 70 et 30 %.
La premiÚre commercialisation date de cet été. La start-up table sur un chiffre d'affaires prévisionnel de 70.000 euros pour la premiÚre année et une production de 200 kg de biltong par mois.
Dans leur chambre froide, ils font sécher et mariner leur viande avec du sel, du vinaigre de vin rouge, de la coriandre et du poivre noir. "Il n'y a pas d'autres conservant que le sel, ça se garde longtemps, et il y a trÚs peu de matiÚre grasse, car le morceau de viande que nous utilisons est le rumsteck, une piÚce pauvre en graisse mais trÚs goûteuse", expliquent les ex-légionnaires.
Aucun des deux n'a fait d'études de commerce. Comment ont-ils appris ? "En regardant des vidéos sur Youtube!", plaisante Warren. "Plus sérieusement, on a beaucoup lu."

Par Andrea PALASCIANO - © 2016 AFP
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