Affaire Benalla

Deux mois avec sursis requis contre le "couple de la Contrescarpe"

  • PubliĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 Ă  16:22
  • ActualisĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 Ă  16:28
Georgios D. (g) et Chloe P., arrivent au tribunal à Paris le 8 février 2019 jugés pour violences contre policiers

Le parquet de Paris a requis vendredi deux mois d'emprisonnement avec sursis et 400 euros d'amende pour violences contre des policiers, à l'encontre de Chloé P. et Georgios D., un couple de trentenaires dont l'interpellation violente filmée le 1er mai 2018 a marqué le commencement de l'affaire Benalla.

Ce vendeur grec et cette graphiste française ont reconnu avoir jetĂ© des projectiles en direction des forces de l'ordre place de la Contrescarpe Ă  Paris, dans le quartier Latin, oĂč un rassemblement avait dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© aprĂšs une traditionnelle journĂ©e de manifestations Ă©maillĂ©e de violences. "Ce jour-lĂ , ce qu'ils ont fait est grave et inadmissible", a estimĂ© la procureure, reprĂ©sentante de l'accusation. Devant le tribunal correctionnel, une juge unique siĂ©geant dans une toute petite salle, les deux jeunes gens Ă  l'air sage, rebaptisĂ©s "couple de la Contrescarpe" par la presse, ont redit leurs "regrets".

Le couple, inconnu auparavant de la police et de la justice, affirme ĂȘtre sorti boire un verre pour fĂȘter six ans de vie commune avant de se retrouver pris dans des heurts. Le jeune homme a reconnu avoir jetĂ© une carafe d'eau vers les CRS et sa compagne un objet qui pourrait ĂȘtre un cendrier puis une bouteille en plastique. ChloĂ© P. a dĂ©crit "un acte irrĂ©flĂ©chi" aprĂšs des provocations des CRS suivies par une charge de ces policiers dont elle n'a pu expliquer la raison. "Il y avait de la fumĂ©e partout, on a perdu le contrĂŽle", a affirmĂ© la jeune femme. "Nous n'avons jamais voulu faire de mal - on sait qu'on aurait pu", a-t-elle assurĂ©. "Nous ne sommes ni manifestants ni fauteurs de trouble, on regrette vraiment".

L'exploitation des vidĂ©os montre que "les CRS ne sont pas vraiment en train de vous charger", a objectĂ© la juge. Aucun policier n'avait Ă©tĂ© atteint par les projectiles et aucun n'a portĂ© plainte. Peu aprĂšs ces jets de projectiles, le couple avait Ă©tĂ© filmĂ© en train d'ĂȘtre rudoyĂ© par Alexandre Benalla, prĂ©sent au cĂŽtĂ© des forces de l'ordre en qualitĂ© d'"observateur", et Vincent Crase, gendarme rĂ©serviste alors employĂ© de La RĂ©publique en marche, point de dĂ©part du scandale qui Ă©branle l'exĂ©cutif depuis l'Ă©tĂ©. Les deux hommes avaient remis les jeunes gens Ă  la police. Le jugement sera rendu dans la foulĂ©e de l'audience.

AFP

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