Dix ans après l’attentat qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais, Nice rend hommage aux victimes en présence d’Emmanuel Macron, une commémoration qui coïncide avec la demi-finale des Bleus au Mondial, où une minute de silence sera observée.
Il y a dix ans, le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a provoqué un carnage en fonçant sur près de deux kilomètres au volant d’un camion de 19 tonnes dans la foule qui venait d’assister au feu d’artifice, avant d’être abattu par la police.
Dans son sillage, il a laissé des dizaines de corps, Niçois et visiteurs de tous âges et de toutes confessions, décimant des familles entières: la plus jeune avait deux ans, la plus âgée 79 ans, une trentaine étaient musulmans, près de la moitié étrangers.
"Dix ans ont passé, mais c’était hier", a rappelé le préfet Laurent Hottiaux lundi lors d’une cérémonie interreligieuse, en évoquant les proches des tués mais aussi "ceux qui ont été blessés, ceux qui ont vu l’horreur, qui vivent encore aujourd’hui avec le fardeau des images et les échos du vacarme".
A Nice, la journée commencera, comme à Paris, par un défilé militaire à 11H00 (heure de La Réunion) pour lequel un grand chapiteau tricolore a été dressé sur la place Masséna, théâtre habituel des défilés du carnaval.
Le maire Eric Ciotti (UDR) y assistera, de même que son alliée Marine Le Pen (RN), une présence mal perçue par la gauche niçoise même si la mairie assure que tous les présidents de groupes de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement européen ont été invités.
Sur la même place, la cérémonie mémorielle doit débuter à 18H00, en présence de M. Macron mais aussi de ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, de plusieurs ministres et anciens ministres ou encore du prince Albert II de Monaco.
La cérémonie commencera par la diffusion d’un montage vidéo rendant compte de la mémoire des personnes présentes le soir du drame, puis 43 enfants et 43 des premiers secouristes et membres des forces de l’ordre arrivés sur les lieux déposeront un rameau d’olivier sur 86 chaises vides.
- "Nous n’oublierons jamais" -
Après un passage de la Patrouille de France, des représentants des associations de victimes avec lesquelles la mairie a oeuvré pour préparer les commémorations doivent prendre la parole, puis M. Ciotti et enfin M. Macron.
La plupart des personnalités invitées ont prévu de repartir dans la foulée, mais les familles et le public sont invités à un concert de musiques de films proposé par l’orchestre philharmonique dans un jardin voisin.
Au même moment à Arlington, près de Dallas, les joueurs et le stade observeront une minute de silence en mémoire des victimes, avant le coup d’envoi à 23H00 de la demi-finale France-Espagne à la Coupe du monde de football.
"Merci au Président de la FIFA d’avoir répondu à la demande de la France et de tous les Français mobilisés. Nous n’oublierons jamais", a écrit M. Macron.
De quoi peut-être apaiser un peu l’amertume de nombreuses victimes qui traînent depuis 10 ans la désagréable impression que leurs souffrances émeuvent beaucoup moins que celles des victimes des attentats parisiens de 2015.
Y compris à Nice, où il y avait dimanche beaucoup plus de monde qui profitait de la plage que de participants à une marche blanche le long du parcours meurtrier du camion.
Mais le monde du football n’a jamais oublié: depuis 10 ans, les supporters de l’OGC Nice applaudissent à la 86e minute de chaque match, et avant de s’envoler pour les Etats-Unis, les Bleus ont reçu quelque 70 enfants victimes pour un temps d’échanges à Clairefontaine.
Sur la Promenade des Anglais, un spectacle de 2.016 drones est prévu à 00H00 pour évoquer le souvenir, la dignité et l’unité, puis 86 faisceaux bleus seront braqués vers le ciel à 00H34, heure à laquelle le camion s’est arrêté.
AFP
