Sanctions

Dopage: le risque d'une suspension des JO de Tokyo grandit pour la Russie

  • PubliĂ© le 23 novembre 2019 Ă  15:29
  • ActualisĂ© le 23 novembre 2019 Ă  18:41
L'athlÚte russe Danil Lysenko, lors des Championnats du monde d'athlétisme indoor de Birmingham, au Royaume-Uni, le 1er mars 2018

La participation de la Russie aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 est plus que jamais incertaine aprÚs la recommandation d'un comité indépendant de l'Agence mondiale antidopage (AMA) de déclarer l'Agence russe antidopage (Rusada) non-conforme.

La balle est désormais dans le camp du comité exécutif de l'AMA qui doit se réunir le 9 décembre à Paris, afin d'évaluer la procédure en cours et de prendre d'éventuelles sanctions. Des sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion des JO auxquelles devra alors se conformer la Comité international olympique (CIO).

Le ComitĂ© de rĂ©vision de la conformitĂ© (CRC) a Ă©mis cette recommandation Ă  la suite d'"incohĂ©rences" constatĂ©es dans les donnĂ©es rĂ©cupĂ©rĂ©es par les enquĂȘteurs de l'AMA auprĂšs du laboratoire de Moscou, au coeur d'un systĂšme de dopage entre 2011 et 2015.

En janvier 2019, la Russie avait transmis des données électroniques des contrÎles à l'AMA, une condition que cette derniÚre avait posée pour lever la suspension de ce pays en septembre 2018.

L'AMA avait prĂ©cĂ©demment averti la Russie qu'elle ferait face aux "sanctions les plus sĂ©vĂšres" si l'une de ces donnĂ©es transmises Ă©tait falsifiĂ©e. La recommandation du CRC se base sur les donnĂ©es du service Renseignements et enquĂȘtes de l'Agence, basĂ©e Ă  MontrĂ©al, qui avait annoncĂ© fin octobre avoir reçu de nouvelles rĂ©ponses des autoritĂ©s russes "Ă  une liste de questions techniques dĂ©taillĂ©es".

"Tout est conforme à la logique juridique, comme prévu", a déclaré le chef de l'agence russe (Rusada), Iouri Ganous. "Rusada est jugée non conforme car la décision de conformité rendue en septembre 2018 était soumise à deux conditions. Elles ont été remplies formellement mais pas correctement", a ajouté Ganous, qui avait dénoncé la semaine derniÚre le rÎle des autorités russes dans la falsification de données transmises à l'AMA.

Le patron de l'agence américaine antidopage (Usada) Travis Tygart, qui avait vivement critiqué la levée de la suspension de Rusada, a estimé auprÚs de l'AFP qu'"une suspension de moins de quatre ans pour cette violation grave, comportant des circonstances aggravantes aprÚs des années de déni et de tromperie, constituerait une injustice de plus vis-à-vis des athlÚtes propres".

- L'USADA met la pression -

Pour ne rien arranger au cas de la Russie, la Fédération internationale d'athlétisme avait suspendu quelques heures plus tÎt le processus de réadmission du pays, banni depuis novembre 2015 en raison de ce scandale de dopage institutionnel.

World Athletics (ex-IAAF) a choisi la maniÚre forte et a eu la main lourde vis-à-vis de la Russie, qui voit s'éloigner encore un peu plus la perspective de réintégrer à court terme le concert des nations du premier sport olympique.

La Task Force, chargée de juger des progrÚs du pays dans la lutte antidopage et de faire des recommandations au Conseil de la Fédération internationale, n'a fait que prendre acte des derniÚres révélations concernant les pratiques douteuses ayant toujours cours dans le pays.

- L'affaire Lysenko -

Outre la question sensible des données du laboratoire de Moscou, cinq dirigeants de la Fédération russe (Rusaf), dont le président Dmitri Chliakhtine, sont impliqués dans une sombre affaire de fourniture de faux documents au vice-champion du monde (2017) du saut en hauteur Danil Lysenko pour l'aider à échapper à une sanction pour manquements à ses obligations de localisation pour des contrÎles inopinés ("no shows").

La Rusaf et tous les accusés, suspendus provisoirement, ont jusqu'au 12 décembre pour fournir des réponses à l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU, organe indépendant en charge de la lutte antidopage dans l'athlétisme).

Autre grosse consĂ©quence de l'"affaire Lysenko": la FĂ©dĂ©ration internationale a demandĂ© Ă  la Task Force "de revoir le processus de dĂ©signation des athlĂštes autorisĂ©s Ă  concourir sous banniĂšre neutre et de faire des propositions au Conseil pour voir si ce mĂ©canisme doit ĂȘtre poursuivi et sous quelles forme", a expliquĂ© Rune Andersen, le patron de la Task Force. La FĂ©dĂ©ration internationale a aussi brandi la menace d'une exclusion de la Russie selon les prochains dĂ©veloppements des enquĂȘtes en cours.

AFP

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