FrontiĂšre syrienne

Echanges de tirs dans l'attente d'une incursion turque en Syrie

  • PubliĂ© le 8 octobre 2017 Ă  17:35
  • ActualisĂ© le 8 octobre 2017 Ă  17:50
Bombardements aériens d'un marché du village de Maaret al-Numan dans la région d'Idleb en Syrie, le 8 octobre 2017

L'armée turque a échangé des tirs dimanche avec des jihadistes basés en Syrie tandis qu'Ankara concentre ses troupes à la frontiÚre aprÚs l'annonce d'une opération visant à déloger de la province d'Idleb (nord-ouest) des jihadistes de l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie.


Des forces spéciales turques et de l'équipement militaire, dont des tanks, étaient déployés dimanche prÚs de la frontiÚre syrienne, mais l'opération annoncée samedi par le président turc Recep Tayyip Erdogan, n'avait pas encore démarré, selon des sources sur le terrain.

L'objectif de l'opération "est de libérer entiÚrement Idleb de Tahrir al-Cham", une coalition jihadiste composée essentiellement de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda qui contrÎle une grande partie de la province d'Idleb, selon un commandant rebelle participant à l'opération.

Les forces turques postées à Reyhanli, prÚs de la frontiÚre, ont procédé dimanche matin à sept tirs de mortiers en direction de la Syrie afin de faciliter le passage de l'Armée syrienne libre soutenue par Ankara, selon l'agence privée Dogan.
Des témoins, ainsi que l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont eux-aussi rapporté des échanges de tirs entre Tahrir al-Cham et les troupes turques qui démolissaient une partie d'un mur séparant la Turquie de la province syrienne d'Idleb.

L'OSDH a néanmoins précisé que ces échanges de tirs ne semblaient pas pour le moment marquer le début de l'opération.
Des vĂ©hicules blindĂ©s et des troupes turques patientaient ainsi dimanche Ă  la frontiĂšre, d'oĂč montait de la fumĂ©e provoquĂ©e par les tirs de mortiers, a constatĂ© un photographe de l'AFP.

Idleb, seule province dans le nord-ouest syrien Ă  Ă©chapper au rĂ©gime de Bachar al-Assad, figure parmi les quatre "zones de dĂ©sescalade" annoncĂ©es en mai par les alliĂ©s internationaux du rĂ©gime et des rebelles, afin d'instaurer des trĂȘves dans diverses rĂ©gions de Syrie. Ces cessez-le-feu, nĂ©gociĂ©s par la Russie et l'Iran -alliĂ©s du rĂ©gime- et la Turquie -soutien des rebelles- excluent les groupes jihadistes, notamment Tahrir al-Cham.

- 'Pas une partie de plaisir' -

Le prĂ©sident turc a annoncĂ© samedi qu'"une opĂ©ration sĂ©rieuse se dĂ©roule Ă  Idleb et qu'elle va se poursuivre", prĂ©cisant alors que l'armĂ©e turque n'Ă©tait "pas encore" sur place. Selon le ministre turc des Affaires Ă©trangĂšres MevlĂŒt Cavusoglu, la Turquie souhaite ainsi "empĂȘcher de nouveaux affrontements et faciliter le processus politique" en Syrie.
Selon Aron Lund, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion américain Century Foundation, l'objectif pour la Turquie est d'abord "de remodeler les zones frontaliÚres et d'y placer des groupes qui lui sont favorables".

L'offensive turque intervient alors que Tahrir al-Cham, qui compte quelque 10.000 combattants selon l'OSDH, se trouve déjà en posture délicate, faisant face à des défections et des divisions internes.
Samedi, Tahrir al-Cham a prévenu dans un communiqué "les traßtres parmi les factions" qu'Idleb "ne serait pas une partie de plaisir".

- 'Demain Afrin' -

Cette annonce du président Erdogan survient une semaine aprÚs une visite du président russe Vladimir Poutine à Ankara.
La Turquie et la Russie, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, ont mis leurs divergences de cÎté ces derniers mois pour tenter de parvenir à un rÚglement du conflit qui a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés depuis mars 2011.

La Turquie a dĂ©jĂ  menĂ© entre aoĂ»t 2016 et mars 2017 une opĂ©ration militaire dans le nord de la Syrie, baptisĂ©e "Bouclier de l'Euphrate", afin de repousser le groupe Etat islamique (EI) et les milices kurdes qu'Ankara considĂšre comme terroristes. Selon le quotidien HĂŒrriyet, les forces rebelles impliquĂ©es dans cette opĂ©ration seront les mĂȘmes que lors de l'opĂ©ration Bouclier de l'Euphrate.

Depuis la fin de cette opĂ©ration, la Turquie a affirmĂ© Ă  plusieurs reprises ĂȘtre prĂȘte Ă  lancer une nouvelle opĂ©ration militaire en Syrie, rĂ©pĂ©tant qu'elle "n'autorisera pas" la crĂ©ation d'un "corridor terroriste" Ă  sa frontiĂšre. Ankara a notamment affirmĂ© par le passĂ© ĂȘtre prĂȘte Ă  intervenir dans le "canton" kurde d'Afrin, situĂ© au nord d'Idleb. "Aujourd'hui Idleb, demain Afrin", titrait dimanche le quotidien progouvernemental Yeni Safak qui Ă©voquait une "opĂ©ration de paix".
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AFP

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