Echec de la loi sur l'aide Ă  mourir au Parlement britannique

  • PubliĂ© le 24 avril 2026 Ă  21:08
  • ActualisĂ© le 25 avril 2026 Ă  06:57
Des militants en faveur d'une modification de la loi sur l'aide médicale à mourir, rassemblés devant le palais de Westminster,le 24 avril 2026 à Londres

Revers pour les partisans de l'aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles : la proposition de loi sur le suicide assisté a échoué vendredi au Parlement britannique, aprÚs un long blocage à la chambre des Lords.

ApprouvĂ© par les dĂ©putĂ©s Ă  l'issue d'un vote "historique" mais serrĂ© en juin 2025, ce texte sur la lĂ©galisation de l'aide Ă  mourir pour certains malades en phase terminale Ă©tait enlisĂ© depuis des mois Ă  la chambre haute, non Ă©lus, oĂč 1.200 amendements avaient Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s.

Charlie Falconer, qui défendait la législation à la Chambre des Lords, a dénoncé lors d'une conférence de presse "un pur obstructionnisme de la part d'un petit groupe" de pairs.

Il est d'usage que les deux chambres du Parlement approuvent un projet de loi afin qu'il entre en vigueur, et les textes toujours en discussion à la fin d'une session parlementaire sont généralement abandonnés.

L'examen n'ayant pas pu ĂȘtre finalisĂ© Ă  temps, le dernier dĂ©bat sur le texte prĂ©vu vendredi s'est achevĂ© sur son abandon, sans ĂȘtre soumis au vote. Les Lords opposĂ©s Ă  la proposition de loi ont assurĂ© n'avoir fait qu'examiner minutieusement son contenu.

"Cette question ne va pas disparaßtre du débat public (...) le Parlement peut et doit prendre une décision" sur le sujet, a affirmé Lord Falconer.

La députée travailliste Kim Leadbeater, qui avait présenté le texte fin 2024, a exprimé auprÚs des journalistes un "véritable sentiment de tristesse et de chagrin".

- "Manoeuvres procédurales" -

Elle a toutefois assuré qu'il y avait une "vraie volonté de la part de nombreux députés de la chambre des

Communes de remettre la légalisation sur la table", lors de la prochaine session parlementaire.

Cette perspective est toutefois incertaine. La proposition de loi a été introduite par la députée à titre individuel et non par le gouvernement, et devra repasser un certain nombre d'obstacles.
En 2015, une précédente proposition de loi sur le suicide assisté avait essuyé un échec cuisant au Parlement britannique.

DĂšs l'ouverture de la session, Lord Falconer avait dĂ©clarĂ© que ce "projet de loi, si important pour tant de personnes", n'allait pas essuyer un rejet "sur le fond, mais en raison de manƓuvres procĂ©durales", faisant Ă©cho Ă  une lettre signĂ©e la veille par plus de 200 parlementaires.

Des partisans du texte s'étaient rassemblés vendredi matin devant le Parlement pour dénoncer le blocage.

Parmi eux Rebecca Wilcox, fille d'une star de la télévision au Royaume-Uni, Esther Rantzen, qui est atteinte d'un cancer des poumons en phase terminale. "Incroyablement en colÚre", elle a déploré auprÚs de l'AFP un "déni de démocratie", tout en disant sa détermination à poursuivre le combat.

Le président de l'association Care Not Killing ("Soigner, ne pas tuer"), Gordon Macdonald, a lui salué l'échec d'un texte qu'il jugeait "à la fois dangereux et inapplicable", "truffé de lacunes".

- Sondage favorable -

S'il avait été adopté, il aurait "laissé les plus vulnérables, y compris les personnes suicidaires ou sous pression financiÚre, dangereusement exposés" aux pressions, a-t-il affirmé dans un communique.

Le dĂ©bat sur l'aide Ă  mourir a donnĂ© lieu Ă  des Ă©changes animĂ©s et souvent empreints d'Ă©motion depuis 2024, aussi bien au Parlement qu'Ă  l'extĂ©rieur, oĂč les soutiens et dĂ©tracteurs du texte se sont mobilisĂ©s Ă  de nombreuses reprises.

Les partisans de la loi font valoir qu'elle aurait pu offrir davantage de dignité et de liberté de choix sur leur fin de vie aux personnes atteintes d'une maladie incurable.

Selon le texte, la demande d'un patient devait ĂȘtre validĂ©e par deux mĂ©decins et un collĂšge d'experts, et la personne concernĂ©e devait ĂȘtre en mesure de s'administrer elle-mĂȘme la substance lĂ©tale.

Selon un sondage YouGov de janvier 2026, 76% des Britanniques estiment que le suicide assistĂ© devrait ĂȘtre lĂ©galisĂ© au Royaume-Uni.

L'ßle de Jersey et l'ßle de Man, dépendances de la Couronne britannique ayant leur propre gouvernement, ont déjà approuvé des textes similaires, qui attendent encore le sceau royal pour pouvoir entrer en vigueur.

En Écosse, le Parlement a rejetĂ© mi-mars, avec une majoritĂ© assez Ă©troite (69 contre 57), un projet similaire visant Ă  lĂ©galiser l'aide Ă  mourir.

AFP

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