En visite en Chine

Edouard Philippe obtient un accord sur le boeuf et des promesses renouvelées pour Airbus

  • PubliĂ© le 25 juin 2018 Ă  17:21
  • ActualisĂ© le 25 juin 2018 Ă  17:28
Le premier ministre Édouard Philippe avec son homologue chinois Li Keqiang Ă  PĂ©kin, le 25 juin 2018

Le Premier ministre français Édouard Philippe a achevĂ© lundi une visite de quatre jours en Chine en obtenant la levĂ©e attendue de l'embargo de 2001 sur le b?uf français, ainsi que des promesses renouvelĂ©es pour une importante commande d'avions Airbus.


Il s'agit pour l'exécutif français de ne pas laisser tiédir la relation avec la Chine, six mois aprÚs la venue d'Emmanuel Macron qui était reparti de Pékin avec une batterie d'engagements, dont celui d'une fin imminente de l'interdiction du b?uf français. Lointain stigmate de la crise de la vache folle, cet embargo est désormais caduc selon le protocole d'accord signé lundi par le ministre des Affaires étrangÚres Jean-Yves Le Drian, en présence de M. Philippe et son homologue chinois Li Keqiang.

Cet accord est complété par un protocole pour l'exportation de semence bovine française, des agréments pour deux abattoirs porcins (Bigard et Tradival) et deux établissements de lait infantile (Baby Drink et Candia). Ces partenariats "permettront aux consommateurs chinois d'apprécier l'excellence du terroir français", s'est félicité M. Philippe, quand le président de la filiÚre (Interbev) Dominique Langlois a salué "une trÚs, trÚs grande nouvelle".

"On a dĂ©jĂ  des contacts avec des acheteurs chinois en attente", a ajoutĂ© M. Langlois en visant un objectif de "30.000 tonnes" par an, qui "serait dĂ©jĂ  formidable". Un vent d'optimisme qui pourrait mĂȘme ĂȘtre renforcĂ© pour le monde agricole français, Ă  croire M. Li, selon qui "la Chine est prĂȘte Ă  ouvrir davantage son marchĂ© et importer davantage de produits agroalimentaires adaptĂ©s au marchĂ© chinois".

Dans la mĂȘme veine, et alors que Matignon se voulait trĂšs prudent sur la question avant de s'envoler pour la Chine, le Premier ministre chinois a donnĂ© des nouvelles encourageantes de la mĂ©ga-commande Airbus (184 avions A320) arrachĂ©e in extremis en janvier par M. Macron mais dont l'officialisation se fait attendre.

"Nous sommes prĂȘts Ă  poursuivre nos discussions sur des achats en quantitĂ© des avions Airbus, en vue de la signature d'un accord en temps voulu", a-t-il soulignĂ©, en insistant sur "l'attitude positive" de la Chine sur la question. "C'est un des acquis de cette visite", a-t-il renchĂ©ri, alors que la Chine est lancĂ©e dans une guerre commerciale avec les États-Unis qui pourrait desservir le principal concurrent d'Airbus, Boeing.

"Je me rĂ©jouis que la Chine ait confirmĂ© sa volontĂ© forte de concrĂ©tiser prochainement les engagements pris en janvier concernant les acquisitions d'Airbus. Et mĂȘme d'en envisager de nouvelles", a jubilĂ© en Ă©cho M. Philippe.

- "Poursuivre la conversation" -

Au total, 18 accords ont Ă©tĂ© paraphĂ©s lundi, dans les secteurs scientifique, mĂ©dical, du tourisme ou encore de l'Ă©nergie. Dans le mĂȘme temps, le groupe nuclĂ©aire français Orano a annoncĂ© lundi un accord pour les "travaux prĂ©paratoires" de son usine de traitement et recyclage des combustibles usĂ©s en Chine, une nouvelle Ă©tape vers la finalisation de ce contrat gĂ©ant.

"Cette visite a permis de rĂ©elles avancĂ©es dans nos partenariats", a soulignĂ© Édouard Philippe, qui avait emmenĂ© dans sa dĂ©lĂ©gation une cinquantaine de chefs d'entreprises, dont une petite vingtaine de reprĂ©sentants de start-ups, signe de sa volontĂ© de diversifier les Ă©changes au-delĂ  des grands groupes.

Auparavant, le Premier ministre, dont c'Ă©tait le premier grand test Ă  l'international, avait Ă©tĂ© reçu par le prĂ©sident Xi Jinping, afin, a-t-il fait valoir, de "poursuivre la conversation, la discussion, le travail engagĂ© il y a cinq mois par le prĂ©sident de la RĂ©publique". "Quand vous Ă©tiez maire du Havre, vous ĂȘtes venu plusieurs fois en Chine", a soulignĂ© M. Xi Jinping. "Vous connaissez bien la Chine, c'est favorable Ă  nos Ă©changes dans l'avenir", a-t-il aussi relevĂ©.

M. Philippe, qui se trouvait Ă  PĂ©kin en mĂȘme temps que le vice-prĂ©sident de la Commission europĂ©enne Jyrki Katainen avec qui il a eu un Ă©change tĂ©lĂ©phonique, n'a eu de cesse durant son voyage de plaider pour un "multilatĂ©ralisme" rĂ©novĂ©, dans un contexte de montĂ©e du protectionnisme.

Il a rencontré un écho lundi auprÚs de l'exécutif chinois, M. Li mettant en avant le nécessaire respect des rÚgles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et des partenariats "gagnant-gagnant".

AFP

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