France

En baisse de popularité, Macron maintient le cap

  • PubliĂ© le 24 juillet 2017 Ă  20:43
Emmanuel Macron lors des Rencontres d'Arles, Ă  Arlesle 19 juillet 2017

Le président Emmanuel Macron, en dépit des premiÚres difficultés et d'une popularité en baisse, se montre déterminé à poursuivre sa politique de réduction des dépenses publique et ses réformes au pas de charge.


Dans un sondage IFOP paru dans le Journal du dimanche, sa cote de popularité chute de 10 points par rapport à juin (à 54% de satisfaits) et celle de son Premier ministre Edouard Philippe recule de 8 points à 52%.
Moins de cent jours aprĂšs le dĂ©but de son quinquennat, le chef de l'Etat compte ainsi deux points de moins que son prĂ©dĂ©cesseur François Hollande, Ă  la mĂȘme pĂ©riode en 2012. Le prĂ©sident dĂ©croche aussi bien dans l'Ă©lectorat socialiste (-12 points) que dans celui de droite (-11 points) et du MoDem (-25 points).

Dix points, "ce n'est pas tant que ça", relativise un proche d'Emmanuel Macron, pour qui l'exécutif a "raison" de "faire les réformes difficiles dÚs les premiers mois". "Les économies, on est obligés de les trouver tout de suite", plaide-t-il, faisant la comparaison avec "le quinquennat précédent handicapé par l'absence d'arbitrages rapides et clairs".

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner parle de "courage politique". "On a trouvĂ© 4,5 milliards d'Ă©conomies. A chaque mesure d'Ă©conomie, j'ai toujours quelqu'un en face de moi qui dit qu'il fallait la trouver ailleurs. Citez moi une mesure oĂč il Ă©tait facile de baisser", a-t-il lancĂ© lundi sur RMC.
A l'Elysée on refuse de commenter ce sondage, qui s'ajoute à une série de critiques des arbitrages budgétaires et fiscaux depuis une semaine.

Parmi les mesures les plus contestées, l'annonce d'une baisse de 5 euros par mois des aides au logement, critiquée par l'opposition et des syndicats, indignés par une baisse qui touche selon eux les plus pauvres et les jeunes.

- Aides au logement et ISF -

La Fondation AbbĂ© Pierre, "prĂ©occupĂ©e", a Ă©galement demandĂ© Ă  ĂȘtre reçue par le gouvernement tandis que les syndicats Ă©tudiants ont condamnĂ© cette baisse, rappelant qu'un quart des Ă©tudiants vit sous le seuil de pauvretĂ©.
Cette mesure est d'autant plus critiquée qu'elle intervient peu aprÚs l'annonce de la baisse de l'ISF dÚs 2018. Celui-ci ne frappera plus que l'immobilier et sera ainsi allégé de "2 milliards" pour les plus riches, a dénoncé Olivier Faure .

Plusieurs autres coupes budgétaires passent mal, en particulier l'annonce du rétablissement du jour de carence des fonctionnaire et le gel de leur point d'indice, dénoncés par les syndicats de fonctionnaires, ainsi que la réduction de 25% des crédits du secrétariat d'Etat aux droits des femmes.

L'Elysée affiche pourtant sa détermination. Emmanuel Macron avait déjà annoncé jeudi un maintien du cap en promettant "qu'aucun budget autre que celui des armées ne serait augmenté" en 2018, impliquant l'austérité pour tous les autres. Objectif : des baisses d'impÎts de 11 milliards l'an prochain mais aussi un déficit réduit, grùce à 15 à 20 milliards d'euros d'économies.

L'enjeu n'est pas seulement hexagonal: c'est la condition pour que la France retrouve sa crédibilité en Europe et y joue un rÎle central, juge l'Elysée.

Toutefois, Emmanuel Macron a su s'adapter plusieurs fois face aux critiques. Ainsi début juillet, devant la colÚre des milieux d'affaires face au report envisagé de la baisse de l'ISF et de la taxe d'habitation, il a rectifié le tir en quatre jours, les annonçant dÚs 2018.

AprÚs la démission mercredi du chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, en colÚre contre une coupe de 850 millions d'euros du budget de la Défense, un geste d'apaisement a suivi dimanche quand la ministre des Armées Florence Parly a annoncé un dégel anticipé de 1,2 milliard de crédits.

La détermination du gouvernement, en pleine réforme de la loi travail, ne paraßt pas inquiéter outre mesure la plupart des grands syndicats, qui saluent un effort de consultation mais attendent le contenu des ordonnances pour se positionner. La CGT a toutefois appelé à une journée d'action le 12 septembre.
AFP

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