Sport

En basket, hand, volley, le huis clos n'est pas une option

  • PubliĂ© le 4 juin 2020 Ă  18:12
  • ActualisĂ© le 4 juin 2020 Ă  18:51
Vue d'ensemble de l'Astroballe Ă  Villeurbanne avant la rencontre d'Euroligue de basket entre l'Asvel et Olympiakos, le 4 octobre 2019

Alors que le foot reprend dans plusieurs pays dans des stades vides, le huis clos n'est pas une option pour le basket, le hand et le volley français en raison d'un modÚle économique qui repose entiÚrement sur la présence des spectateurs dans les salles.

Les droits télé étant faibles dans ces sports - 4 à 5% des revenus dans le basket et le hand, rien du tout pour le volley - les rentrées d'argent proviennent toutes directement ou indirectement du public.

"Nos principales sources de financement sont les abonnements Ă  l'annĂ©e, les recettes au guichet, les partenaires privĂ©s et les hospitalitĂ©s qui vont avec (il s'agit de clients invitĂ©s par des entreprises aux rencontres et Ă  des rĂ©ceptions ou dĂźner d'aprĂšs-match, ndlr), ainsi que les collectivitĂ©s", explique Christophe Le Bouille, le prĂ©sident du Mans Sarthe Basket, champion de France en 2018. "Si on joue Ă  huis clos, plus de spectateurs et plus de partenaires privĂ©s! On ne pourrait fonctionner qu'avec les recettes des collectivitĂ©s locales. Et encore! Je serais curieux de voir leur position le jour oĂč je leur annoncerai que leur argent sert Ă  payer des joueurs pour jouer dans une salle vide", ajoute-t-il.

- PrĂȘts Ă  diffĂ©rer la reprise -

Dans le handball, la billetterie et les partenariats privés représentent "de 40 à 60% des rentrées", dit David Tebib, le président de Nßmes (USAM) et de l'Union des clubs professionnels. "Et les partenaires institutionnels ont aussi besoin de visibilité. Si on joue à huis clos, on se retrouve avec 30% des revenus, ce qui est impossible".

Les droits tĂ©lĂ© ne sont qu'un complĂ©ment, important mais pas suffisant. Leur principal intĂ©rĂȘt est d'ailleurs d'attirer des sponsors. "Avec le diffuseur BeinSports, nous avons un partenariat d'exposition. Avoir des salles pleines, du public, des ambiances, donne une image vertueuse et permet de rĂ©cupĂ©rer des partenariats privĂ©s", explique le dirigeant de l'USAM.

Le volley a dĂ» carrĂ©ment apprendre Ă  se passer de la tĂ©lĂ©, faute de diffuseur. "Nous sommes Ă  l'exact opposĂ© du foot dont le modĂšle Ă©conomique est construit sur les droits tĂ©lĂ© et oĂč le fait d'avoir des spectateurs ou pas ne change pas grand-chose au compte d'exploitation. Notre modĂšle est bĂąti sur les hospitalitĂ©s et les billets vendus Ă  nos +socios+", souligne Yves Bouget, le prĂ©sident de Tours, le club champion de France.

Ces trois sports ont donc fait une croix sur la fin de la saison 2019-2020 et fixĂ© le dĂ©but de la prochaine en septembre (basket le 15, hand le 23) et mi-octobre (volley). Mais, en cas de nĂ©cessitĂ© sanitaire, les dirigeants sont prĂȘts Ă  diffĂ©rer la reprise pour qu'elle se fasse dans des conditions proches de l'avant-coronavirus plutĂŽt que de jouer sans supporteurs.

- "Un poison mortel" -

"Ce qu'on ne pourra jamais faire c'est jouer dans des salles à 20, 30 ou 40% de leur capacité. Ce serait un poison mortel qui tuerait l'ensemble des clubs. A moins que les collectivités territoriales prennent le relais des sponsors pour une période indéterminée", estime Yves Bouget.

Les clubs savent qu'il faudra appliquer des mesures sanitaires. Selon David Tebib, le handball est "un trÚs bon élÚve en matiÚre de gestion des flux de personnes". "Les Français arrivent souvent au dernier moment et l'afflux de personnes est trÚs important. On peut s'organiser pour les faire venir plus tÎt, par niveaux de tribunes, par des entrées différentes pour qu'il y ait le moins d?attroupements possibles. Et leur fournir du gel dans tous les coins de chaque salle".

L'ampleur Ă©ventuelle de ces adaptations suscite quand mĂȘme de l'inquiĂ©tude. "Si les partenaires privĂ©s ne peuvent pas poursuivre la soirĂ©e dans nos salons de rĂ©ception oĂč on propose de la convivialitĂ© et de la proximitĂ©. Si on a trop de contraintes sanitaires - dont je ne juge pas de la pertinence par ailleurs - si je dois mettre des vitres en plexi sur les tables des partenaires, des masques et des flux de circulation Ă  respecter, Ă©videmment ils ne viendront plus", craint Christophe Le Bouille.

AFP

guest
0 Commentaires