Etats-Unis

En l'absence de Trump, ce fut le "Vivek Show": de jeunes républicains jaugent leurs candidats

  • PubliĂ© le 24 aoĂ»t 2023 Ă  11:38
  • ActualisĂ© le 24 aoĂ»t 2023 Ă  11:53
Des membres des Jeunes républicains regardent le débat entre candidats conservateurs à l'investiture pour la présidentielle, dans un bar d'Atlanta aux Etats-Unis le 23 août 2023

A l'applaudimÚtre, c'est Vivek Ramaswamy qui l'a emporté. Nikki Haley a agréablement surpris et Donald Trump n'a pas semblé manquer à l'assistance: pour de jeunes républicains d'Atlanta, en Géorgie, le premier débat télévisé de la campagne entre candidats conservateurs à la présidentielle a été l'occasion de jauger les forces en présence.

RĂ©unies dans un bar du quartier de Buckhead, plus d'une centaine de personnes ont regardĂ© avec intĂ©rĂȘt mercredi soir les huit aspirants Ă  la Maison Blanche croiser le fer. Entre deux gorgĂ©es de biĂšre, les applaudissements, acclamations et cris incrĂ©dules ont fusĂ©.

Si l'ex-prĂ©sident Trump a snobĂ© ses rivaux et brillĂ© par son absence sur scĂšne, dans quelques heures tous les regards seront braquĂ©s sur lui: jeudi, il est attendu ici mĂȘme, Ă  Atlanta. Il doit faire un passage Ă©clair dans une prison pour se mettre Ă  la disposition des autoritĂ©s, aprĂšs son inculpation pour ses tentatives d'inverser le rĂ©sultat de la prĂ©sidentielle de 2020.

En attendant, Riquet Caballero, 36 ans, l'assure: la star du débat, ce fut Vivek Ramaswamy, cet entrepreneur climatosceptique qui a fait fortune dans les biotechnologies et défend des idées pour le moins radicales, comme la fermeture du ministÚre de l'Education.

"C'était le +Vivek Show+", dit-il à l'AFP. "Les gens l'appellent Trump 2.0. Et je pense que c'est ce dont nous avons besoin en ce moment", ajoute-t-il, jugeant "rebattues" les rodomontades de l'ex-président.

Effectivement, dans le bar, nombreuses sont les sorties de "Vivek" Ă  lui valoir de sonores approbations et mĂȘme un poing levĂ© en signe de soutien, comme lorsqu'il appelle Ă  brĂ»ler du charbon sans Ă©tats d'Ăąme.

- "Merci Vivek!" -

Andy Chopra, 46 ans, s'intéressait déjà de prÚs à Vivek Ramaswamy. Sa performance mercredi a été à la hauteur de ses attentes, explique-t-il, mais il avoue avoir été "surpris" par Nikki Haley, qu'il a trouvée "trÚs forte".

Cette derniÚre, ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, a à plusieurs reprises provoqué une salve d'applaudissements, notamment sur le soutien des Etats-Unis à l'Ukraine, sa position sur l'avortement ou quand elle a cité l'ancienne PremiÚre ministre britannique Margaret Thatcher.

Allen English, prĂ©sident des Jeunes rĂ©publicains d'Atlanta et co-organisateur de la soirĂ©e, avait dit d'emblĂ©e avant le dĂ©bat avoir son favori: le gouverneur de Floride, Ron DeSantis. Mais il affirme ĂȘtre venu "l'esprit ouvert" car sa "plus grande prioritĂ©, c'est de faire en sorte que nous nommions la personne qui va gagner" face Ă  l'actuel prĂ©sident dĂ©mocrate Joe Biden, 80 ans, candidat Ă  sa réélection.

Est-il déçu que Donald Trump ne participe pas au dĂ©bat? Oui, mĂȘme s'il dit comprendre le raisonnement de l'ex-prĂ©sident, vaincu par Biden en 2020, qui caracole loin devant ses concurrents rĂ©publicains en tĂȘte des sondages.

De toutes les façons, aux primaires, il ne votera pas pour le magnat ĂągĂ© de 77 ans: il veut "quelqu'un qui puisse (ĂȘtre prĂ©sident) pendant huit ans", soit pendant deux mandats, pour "rĂ©parer les dĂ©gĂąts" des dĂ©mocrates.

"Nous en avons assez que des personnes ĂągĂ©es dirigent ce pays. J'aime les personnes ĂągĂ©es, ne vous mĂ©prenez pas", ajoute-t-il avec un sourire, "mais nous avons deux gars (Trump et Biden, ndlr) qui pourraient utiliser des cannes ou des dĂ©ambulateurs. Trouvons-nous quelqu'un qui n'en est peut-ĂȘtre pas au stade dĂ©ambulateur!"

Il a pensé que Nikki Haley avait été une révélation, parce qu'elle "n'a pas ménagé ses coups", mais que Vivek Ramaswamy, bien qu'ayant une appréciable "énergie", ne semblait pas avoir les capacités pour diriger un pays.

Jusque tard dans la nuit, le grand absent omniprĂ©sent de la soirĂ©e, Donald Trump, a lui-mĂȘme commentĂ© le dĂ©bat de ses rivaux avec une plĂ©thore de publications sur sa plateforme, Truth Social.

Il s'en est notamment pris à Ron DeSantis et à "l'horrible" ex-gouverneur du New Jersey, Chris Christie, qui le critique ùprement. Mais à Vivek Ramaswamy, qui l'a qualifié lors de l'émission de "meilleur président du 21e siÚcle", il a réservé un aimable commentaire: "Merci Vivek!", a-t-il écrit.

AFP

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