Tension avec la Russie

Espoirs de désescalade en Ukraine avant de nouveaux efforts diplomatiques

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2022 Ă  16:55
  • ActualisĂ© le 9 fĂ©vrier 2022 Ă  17:34
Le chancelier allemand Olaf Scholz (G) et le président français Emmanuel Macron le 8 février 2022 à Berlin

Le chancelier allemand Olaf Scholz intensifie ses efforts pour désamorcer la crise autour de l'Ukraine, prenant le relais d'Emmanuel Macron dont l'engagement diplomatique semble mercredi porter de premiers résultats, Kiev et Moscou évoquant des signaux positifs.

L'Ukraine a salué mercredi de "vraies chances" de désescalade de la crise avec la Russie aprÚs les efforts récents des Européens qui ont envoyé, de l'aveu du Kremlin, de premiers "signaux" positifs". "Aujourd'hui il existe de vraies chances pour un rÚglement diplomatique", s'est félicité à Kiev le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, pour qui la situation reste "tendue mais sous contrÎle".

Les menaces de sanction "sans précédent" en cas d'attaque de la Russie, ainsi que l'intense dialogue ces derniers jours pourraient éloigner le spectre d'une guerre en Europe, veut croire le gouvernement ukrainien.

- "Signaux positifs" -

"Il y a eu des signaux positifs quant Ă  la dĂ©cision de l'Ukraine d'agir uniquement sur la base des accords de Minsk, c'est un plus", a de son cĂŽtĂ© confiĂ© le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, Ă©voquant les accords signĂ©s en 2015 par Kiev et les sĂ©paratistes sous l'Ă©gide de Paris, Berlin et Moscou. "Mais nous n'avons pas entendu le prĂ©sident (ukrainien Volodymyr) Zelensky dire qu'il Ă©tait prĂȘt Ă  s'en occuper rapidement", a-t-il cependant tempĂ©rĂ©.

La Russie, qui a accueilli Emmanuel Macron lundi, s'apprĂȘte Ă  recevoir Ă  Moscou la cheffe de la diplomatie Liz Truss, pour un voyage de deux jours. C'est dans ce contexte qu'Olaf Scholz accentue aussi son implication, en rĂ©ponse aux critiques ces derniĂšres semaines sur sa discrĂ©tion et une supposĂ©e complaisance Ă  l'Ă©gard de Moscou.

AprÚs la cheffe du gouvernement danois Mette Frederiksen mercredi aprÚs-midi, le successeur d'Angela Merkel recevra jeudi les dirigeants des pays baltes, voisins d'une Russie qui inquiÚte. Malgré l'annonce de l'envoi de 350 soldats allemands supplémentaires en Lituanie dans le cadre d'une mission de l'Otan, les réticences de Berlin à la livraison par l'Estonie d'armes allemandes à Kiev ont créé des crispations ces derniÚres semaines.

AprÚs sa visite à Washington lundi, destinée à rassurer les Américains, puis la réunion à Berlin mardi du Triangle de Weimar, formé avec la France et la Pologne, M. Scholz avance sur un fil, entre les attentes de ses partenaires occidentaux et la dépendance de l'Allemagne au gaz russe. Point d'orgue de cette activité diplomatique: une visite trÚs attendue le 15 février d'Olaf Scholz à Vladimir Poutine, la premiÚre depuis son élection à la chancellerie début décembre.

L'ombre du gazoduc Nord Stream 2, qui relie la Russie et l'Allemagne et attend toujours sa certification continue de planer sur les relations entre les deux pays.
Le chancelier allemand a ainsi assuré à un groupe de sénateurs américains que le gazoduc "n'irait pas de l'avant" si la Russie envahissait l'Ukraine, a rapporté un élu aprÚs la rencontre.

M. Scholz, dont le parti social-dĂ©mocrate soutient ce chantier pharaonique et dont le mentor, l'ex-chancelier Gerhard Schröder, est candidat au conseil d'administration du gĂ©ant gazier russe Gazprom, n'avait pas Ă©tĂ© aussi explicite lors d'une confĂ©rence de presse avec Joe Biden. Il s'Ă©tait contentĂ© d'assurer que Washington et Berlin prendraient "les mĂȘmes mesures" en cas d'invasion russe.

- Implication "tardive" -

Emmanuel Macron, dont le pays préside actuellement le conseil de l'Union européenne, a assuré mardi avoir obtenu "un double engagement" de l'Ukraine et de la Russie à respecter les accords de Minsk, disant croire en "des solutions concrÚtes pratiques" pour aboutir à une désescalade.

Une inconnue subsiste cependant quant aux réelles intentions de M. Poutine qui n'a dit mot lundi des troupes russes massées aux frontiÚres de l'Ukraine, qui alimentent la crainte des Occidentaux d'une invasion du pays.

Le dialogue n'est pas rompu mais la partie s'annonce ardue pour M. Scholz, qui s'est impliquĂ© trop "tardivement" dans la crise alors que son pays exerce la prĂ©sidence du G7, critique mercredi le quotidien SĂŒddeutsche Zeitung.

AFP

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1 Commentaires
Lire la presse étrangÚre
Lire la presse étrangÚre
4 ans

En France certains médias prudents parle du bilan de Macron en demi teinte dans la diplomatie avec la Russie et l'Ukraine. La presse étrangeté est plus objective : fiasco de la diplomatie française.