Et si les chats pouvaient nous aider Ă  mieux soigner le cancer du sein?

  • PubliĂ© le 8 mars 2026 Ă  02:56
Les chats pourraient nous aider Ă  mieux comprendre et peut-ĂȘtre mĂȘme mieux soigner certains de nos cancers, dont celui du sein, selon un groupe de chercheurs internationaux ( AFP / Ozan KOSE )

En plus d'ĂȘtre d'excellents compagnons de vie, les chats pourraient nous aider Ă  mieux comprendre et peut-ĂȘtre mĂȘme mieux soigner certains de nos cancers, dont celui du sein, avance jeudi un groupe de chercheurs internationaux.

Dans une Ă©tude publiĂ©e dans la revue Science, ces experts en mĂ©decine vĂ©tĂ©rinaire et humaine se sont intĂ©ressĂ©s Ă  de possibles similitudes entre les ĂȘtres humains et les chats en matiĂšre de cancers.

Si de tels liens entre chiens et hommes ont été pointés par des recherches antérieures, pratiquement rien n'existait du cÎté de nos amis félins, explique à l'AFP Louise van der Weyden, chercheuse en oncogénétique à l'institut britannique Wellcome Sanger et co-autrice de l'étude.

Or, les chats sont, tout comme les chiens, "d'excellents modĂšles pour nous" car ils sont exposĂ©s au mĂȘme environnement, notamment Ă  "la pollution ou au tabagisme passif", et dĂ©veloppent les "mĂȘmes maladies que nous", comme des cancers ou encore du diabĂšte, relĂšve-t-elle.

- MĂȘme gĂšne -

Partant de ce principe, Mme van der Weyden et ses collÚgues ont analysé les échantillons de tumeurs cancéreuses de prÚs de 500 chats domestiques issus de cinq pays et couvrant 13 types de cancers différents (cerveau, sein, poumon, peau, etc.).

Comme les cancers sont causés par des mutations génétiques, les équipes ont cherché dans l'ADN de ces cellules tumorales des changements similaires à ceux déjà identifiés en médecine humaine.

Plusieurs similitudes entre les deux espÚces sont ainsi apparues, notamment en matiÚre de cancer du sein. Dans plus de 50% des tumeurs mammaires de chat analysées, un gÚne nommé FBXW7 ayant déjà été identifié en médecine humaine est ainsi apparu comme muté.

Si cette mutation n'est pas trÚs fréquente chez les femmes atteintes de cancer du sein, elle cause pour celles qui l'ont "un type particuliÚrement agressif" de cancer, souligne la chercheuse, notant que ces cancers du sein sont également trÚs agressifs chez les chats.

- "Gagnant-gagnant" -

"Pour ce petit pourcentage de femmes qui la portent", cette découverte est "formidable" car elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements, abonde-t-elle.

Si la tenue d'essais cliniques chez l'humain est rendue compliquĂ©e par le trĂšs faible nombre de patientes concernĂ©es, la mutation est trĂšs frĂ©quente chez les chats et des traitements ciblĂ©s pourraient donc ĂȘtre testĂ©s plus facilement dans des cliniques vĂ©tĂ©rinaires.

"Je serais personnellement plus encline à prendre un médicament qui a été testé sur des chats que sur des souris", sourit la scientifique.

Encouragés par ce parallÚle, des chercheurs suisses ont mené des expériences complémentaires sur ces échantillons et ont découvert que deux traitements de chimiothérapies semblaient trÚs efficaces contre les tumeurs portant cette mutation.

S'ils restent à confirmer par d'autres travaux, ces résultats pourraient rapidement bénéficier aux femmes comme aux chats, car ces médicaments sont déjà autorisés chez l'humain et l'animal, pointe l'étude.

Ces résultats pourraient également améliorer l'étude des "processus d'initiation du cancer", analyse auprÚs de l'AFP Harikrishna Nakshatri, professeur à l'université d'Indiana et spécialiste du cancer du sein.

Pour cet expert n'ayant pas participé à l'étude, ces résultats "fascinants" pourraient nous "aider à mieux comprendre l'interaction entre les gÚnes et l'environnement", aujourd'hui considéré comme le "principal suspect" dans la transformation des cellules porteuses de ces mutations en cellules cancéreuses.

L'ambition n'est toutefois pas uniquement d'aider la recherche en cancérologie humaine, insiste Louise van der Weyden, qui plaide pour que ces découvertes servent également à mieux soigner nos compagnons à quatre pattes en leur proposant par exemple des traitements ciblés déjà utilisés chez l'humain.

Une telle approche serait "gagnant-gagnant à la fois pour l'animal et pour l'humain", soutient-elle. 

AFP

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