Qui va l'emporter? Qui va trébucher? La pression monte aux Etats-Unis avant le premier débat présidentiel lundi entre Donald Trump et Hillary Clinton, affrontement au sommet entre deux candidats aux antipodes, qui s'y sont préparés trÚs différemment.
Il est d'autant plus crucial qu'Ă six semaines de l'Ă©lection du 8 novembre, les sondages restent serrĂ©s, mĂȘme s'ils donnent l'avantage Ă Mme Clinton.
Jusqu'Ă 90 millions d'AmĂ©ricains, selon certaines estimations, seront rivĂ©s Ă leur petit Ă©cran pour ce duel Ă armes inĂ©gales, oĂč la moindre phrase, le moindre dĂ©rapage, peuvent avoir de lourdes consĂ©quences.
Beaucoup d'Ă©lecteurs ont dĂ©jĂ arrĂȘtĂ© leur position, mais 9% selon certains sondages ne savent toujours pas pour qui voter, aprĂšs un an d'une campagne nausĂ©abonde, oĂč les attaques ont souvent remplacĂ© la substance.
La démocrate Hillary Clinton, 68 ans, qui a reçu samedi le soutien du New York Times, s'est scrupuleusement préparée au débat, suspendant sa campagne ces derniers jours.
- Clinton cloßtrée, Trump en meeting -
Elle s'est cloßtrée avec ses conseillers et ses dossiers chez elle à Chappaqua, au nord de New York, s'entraßnant notamment avec des proches jouant Trump, à toutes les facettes possibles de son adversaire républicain: teigneux, distant, calme...
Le profil psychologique du milliardaire a été étudié à la loupe, pour voir ce qui pourrait le faire déraper. Car le but du camp démocrate est de le faire craquer, pour montrer qu'il n'a pas le tempérament d'un président.
S'il réagit en l'agressant, Donald Trump risque aussi de perdre le vote des femmes, déjà trÚs réticentes à son endroit, et qui constituent 53% des votants. Et tout dérapage est assuré de finir en boucle sur les chaßnes de télévision.
La campagne de Mme Clinton a aussi publiĂ©, avant le dĂ©bat, une longue liste des mensonges prĂȘtĂ©s Ă Donald Trump.
La préparation du débat "se passe trÚs bien", a pour sa part affirmé, volontairement décontracté, le milliardaire de 70 ans, qui a reçu vendredi le soutien de son ancien ennemi lors des primaires, le sénateur ultra-conservateur Ted Cruz.
Donald Trump a pris son vendredi pour se préparer, et devait encore travailler dimanche au débat. Mais il a continué ses meetings les autres jours, y compris samedi soir à Roanoke (Virginie, est).
Donald Trump n'a semble t-il pas voulu s'entraßner avec une fausse Hillary. Mais il a regardé des vidéos de son adversaire lors de précédents débats.
- "Sois toi-mĂȘme" -
Mme Clinton, dont c'est le deuxiĂšme candidature Ă la prĂ©sidence, est rompue Ă l'exercice des dĂ©bats, rĂ©putĂ©e pour y ĂȘtre trĂšs bonne. La barre est plus Ă©levĂ©e pour elle.
AprĂšs quasi 40 ans de service public, elle connaĂźt parfaitement ses dossiers et 88% des AmĂ©ricains la trouvent intelligente. Mais 65% ne la trouvent pas honnĂȘte et 52% ont une opinion nĂ©gative de cette cĂ©rĂ©brale un peu froide.
L'affaire de ses emails, les doutes alimentés par son adversaire sur la Fondation Clinton, ses liens avec Wall Street, ont contribué à ternir son image.
"Sois toi-mĂȘme et explique ce qui te motive", a conseillĂ© le prĂ©sident Obama Ă son ancienne secrĂ©taire d'Etat, qui entend gouverner dans sa continuitĂ©.
"Quand les projecteurs brillent, et que la pression est maximale, c'est là qu'elle sort le grand jeu", a confié optimiste son colistier Tim Kaine.
Donald Trump n'a lui aucune expérience d'un débat présidentiel: 90 minutes de pression intense, avec une seule adversaire et un modérateur, qui sera lundi le présentateur du journal du soir de la chaßne NBC, Lester Holt.
Mais cela n'inquiĂšte pas cette ancienne star de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©, instinctif et imprĂ©visible, plus Ă l'aise sous les feux de la rampe que sur les dossiers et qui a promis d'ĂȘtre "trĂšs respectueux" avec Mme Clinton.
M. Trump est encore perçu plus négativement que Mme Clinton: 61% des Américains ont de lui une opinion négative, rebutés par sa personnalité sans nuance et volontiers agressive.
Avant leur dĂ©bat, les deux candidats Ă la Maison Blanche doivent rencontrer dimanche sĂ©parĂ©ment le Premier ministre israĂ©lien, Benjamin Netanyahu, Ă New York, oĂč il Ă©tait venu participer Ă l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies.
- © 2016 AFP
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