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Etats-Unis: Obama salue le passage du taux de chĂŽmage sous la barre des 5%

  • PubliĂ© le 5 fĂ©vrier 2016 Ă  23:08
Le président des Etats-Unis Barack Obama à la Maison Blanche à Washington, le 5 février 2016

Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est félicité vendredi de la nouvelle baisse du chÎmage, tombé à 4,9%, ainsi que de la hausse des salaires, tout en reconnaissant que la direction générale de l'économie suscitait toujours des "inquiétudes".


"C'est la premiÚre fois que le taux de chÎmage passe sous la barre des 5% depuis prÚs de 8 ans", a déclaré M. Obama depuis la Maison Blanche, rappelant que ce taux avait atteint 10% en 2009.
"Nous devrions ĂȘtre fiers des progrĂšs que nous avons accomplis, nous nous sommes remis de la pire crise Ă©conomique depuis les annĂ©es 1930", a-t-il ajoutĂ©, ironisant sur des chiffres qui dĂ©rangent les candidats rĂ©publicains Ă  sa succession qui "font campagne sur le dĂ©sespoir".
Si le chĂŽmage est au plus bas depuis 8 ans, les crĂ©ations d'emplois aux Etats-Unis ont nettement marquĂ© le pas en janvier, trahissant un ralentissement qui pourrait inciter la banque centrale Ă  ĂȘtre patiente sur les taux.
L'Ă©conomie amĂ©ricaine a créé 151.000 nouveaux emplois le mois dernier, contre 262.000 en dĂ©cembre Ă  une Ă©poque oĂč le marchĂ© de l'emploi avait Ă©tĂ© favorisĂ© par un climat trĂšs doux, selon les donnĂ©es publiĂ©es vendredi par le dĂ©partement du Commerce.
"Plus important encore, ces progrÚs commencent enfin à se traduire par une hausse des salaires", a ajouté le président américain, soulignant qu'au cours des six derniers mois, ils avaient augmenté "à leur rythme le plus rapide" depuis la crise.
M. Obama a cependant reconnu que nombre d'Américains restaient inquiets de la situation économique du pays.
"Si vous regardez certaines études, les gens sont plus confiants sur leur situation, leurs finances, mais ils ont des doutes sur l'avenir", a-t-il souligné, jugeant que cela s'expliquait en partie par l'héritage des "effets dévastateurs" de la crise de 2007/2008.
"La Chine est en transition. L'Ă©conomie europĂ©enne tourne toujours au ralenti. Nombre de marchĂ©s Ă©mergents sont en difficultĂ©. Cela rend nos exportations plus difficiles. Nous devons y ĂȘtre attentifs", a-t-il encore dit en Ă©voquant l'Ă©volution de l'Ă©conomie mondiale.
- Rebond des salaires -
Les chiffres annoncés vendredi ont décontenancé les analystes qui d'un cÎté prévoyaient davantage de nouvelles embauches mais de l'autre s'attendaient à ce que le taux de chÎmage reste stable à 5%.
Les crĂ©ations d'emplois sont restĂ©es soutenues dans le commerce de dĂ©tail, les cafĂ©s et restaurants et les services de santĂ©, selon l'enquĂȘte du ministĂšre rĂ©alisĂ©e auprĂšs des entreprises. Elles ont rebondi pour la premiĂšre fois en un an dans le secteur manufacturier ce qui constitue une bonne nouvelle, Ă  moins que ce ne soit une anomalie "peu crĂ©dible", estime Paul Ashworth de Capital Economics.
Mais les services aux entreprises ont gĂ©nĂ©rĂ© moins d'emplois tandis que le secteur des transports a dĂ©truit des postes, notamment de nombreux emplois temporaires, sans doute affectĂ© par la gigantesque tempĂȘte de neige qui s'est abattue sur une partie du nord-est du pays fin janvier. Le secteur minier, qui souffre toujours des bas prix de l'Ă©nergie, a encore dĂ©bauchĂ©.
"Ce rapport mitigé est une raison supplémentaire pour la Réserve fédérale de ne pas bouger jusqu'au milieu de l'année en attendant de voir comment les conditions économiques évoluent", a commenté Paul Ashworth. AprÚs sept années de taux proches de zéro, la Fed a procédé à un premier relÚvement d'un quart de point à la mi-décembre.
Si le ralentissement des créations d'emplois semble refléter celui de la croissance, qui s'est établie à 0,7% au dernier trimestre 2015 contre 2% au trimestre précédent, le rythme d'embauche reste bien assez soutenu pour continuer de faire baisser le taux de chÎmage.
Mais ce qui risque d'attirer davantage l'attention de la Fed est la courbe ascendante des rémunérations. Les chiffres de janvier font enfin apparaßtre un rebond des salaires, avec une rémunération horaire moyenne qui a grimpé de 12 cents à 25,39 dollars, soit une hausse sur un an de 2,5%.
La Fed surveille de prĂšs cet indicateur car elle attend un retour de l'inflation, en gĂ©nĂ©ral liĂ©e Ă  l'Ă©volution des salaires, vers un objectif Ă  moyen terme de 2% pour pouvoir resserrer encore davantage les taux d'intĂ©rĂȘt.
"Cette progression des rĂ©munĂ©rations est plus que justifiĂ©e vu que l'on approche le plein emploi", affirme Harm Bandholz d'UniCredit Economics qui est persuadĂ© que des hausses de taux d'intĂ©rĂȘt interviendront cette annĂ©e conformĂ©ment aux intentions de la Fed.

Par Laura BONILLA CAL - © 2016 AFP
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