Football

Euro: avec Italie-Angleterre, Wembley tient sa finale royale

  • PubliĂ© le 8 juillet 2021 Ă  12:58
  • ActualisĂ© le 8 juillet 2021 Ă  14:40
Le capitaine anglais Harry Kane aprĂšs son but contre le Danemark en demi-finale de l'Euro le 7 juillet 2021 Ă  Wembley

"Nazionale" contre "Three Lions", sĂ©lection renaissante contre pays-hĂŽte, Italie contre Angleterre! Londres tient la finale royale dont elle rĂȘvait, dimanche, avec deux sĂ©rieux prĂ©tendants au trĂŽne, mais une seule couronne de champion d'Europe de football.

DĂ©jĂ  incandescent mercredi soir pour la victoire des Anglais face au Danemark (2-1 aprĂšs prolongation), le mythique stade de Wembley est prĂȘt Ă  retomber en fusion pour ses "hĂ©ros", qui rĂȘvent de leur premier titre majeur depuis le Mondial-1966, et de succĂ©der au Portugal, vainqueur de l'Euro-2016.

La presse anglaise peine à trouver de nouveaux superlatifs, jeudi matin, pour qualifier ses "rugissants Three Lions", comme le souligne le tabloïd The Sun. Le Telegraph préfÚre titrer sur les "History boys" ("garçons pour l'histoire"), et une formule revient en grosses lettres chez tous les marchands de journaux londoniens: "FINALLY". "Enfin"! C'est en effet le soulagement qui prédomine chez les supporters de l'Angleterre, dont seuls les plus ùgés peuvent se rappeler de la derniÚre et seule finale de leur sélection nationale, il y a 55 ans en Coupe du monde. Une éternité.

"Quelle opportunitĂ© ce sera que de disputer une premiĂšre finale d'Euro!" s'enthousiasme le capitaine et buteur dĂ©cisif en demi-finale, Harry Kane. "La finale sera un moment spĂ©cial. Il y aura un vainqueur et un perdant, Ă  nous de faire en sorte d'ĂȘtre du cĂŽtĂ© des vainqueurs".

- "Foule" -

Les Anglais disposeront pour cela d'un stade acquis à leur cause, de plus de 60.000 spectateurs enflammés, probablement "la plus grande foule rassemblée pour un évÚnement sportif depuis plus de 15 mois au Royaume-Uni", comme le promettait le gouvernement britannique ces derniers jours. La jauge, augmentée à l'occasion des demies et de la finale, a déjà atteint 64.950 spectateurs mercredi, selon l'UEFA organisatrice.

Et si les effusions de joie ont souvent rappelé le "football d'avant" la pandémie, un tel regroupement reste un motif d'inquiétude pour nombre de responsables européens, par rapport à la flambée des cas de Covid-19 dus au virulent variant Delta (prÚs de 30.000 par jour sur la semaine écoulée au Royaume-Uni).

D'autant qu'un "autotest" nĂ©gatif uniquement dĂ©claratif peut suffire aux dĂ©tenteurs de billets pour entrer dans l'enceinte, et qu'Ă  l'intĂ©rieur, le port du masque est trĂšs loin d'ĂȘtre respectĂ©... Les fans anglais ne seront pas seuls, car plusieurs milliers d'Italiens rĂ©sidant au Royaume-Uni ou en Irlande pourront se procurer des places, tout comme au moins 1.000 supporters en provenance d'Italie, via un corridor sanitaire trĂšs strict, qui ne les dispensera pas de quarantaine au retour.

Cela promet en tout cas une chaude ambiance, car la "Nazionale", victorieuse de l'Espagne aux tirs au but mardi (1-1 a.p., 4-2 t.a.b.), voudra effacer le mauvais souvenir de sa derniÚre finale, en 2012, contre l'Espagne (défaite 4-0).

- L'Italie comme le Portugal ? -

C'est la 4e finale de grande compĂ©tition Ă  laquelle l'Italie participe depuis l'an 2000, signe d'une grande rĂ©gularitĂ© au plus haut niveau pour la nation championne d'Europe 1968 et quadruple championne du monde. C'est surtout l'annĂ©e de la reconquĂȘte pour les "Azzurri", trois ans aprĂšs leur non-qualification pour le Mondial-2018, vĂ©ritable catastrophe dans le pays de Marco Verratti et Lorenzo Insigne.
Les Italiens redressĂ©s par Roberto Mancini rĂȘvent de rééditer l'exploit des Portugais en 2016, eux qui avaient brisĂ© les espoirs de la France, pays organisateur... "Les trois derniĂšres annĂ©es, les joueurs ont gagnĂ© du crĂ©dit. Peu de gens y croyaient mais nous sommes en finale", a soulignĂ© Mancini aprĂšs la qualification.

En face, c'est une armada: l'Angleterre n'a encaissé qu'un but dans le tournoi et la profondeur de son attaque a de quoi faire pùlir l'Europe, entre l'insaisissable Raheem Sterling, les jeunes Bukayo Saka et Phil Foden, les meneurs Mason Mount et Jack Grealish, les ailiers Marcus Rashford et Jadon Sancho, et bien sûr le buteur Harry Kane.

AprĂšs quatre semaines d'un Euro dispersĂ© dans 11 pays, marquĂ© par la pandĂ©mie comme par quelques affrontements diplomatiques, par un drame Ă©vitĂ© avec le malaise du Danois Christian Eriksen comme par des scĂ©narios de folie sur les pelouses, Wembley pouvait-elle rĂȘver d'une meilleure affiche pour finir en apothĂ©ose?

AFP

guest
0 Commentaires