Un scrutin qui approche

Européennes: Hayer, enfin une tête de liste pour la majorité

  • Publié le 1 mars 2024 à 10:47
  • Actualisé le 1 mars 2024 à 11:29

L'eurodéputée Renaissance Valérie Hayer a officialisé jeudi sa désignation comme tête de liste de la majorité aux élections européennes, mettant un terme à une longue attente dans le camp du chef de l’État, distancé dans les sondages par le Rassemblement national.

"J'ai accepté avec fierté, enthousiasme et esprit de responsabilité" la proposition d'Emmanuel Macron, a-t-elle déclaré dans un entretien au Figaro. "Je suis fière d'être le porte-drapeau de la seule coalition pro-européenne de ce scrutin".

Rattraper un retard de dix points sur le RN selon les sondages, une mission impossible ? "Quand je regarde la presse, j'ai l'impression que les jeux sont déjà faits. Quand j'écoute le RN et Jordan Bardella, j'ai l'impression qu'il ne faudrait même pas rentrer en campagne. C'est mal me connaître, c'est mal connaître le président de la République", a-t-elle déclaré au 20h00 de TF1, déterminée à "gagner cette campagne".

Après nombre de refus dans le camp présidentiel, de Bruno Le Maire à Julien Denormandie, le choix d'Emmanuel Macron s'est porté sur cette femme de 37 ans, encore largement inconnue du grand public, originaire de la Mayenne où elle effectuera vendredi son premier déplacement de campagne, dans une ferme.

"Il n'y a aucun refus d'obstacle" dans la majorité, assure Mme Hayer au Figaro. "L'engagement européen est au cœur de notre projet. Depuis 2017, notre bilan parle pour nous, aucun autre mouvement n'avait fait autant en si peu de temps".

"Fille, petite-fille et sœur d'agriculteurs", diplômée en droit public, ancienne vice-présidente du Conseil départemental de la Mayenne, Mme Hayer est issue du parti centriste UDI. Ancienne collaboratrice parlementaire de l'ex-ministre Jean Arthuis, elle a rejoint Emmanuel Macron en 2017 avant d'être élue députée européenne en 2019.

- "Imposture crasse" de Bardella -

En janvier, elle a pris la tête du groupe centriste Renew au Parlement européen succédant à Stéphane Séjourné, longtemps pressenti comme tête de liste mais finalement nommé ministre des Affaires étrangères.

Au Parlement européen, Valérie Hayer a notamment pris une part active aux négociations du budget pluriannuel et au plan de relance post-Covid. Et a ferraillé, à l'unisson du camp présidentiel, contre "l'extrême droite pourvoyeuse de fake-news" et "l'imposture crasse" de son concurrent RN Jordan Bardella.

"Le risque, c'est de vivre un Brexit de l'intérieur, si les eurosceptiques sont majoritaires", estime-t-elle dans Le Figaro, qualifiant ces derniers d'"alliés objectifs de Trump et de Poutine".

"Je lui souhaite bonne chance pour sa campagne mais elle va devoir assumer le bilan d'Emmanuel Macron" sur le plan européen et français, a réagi Jordan Bardella.

Elle a également critiqué la tête de liste des Républicains (LR) François-Xavier Bellamy, dont elle se "demande parfois ce qui le distingue du RN ou de Marion Maréchal".

Quant au chef de file de la liste PS, Raphaël Glucksmann (Place Publique), "on vote à 90% de la même façon au Parlement européen. Il devrait être avec nous, et il le sait".

Le RN devance pour l'heure largement la majorité dans les sondages. Une étude Odoxa publiée mardi crédite la liste Bardella de 30% d'intention de vote, contre 19% pour la liste macroniste.

-"Impression d'un choix par défaut"-

La majorité -Renaissance, MoDem, Horizons, Parti radical-, probablement rejointe dans cette campagne par les centristes de l'UDI, lancera sa campagne le 9 mars lors d'un meeting à Lille.

Elle s'est par ailleurs dotée d'un directeur de campagne, le député Renaissance Pieyre-Alexandre Anglade. Et Renaissance a entériné jeudi la nomination de l'ancien ministre Olivier Dussopt comme N.2 du parti.

La lenteur de la désignation de la tête de liste suscitait l'impatience croissante d'une partie de la majorité, alors que la concurrence est déjà sur les rangs, de M. Bardella à Raphaël Glucksmann en passant par François-Xavier Bellamy (LR), Manon Aubry (LFI), Marie Toussaint (Écologistes) ou encore Léon Deffontaines (PCF) et Marion Maréchal (Reconquête!).

"On rentre mal dans la campagne parce qu'on a mis du temps à nommer la tête de liste, ce qui donne l'impression d'un choix par défaut, même si Valérie Hayer est une bonne candidate, respectée au Parlement européen, avec beaucoup d'énergie", jugeait cette semaine une source Renaissance à l'Assemblée.

En 2019, la liste alors conduite par Nathalie Loiseau était arrivée en deuxième position (22,42%), à moins d'un point du RN (23,34%).

Le défi est immense après deux ans d'un quinquennat jalonnés de nombreuses crises -réforme des retraites, loi immigration, contestation des agriculteurs - et des oppositions bien décidées à s'emparer de ce premier scrutin intermédiaire, ultime rendez-vous électoral national de la présidence d'Emmanuel Macron, qui ne pourra, Constitution oblige, briguer l’Élysée en 2027.

AFP

guest
0 Commentaires