AprĂšs la volte-face du gouvernement

Extension des titres-restaurant: Thierry Marx en appelle Ă  Elisabeth Borne

  • PubliĂ© le 17 novembre 2023 Ă  08:16
  • ActualisĂ© le 17 novembre 2023 Ă  08:18
Le chef étoilé Thierry Marx dans la cuisine de l'un de ses restaurants, Madame Brasserie au premier étage de la tour Eiffel, à Paris, le 15 juin 2022 ( AFP / Emmanuel DUNAND )

Le chef Ă©toilĂ© Thierry Marx, prĂ©sident du principal syndicat patronal de l'hĂŽtellerie-restauration, l'Umih, demande Ă  ĂȘtre reçu "dans les meilleurs dĂ©lais" par la PremiĂšre ministre Élisabeth Borne, alors que Bercy rĂ©flĂ©chit Ă  pĂ©renniser la possibilitĂ© d'acheter tous types de produits alimentaires au supermarchĂ© avec les titres-restaurant.

"Avec sa volte-face sur la prolongation de l'utilisation du titre-restaurant aux produits alimentaires, le gouvernement envoie un trÚs mauvais signal à notre profession", déplore-t-il dans un communiqué transmis à l'AFP jeudi.

"Dans titre-restaurant, il y a +restaurant+. Ce titre doit rester une aide au dĂ©jeuner des salariĂ©s ne disposant pas de restaurant d’entreprise. Il ne doit pas devenir un titre-Caddie", poursuit le chef.

"Je demande Ă  ĂȘtre reçu dans les meilleurs dĂ©lais par la PremiĂšre ministre pour lui faire part de notre incomprĂ©hension, notre mĂ©contentement et notre souhait d’un retour rapide Ă  la situation prĂ©cĂ©dant la loi de 2022", ajoute-t-il.

La loi a introduit en 2022 la possibilitĂ© d'acheter avec des titres-restaurant des produits alimentaires non directement consommables (farine, pĂątes, riz, Ɠufs, poisson, viande, etc.) en supermarchĂ©, une dĂ©rogation qui devait prendre fin le 31 dĂ©cembre 2023.

Mais face à la levée de boucliers causée par la fin du dispositif, Bercy a annoncé son souhait de le prolonger en 2024, voire de le pérenniser.

"En 2023, c'est un manque à gagner de 200 millions d'euros pour nos restaurateurs", estime le chef, rappelant "qu'en 2023, la grande distribution a vu sa part de marché titre-restaurant augmenter de plus de 6%" quand "celle des restaurants diminuait de 3%".

En marge d'un déplacement en Indre-et-Loire, la ministre déléguée aux PME et au Commerce Olivia Grégoire lui a répondu au nom du gouvernement: "nous sommes et nous serons aux cÎtés des restaurateurs".

Mais "il faut aussi entendre les Français. L'inflation alimentaire (...) demeure assez élevée" et la possibilité de continuer à utiliser les titres-restaurant pour des achats alimentaires en général "est une liberté de bon aloi", a-t-elle ajouté.

"Il faut que les restaurateurs l’entendent et je ne doute pas que Thierry Marx l’entende", a conclu Olivia GrĂ©goire.

Dans son communiquĂ©, Thierry Marx avait dit entendre "les voix qui s’expriment Ă  propos de l’utilitĂ© de ce titre, en pĂ©riode d’inflation, pour faire ses courses au quotidien."

"L’inflation concerne tous les Français. La hausse des prix impacte aussi nos restaurateurs", avait-il fait valoir, appelant le gouvernement Ă  "concevoir un titre alimentation ou un chĂšque alimentaire pour lutter contre l’inflation et aider les plus dĂ©favorisĂ©s".

AFP

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