États-Unis

Face Ă  la Russie, Trump aussi ferme qu'Obama

  • PubliĂ© le 2 avril 2017 Ă  15:13
Le président américain Donald Trump (c), le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson (g) et le ministre américain de la Défense James Mattis à Washington, le 13 mars 2017

Avant d'entrer à la Maison Blanche, Donald Trump avait exprimé son admiration pour Vladimir Poutine et prÎné un rapprochement.

Mais depuis qu'il est président, son administration est aussi ferme envers la Russie que l'équipe de Barack Obama.
Deux mois aprĂšs son arrivĂ©e au pouvoir, le prĂ©sident amĂ©ricain flatte un peu moins son homologue russe, dans un climat politique alourdi Ă  Washington par des enquĂȘtes officielles sur des collusions possibles entre la galaxie Trump et des responsables russes pendant la campagne prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de 2016.
Dans ce contexte, les deux plus importants ministres américains - le chef de la diplomatie Rex Tillerson et le patron du Pentagone James Mattis -, en tournée en Europe vendredi, ont eu des mots trÚs durs contre Moscou, tant sur le conflit en Ukraine que sur d'éventuelles ingérences de Moscou dans les élections aux Etats-Unis et en Europe.
Une ligne de fermeté de l'administration Trump face à Moscou, dans la continuité de celle d'Obama.


- 'Agression russe' -


Ancien PDG d'ExxonMobil et à ce titre proche de Vladimir Poutine, successeur de John Kerry, le nouveau secrétaire d'Etat Tillerson, qui faisait ses premiers pas vendredi à l'Otan, a ainsi dénoncé "l'agression il y a trois ans de l'Ukraine par la Russie qui a ébranlé les fondements de la sécurité et de la stabilité en Europe".
Il s'est engagé à ce que les sanctions prises par Barack Obama "restent en vigueur" tant que Moscou ne respectera pas les accords de paix de Minsk (2015) pour l'est de l'Ukraine et ne rétrocÚdera pas la Crimée "occupée" à Kiev.
Reprenant ce que martelait la diplomatie Obama-Kerry, Rex Tillerson a promis que "le soutien de l'Amérique et de l'Otan à l'Ukraine resterait ferme" et que les Etats-Unis "n'accepteraient pas que la Russie tente de modifier les frontiÚres" ukrainiennes.
Dans une déclaration quasiment identique en mars 2016 à Moscou aprÚs une rencontre avec M. Poutine, M. Kerry avait averti que "les Etats-Unis étaient fermement attachés à la protection de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, dont la Crimée".
Vendredi, lors d'un déjeuner à huis clos à l'Otan, M. Tillerson aurait été "ovationné debout" pour avoir "déclaré que la Russie n'était plus digne de confiance", a vanté un responsable du département d'Etat.
Moscou a dénoncé le "mythe de +la menace russe+".


- 'Farfouiller dans les élections' -


Le secrétaire à la Défense Mattis n'a pas non plus mùché ses mots.
En visite à Londres, il a accusé Moscou de "violations du droit international en Crimée" et de "farfouiller dans les élections d'autres" pays.
De fait, dans une atmosphĂšre lourde Ă  Washington, des commissions du CongrĂšs et le FBI enquĂȘtent sur une Ă©ventuelle ingĂ©rence russe dans la campagne prĂ©sidentielle de 2016. Le FBI tente d'Ă©tablir une possible "coordination" entre le camp Trump et des responsables russes.
Le milliardaire américain et le Kremlin ont plusieurs fois démenti. Mais Donald Trump a souvent loué Vladimir Poutine et milité pour un rapprochement américano-russe aprÚs les tensions de l'Úre Obama et la Guerre froide.
Le 30 décembre, élu mais pas encore investi, il avait salué dans un tweet l'"intelligence" du président russe pour ne pas avoir riposté aux derniÚres sanctions prises par l'administration Obama.
En 2013, alors que l'homme d'affaires organisait à Moscou son concours de beauté Miss Univers, il espérait sur Twitter que "Poutine vienne et devienne (son) meilleur ami".
Mais depuis qu'il est à la Maison Blanche, le président a mis en sourdine ses éloges de son homologue russe. Le 5 février, sur la chaßne conservatrice FoxNews, Donald Trump avait dit "respecter" M. Poutine. Mais, ajoutait-il, "Ca ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui".


- 'Grande continuité' -


Au mĂȘme moment, dĂ©but fĂ©vrier, des violences en Ukraine avaient poussĂ© la nouvelle administration amĂ©ricaine Ă  promettre le maintien des sanctions antirusses.
"La ligne dure de Tillerson et de Mattis traduit une grande continuité" entre les administrations Obama et Trump, notamment sur les sanctions contre Moscou, explique Jeffrey Rathke, ex-porte-parole du département d'Etat sous John Kerry.
Pour cet expert du Center for Strategic and International Studies (CSIS), la politique Ă©trangĂšre des Etats-Unis aura "extrĂȘmement de mal Ă  changer de trajectoire sur la Russie", en raison "des enquĂȘtes Ă  Washington sur l'implication russe dans l'Ă©lection et avec la campagne de Trump".

Par Yanan WANG - © 2017 AFP

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