Ancien mentor des frĂšres SaĂŻd et ChĂ©rif Kouachi, il se dit aujourd'hui repenti: Farid Benyettou doit ĂȘtre entendu samedi aprĂšs-midi comme tĂ©moin au procĂšs Ă Paris des attentats de janvier 2015.
Initialement prévue le 24 septembre, l'audition trÚs attendue de l'ex-prédicateur avait été reportée aprÚs une suspicion de contamination au Covid-19 chez l'un des accusés, qui avait amené le président de la cour d'assises spéciale de Paris à suspendre les débats pendant prÚs d'une journée.
Ancien "émir" autoproclamé, Farid Benyettou avait eu parmi ses adeptes en 2003 et 2004 les frÚres Kouachi, auteurs de la sanglante tuerie de Charlie Hebdo.
L'ancien prédicateur était le recruteur de la "filiÚre des Buttes-Chaumont", démantelée en 2005, qui visait à envoyer des jihadistes en Irak dans les rangs d'Al-Qaïda.
Dans ce dossier, Farid Benyettou avait été condamné à six ans d'emprisonnement, Chérif Kouachi à trois ans d'emprisonnement. Les deux hommes avaient continué de se voir jusqu'en 2014.
Juste aprĂšs les attentats de janvier 2015, Farid Benyettou, alors en formation d'infirmier, s'Ă©tait prĂ©sentĂ© de lui-mĂȘme aux services de renseignement en se disant prĂȘt Ă aider l'enquĂȘte. Il avait Ă©tĂ© interrogĂ©, puis remis en libertĂ©.
Se disant repenti du jihadisme, Farid Benyettou a travaillé avec l'anthropologue Dounia Bouzar pour la prévention de la radicalisation. Il a publié en janvier 2017 un livre sur son parcours, "Mon djihad: itinéraire d'un repenti".
Pendant la promotion de ce livre, il avait choqué des proches de victimes des attentats en arborant un badge "Je suis Charlie". Il s'est fait discret depuis. Egalement prévue le 24 septembre, l'audition d'un autre témoin-clé du procÚs, Peter Cherif, demandée par la partie civile, n'a pas encore été reprogrammée.
Peter Cherif doit ĂȘtre interrogĂ© depuis la prison oĂč il est dĂ©tenu aprĂšs sa mise en examen dans un volet disjoint de l'enquĂȘte sur les attentats de janvier 2015.
La cour d'assises spéciale juge depuis le 2 septembre quatorze personnes, dont trois par défaut, soupçonnées de soutien logistique aux auteurs des attentats. Ce procÚs historique doit s'achever le 10 novembre.
AFP
