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Fashion Week: Burberry, du peps et du plastique

  • PubliĂ© le 17 septembre 2017 Ă  06:20
  • ActualisĂ© le 17 septembre 2017 Ă  06:39
Un mannequin lors du défilé Burberry à Londres le 16 septembre 2017

MatiÚres plastiques, casquettes et jupes sexy: Burberry a donné un coup de jeune à ses classiques samedi lors de la Fashion Week de Londres, quand Jonathan Anderson livrait sa recette anti-stress avec un vestiaire zen et confortable pour échapper à "l'hystérie" de l?hyper-connectivité.

 

Serait-ce déjà l'effet Marco Gobbetti, l'ex-PDG de Céline qui a pris tout récemment les commandes de Burberry pour relancer le groupe, confronté à des difficultés? Samedi soir, la collection printemps-été 2018 de la puissante marque britannique a fait montre d'audace et de fantaisie, preuve qu'il est possible d'incarner la quintessence de l'élégance à l'anglaise sans rester perché sur ses acquis.


Le show a lieu Ă  l'Old Sessions House, un Ă©lĂ©gant bĂątiment du XVIIIe oĂč se presse, comme il est de coutume chez Burberry, quantitĂ© de stars et VIP, de Kate Moss Ă  Naomi Campbell en passant par Lennon Gallagher, fils de l'ancien chanteur d'Oasis Liam Gallagher. Ce qui saute aux yeux, c'est le plastique, que Christopher Bailey, le styliste de la marque, dĂ©cline Ă  l'envi en jouant avec les formes et les couleurs.


Il y a ce long paletot à capuche en plastique doux, porté avec une veste décontractée en cuir d'agneau et des sandales en cuir doré, ou sur une robe plissée mi-longue en tulle.
Ou cet anorak en plastique souple et ultra-fin portĂ© Ă  mĂȘme la peau, tranchant avec un kilt en laine tartan, Bailey n'aimant rien tant que piocher dans le rĂ©pertoire vestimentaire du Royaume-Uni.


Les plastiques sont translucides et colorés: il y a du jaune antique, du rose et du turquoise. Bailey use aussi de la dentelle, dont il orne des jupes longues et sensuelles, et pioche dans le streetwear, avec des casquettes de baseball à motif "check", ce tartan beige, blanc, noir et rouge apparu en 1924 et devenu depuis l?emblÚme de la marque.


- Manifestations anti-fourrures -


Plus tÎt dans la journée, Jonathan Anderson, directeur artistique de la marque de maroquinerie espagnole Loewe (groupe LVMH), a présenté la collection de sa propre griffe, J.W. Anderson.
Avec un maßtre mot: le "calme", dit le créateur britannique de 33 ans, considéré comme l'un des plus talentueux de sa génération. Le monde d'aujourd'hui, argumente-t-il, "nous rend hystériques". "Les médias nous rendent hystériques et j'ai le sentiment qu'il faut parfois revenir aux fondamentaux".


Printanier, presque champĂȘtre, son vestiaire propose une collection de robes fluides ultra-confort, portĂ©es avec des bottines faussement rugueuses rappelant les chaussures de randonnĂ©e.
La palette est zen et écolo: bleu aérien, vert pistache, rouge tomette et couleur chair. Anderson cultive le paradoxe: à la fois moderne et classique, sage et audacieux, il convoque des brassiÚres vintage à bretelles froncées pour rehausser de longues jupes à rayures noires nouées à la taille par des ceintures lacets. Et recouvre ses petites robes bustier de longs tee-shirts aux cols échancrés.


"Il y a cette idĂ©e de sanctuaire, comme le calme avant la tempĂȘte", explique le crĂ©ateur, fils de l'ancien international de rugby Willie Anderson. A regarder de prĂšs l'emploi du temps de Jonathan Anderson, il y a de quoi comprendre cette aspiration Ă  la respiration: Ă  peine vient-il de dĂ©filer, qu'il prĂ©sentera la semaine prochaine une collection créée pour la marque japonaise Uniqlo.


"Je porte leurs vĂȘtements tous les jours", dit-il. "Alors quand ils sont venus vers moi, (cette collaboration) Ă©tait Ă©vidente". Samedi Ă©galement, la label Nicopanda a rĂ©vĂ©lĂ© une ligne "exclusive de six piĂšces" rĂ©alisĂ©e pour Amazon Mode et mise en vente dĂšs la fin du show, nouvelle initiative du gĂ©ant amĂ©ricain du commerce en ligne pour devenir un incontournable de la mode.
Dimanche, les fashionistas pourront voir Armani, qui fait un retour remarqué à Londres, mais aussi TopShop ou Versus Versace.


Petit accroc dans un programme bien ficelĂ© de 80 dĂ©filĂ©s, la Fashion Week de Londres est le théùtre depuis vendredi de manifestations de militants pour les droits des animaux. Samedi, plusieurs dizaines d'entre eux se sont bruyamment rassemblĂ©s sous les fenĂȘtres du dĂ©filĂ© Burberry en scandant "honte Ă  vous" et en rĂ©clamant l'exclusion des marques utilisant de la fourrure.

AFP

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