Législatives anticipées

Fermeture des bureaux de vote en Moldavie, le dépouillement commence

  • PubliĂ© le 11 juillet 2021 Ă  23:09
  • ActualisĂ© le 12 juillet 2021 Ă  05:14
Un électeur vote devant sa maison dans le village de Gura Bicului, à 70 kilomÚtres de la capitale moldave Chisinau, le 11 juillet 2021

La Moldavie a commencé le dépouillement de bulletins de vote dimanche aprÚs les législatives anticipées convoquées par la nouvelle présidente pro-européenne Maia Sandu, qui espÚre renforcer son pouvoir face à ses rivaux prorusses.

A la fermeture des bureaux de vote à 21H00 (18H00 GMT), le taux de participation dépassait les 48%. Les premiers résultats sont attendus dans la soirée.

AprÚs sa large victoire en novembre 2020 à l'élection présidentielle devant le sortant Igor Dodon, Mme Sandu, 49 ans, espÚre prendre le contrÎle du Parlement pour mettre en oeuvre sa politique, centrée sur la lutte contre la corruption et le rapprochement avec l'Union européenne.

Son parti, Action et solidaritĂ© (PAS, centre droit), est donnĂ© gagnant par les sondages face au bloc des socialistes et communistes (BESC) emmenĂ© par l'ex-prĂ©sident prorusse Dodon. "J'ai votĂ© pour qu'on mette de l'ordre dans notre pays, pour qu'on se dĂ©barrasse de ceux qui ont pillĂ© notre pays pendant tant d'annĂ©es", a dĂ©clarĂ© Mme Sandu aux journalistes Ă  la sortie de son bureau de vote de la la capitale Chisinau, oĂč elle a Ă©tĂ© accueillie par des applaudissements.

M. Dodon, cité par les médias moldaves, a quant à lui affirmé "avoir voté pour une équipe qui pourra réunir le pays et ne provoquera pas de nouveaux conflits".

Comptant parmi les pays les plus pauvres d'Europe, la Moldavie, coincée entre l'Ukraine et la Roumanie, est secouée depuis son indépendance en 1991 par les crises politiques à répétition et doit gérer un conflit gelé en Transdniestrie, un territoire séparatiste soutenu par Moscou qui échappe à son contrÎle.

Ses 2,6 millions d'habitants sont historiquement divisés entre ceux souhaitant des relations étroites avec la Russie et ceux qui tournent leur regard vers l'UE.

Mais les Moldaves sont unanimes à se dire fatigués des scandales de corruption dont le plus retentissant en 2015 portait sur la disparition d'un milliard de dollars - l'équivalent de 15% du PIB - des caisses de trois banques.

- "Ce ne sera pas facile" -

"AprĂšs tant d'annĂ©es, ce pays a finalement l'espoir de chasser les voleurs qui s'y sont bien installĂ©s grĂące Ă  l'argent russe et d'Ă©lire les gens qui serviront le pays honnĂȘtement", a lancĂ© Ă  l'AFP Natalia, une habitante de Chisinau de 29 ans, aprĂšs avoir votĂ© pour le parti de Mme Sandu.

La diaspora, qui représente plus d'un tiers des électeurs dans ce pays touché par une trÚs forte émigration, pourrait considérablement augmenter le score de Mme Sandu aprÚs l'avoir largement soutenue à la présidentielle.

Dimanche, celle-ci s'est largement mobilisée avec plus de 206.000 votes, moins toutefois que le chiffre record de 262.000 au second tour de la présidentielle, marquée par une participation plus forte.

Vingt partis et deux blocs étaient en course pour se partager les 101 siÚges du Parlement. Les médias moldaves, citant la police, ont fait état de 242 "possibles violations" électorales, le plus souvent peu significatives.

Mme Sandu, une ex-Ă©conomiste de la Banque mondiale, est pour beaucoup d'Ă©lecteurs la premiĂšre personnalitĂ© politique Ă  arriver au pouvoir en "prĂ©servant une rĂ©putation d'honnĂȘtetĂ©" et en Ă©tant "un symbole de changements", explique le politologue Alexei Tulbure.

Depuis son investiture en décembre, elle n'avait toutefois pas pu nommer son gouvernement faute d'accord avec le Parlement contrÎlé par Igor Dodon. Elle a finalement réussi à dissoudre l'Assemblée en avril.

"MĂȘme avec une majoritĂ© parlementaire, ce ne sera pas facile (pour Mme Sandu) de rĂ©aliser ses projets grandioses de changement en profondeur de tout l'Etat", prĂ©vient l'analyste Victor Ciobanu. "Il lui faut des partenaires. Or il y aura une opposition sĂ©vĂšre", ajoute-il.

Le scutin de dimanche devrait dans tous les cas diminuer le poids de la Russie, estiment les observateurs. "La majorité parlementaire sera pro-européenne et l'influence russe faiblira", prédit le politologue basé à Kiev Sergiy Gerasymchuk.

Maia Sandu a déjà irrité le Kremlin en disant vouloir remplacer la garnison russe basée en Trandniestrie par des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

AFP

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