Les strip-teaseuses de l'Apocalypse sont venues célébrer la fin du monde dans ce coin poussiéreux du désert du Mojave, en tenue de circonstances: rangers, petite culotte de soie et cache-tétons à franges.
Bienvenue Ă Wastelands Weekend, oĂč l'on se retrouve pour vouer un culte Ă "Mad Max", la dystopie ultra-violente nĂ©e de l'imagination de George Miller et - sans sectarisme - Ă l'avĂšnement d'un monde post-apocalyptique, plongĂ© dans l'hiver nuclĂ©aire, brĂ»lĂ© par l'effet de serre ou sillonnĂ© par des araignĂ©es de Mars.
Wasteland City sort de terre tous les ans depuis sept ans dans ce coin perdu de l'Antelope Valley, Ă deux heures de route au nord de Los Angeles.
Joseph Hileman, 52 ans, qui vient d'une ville aprĂšs de San Francisco oĂč il s'occupe de sĂ©curitĂ©, a Ă©tĂ© persuadĂ© par son fils de venir Ă ce festival rĂ©servĂ© aux adultes.
"Avant, je pratiquais le combat médiéval mais maintenant je suis trop vieux. Alors je me suis dit: +j'adorerais faire ça, je serai sans doute le plus vieux ici mais je vais m'amuser+", raconte-t-il. Et d'ajouter: "C'est l'occasion de sortir du train-train quotidien et de rire un bon coup".
Comme lui, quelque 2.000 autres enthousiastes de l'Apocalypse se retrouvent lĂ ce week-end.
- CrĂąne de chien -
L'un des ingrĂ©dients clĂ©s de l'atmosphĂšre toute particuliĂšre de ce "festival", ce sont les dĂ©guisements. Parfois minimalistes - confĂšre les effeuilleuses de l'Apocalypse - ou au contraire de vĂ©ritables armures post-fin-du-monde oĂč le cuir et les clous jouent un rĂŽle souvent prĂ©pondĂ©rant.
Le costume est obligatoire si on veut venir, les grosses lunettes d'aviateur, façon as de la PremiÚre guerre mondiale ou steam-punk, sont recommandées, tout comme un masque pour filtrer la poussiÚre.
Les véhicules d'inspiration Mad Max sont légion, souvent surmontés de tourelles armées de mitrailleuses, dont on ne sait pas trop, Amérique oblige, si elles sont en état de marche.
Des décors sophistiqués accueillent concerts, DJ, et spectacles de cascadeurs.
Il y en a pour tous les goĂ»ts, mĂȘme les sportifs qui voudraient se dĂ©fouler pendant le festival. Ici on joue au "jugger", une sorte de foot avec un crĂąne de chien en guise de balle, directement inspirĂ© du film "Le sang des hĂ©ros".
On peut aussi danser autour d'un feu de camp oĂč s'amuser Ă ĂȘtre chasseur de prime.
- 'Dieu est mort' -
Chaque campement qui se respecte a son prĂȘcheur. Celui de Wasteland City prĂ©tend s'appeler Jonathan Christ. Il a 39 ans, porte la chemise noire et le col blanc des prĂȘtres et affirme Ă qui veut l'entendre que "Dieu est mort Ă cause de notre arrogance".
Pour ceux qui sont moins portés sur la spiritualité que sur le vice, il y a un casino, et en Amérique, quand il y a un casino dans le désert, un imitateur d'Elvis Presley n'est jamais bien loin.
Mike Lemay a dû s'adapter au cadre particulier de Wasteland: l'emblématique costume blanc décoré de brillants a un aspect brûlé post-flash nucléaire.
Lemay avait fait un faux-pas la premiĂšre annĂ©e qu'il s'Ă©tait rendu au festival vĂȘtu de blanc immaculĂ©... "Les gens venaient me voir en disant: +tu m'as gĂąchĂ© mon festival+, mais d'autres me remerciaient d'ĂȘtre venu", a-t-il confiĂ©.
Par Frankie TAGGART - © 2016 AFP
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