Allemagne

Fin de campagne - Merkel motive les siens, les populistes en embuscade

  • PubliĂ© le 23 septembre 2017 Ă  14:43
  • ActualisĂ© le 23 septembre 2017 Ă  15:29
La chanceliĂšre allemande Angela Merkel lors d'un meeting de campagne Ă  Munich, le 22 septembre 2017

Angela Merkel, favorite des élections allemandes, et son rival social-démocrate Martin Schulz se rendent samedi dans leurs fiefs pour motiver les troupes à la veille d'un scrutin qui pourrait voir une poussée nationaliste historique.


La chanceliÚre de 63 ans s'est d'abord rendu dans la matinée au quartier général de sa campagne à Berlin: "Allez, on part chercher le bifteck ! Chaque voix compte!", a lancé celle qui vise un quatriÚme mandat aprÚs 12 ans au pouvoir.
Dans l'aprĂšs-midi, elle est attendue dans sa circonscription du Mecklembourg-PomĂ©ranie, dans l'ex-RDA. L'endroit n'est pas facile, Mme Merkel devant aller Ă  Greifswald, oĂč les nationalistes anti-islam de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) ont battu son parti lors d'Ă©lections rĂ©gionales l'annĂ©e passĂ©e.
Ces derniÚres semaines, la cheffe des conservateurs s'est fait déjà copieusement conspuer lors de rassemblements de campagne par des petits groupes de sympathisants de cette droite populiste qui l'accusent de "trahison" pour avoir ouvert l'Allemagne en 2015 à des centaines de milliers de demandeurs d'asile majoritairement musulmans.


- Haine nationaliste -


L'AfD, qui a radicalisé son discours en fin de campagne, a grappillé quelques points dans les sondages et se classe troisiÚme avec 11-13% des intentions de vote, devant la gauche radicale Die Linke, les libéraux du FDP et les Verts.
Un tel score serait du jamais-vu dans l'Allemagne d'aprĂšs-guerre. Une large partie de la sociĂ©tĂ© civile mettent dĂšs lors en garde contre le vote AfD, qualifiĂ© par de nombreuses voix de parti d'extrĂȘme droite voire mĂȘme d'hĂ©ritier du nazisme.
Une percĂ©e de ce parti jetterait donc un ombre sur la victoire attendue des conservateurs de la CDU-CSU d'Angela Merkel, qui selon les enquĂȘtes d'opinion (34-36%) devancent largement les sociaux-dĂ©mocrates du SPD (21-22%).
Le vice-prĂ©sident du ComitĂ© international Auschwitz, Christoph Heubner, craint que l'essor de l'AfD, un "conglomĂ©rat d'antisĂ©mites, d'ennemis de la dĂ©mocratie et de prĂȘcheurs de haine nationaliste", donnera "un coup d'accĂ©lĂ©rateur Ă©norme aux populistes et extrĂ©mistes de droite dans toute l'Europe", selon l'agence Dpa.
Pour le SĂŒddeutsche Zeitung, l'arrivĂ©e de l'AfD Ă  la chambre basse du Parlement, va "faire date dans l'histoire allemande". "Le sĂ©rieux de la situation n'a Ă©tĂ© compris que trĂšs tard", regrette le journal.
De son cÎté le social-démocrate, Martin Schulz doit faire samedi aprÚs-midi un dernier raout électoral à Aix-la-Chapelle (ouest), prÚs de sa ville natale.
Avec un tiers d'indécis, l'ancien président du Parlement européen de 61 ans espÚre encore créer la surprise malgré l'érosion constante du SPD dans les sondages.


- Quelle coalition ? -


Vendredi, lors d'un grand meeting Ă  Berlin, il a accusĂ© Mme Merkel d'ĂȘtre la candidate de l'immobilisme.
"Les quatre prochaines annĂ©es ne peuvent ĂȘtre quatre ans d?inertie et de lĂ©thargie", a-t-il martelĂ©, dĂ©nonçant la "politique somnifĂšre" de la chanceliĂšre.
Mais M. Schulz a peiné avec ce message durant toute sa campagne, son parti gouvernant avec la CDU depuis 2013. Son appel à plus de justice sociale n'a guÚre mieux marché dans un pays en pleine croissance avec un chÎmage au plus bas.
Si la victoire semble donc acquise à Angela Merkel, la chanceliÚre sera néanmoins au défi de former une coalition.
Elle a exclu de gouverner avec les extrĂȘmes et l'option la plus simple sur le papier serait de reconduire la grande coalition avec les sociaux-dĂ©mocrates.
Mais le SPD, en pleine crise existentielle, n'a pas encore tranché et pourrait vouloir se ressourcer dans une cure d'opposition.
A en croire les sondages, une seule autre possibilitĂ© resterait alors : une alliance de la CDU-CSU avec le FDP et les Verts. Mais les divergences entre Ă©cologistes et libĂ©raux sur l'avenir du diesel ou l'immigration promettent toutefois d'ĂȘtre trĂšs compliquĂ©es Ă  gĂ©rer.
Et le photogénique leader du FDP de 38 ans, Christian Lindner, --farouchement opposé, entre autres, aux propositions françaises de réformes de la zone euro-- s'annonce comme un partenaire difficile pour Angela Merkel.
En cas de nouveau mandat, la chanceliÚre sera aussi face à bien des défis internationaux, notamment ses relations difficiles avec Donald Trump, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, les présidents américain, russe et turc.

- © 2017 AFP

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