Guerre

Fin de la trĂȘve en Afghanistan: les combats reprennent dans le sud

  • PubliĂ© le 16 mai 2021 Ă  13:33
  • ActualisĂ© le 16 mai 2021 Ă  13:38
Deux pilotes d'hĂ©licoptĂšres amĂ©ricains, le 20 mars 2011, sur la base de Kandahar d'oĂč les Etats-Unis se sont complĂštement retirĂ©s en mai 2021

Les combats ont repris dimanche entre forces gouvernementales et talibans dans le sud de l'Afghanistan, au terme de la trĂȘve dĂ©crĂ©tĂ©e pour la fĂȘte musulmane de l'AĂŻd, dans le contexte du retrait des derniers soldats amĂ©ricains.

Des accrochages ont été signalés dans la périphérie de Lashkar Gah, la capitale de la province du Helmand, ont indiqué un porte-parole de l'armée et un responsable local. Cette zone a été le théùtre d'intenses combats depuis le 1er mai, date à laquelle les Etats-Unis étaient supposés avoir retiré leurs 2.500 soldats encore présents sur place. "Les combats ont débuté tÎt ce matin et se poursuivent encore", a déclaré à l'AFP Attaullah Afghan, chef du conseil provincial du Helmand.

Il a affirmé que des talibans avaient attaqué plusieurs points de contrÎle autour de la capitale provinciale et dans d'autres districts. Un porte-parole de l'armée afghane dans le sud a confirmé que les combats avaient repris. "Elles (les forces afghanes, ndlr) sont à l'origine des opérations", a cependant affirmé à l'AFP le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid. "Ne nous en attribuez pas la responsabilité".

- Soutien aérien crucial -

Les Etats-Unis, qui cherchent à mettre un point final à leur plus longue guerre, devaient avoir retiré l'ensemble de leurs troupes encore présentes sur place au 1er mai, en vertu de l'accord signé en 2020 au Qatar avec les talibans par l'ancienne administration de Donald Trump. Mais le nouveau président américain Joe Biden, tout en confirmant le retrait total, a repoussé cette échéance au 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats de 2001 aux Etats-Unis, ce qui a suscité la colÚre des talibans.

Nishank Motwani, un expert indépendant de l'Afghanistan, a expliqué à l'AFP que les talibans voyaient le retrait américain comme une victoire. Pour eux, "la fin de la république afghane, telle qu'on la connaßt, est en vue".

Les forces gouvernementales ont continuĂ© Ă  bĂ©nĂ©ficier d'un soutien aĂ©rien crucial des Etats-Unis et rien ne dit qu'elles pourront contenir les assauts des talibans sans l'aide de Washington. "Ca va ĂȘtre trĂšs difficile pour nous d'effectuer des opĂ©rations", a dĂ©clarĂ© cette semaine Ă  l'AFP un officier afghan sous couvert d'anonymat aprĂšs le retrait des forces amĂ©ricaines de la base aĂ©rienne de Kandahar, qui fut un temps la deuxiĂšme la plus grande du pays. "Nos avions ne peuvent voler la nuit, ce qui fait que les opĂ©rations nocturnes seront compliquĂ©es".

- QuatriĂšme trĂȘve en 20 ans -

Les talibans, imitĂ©s par le gouvernement afghan, avaient annoncĂ© lundi un cessez-le-feu de trois jours pour l'AĂŻd el-Fitr, la fĂȘte musulmane qui marque la fin du ramadan. Cette trĂȘve a globalement Ă©tĂ© respectĂ©e par les deux parties. Mais la fragile accalmie a Ă©tĂ© interrompue vendredi par l'explosion d'une bombe dans une mosquĂ©e de la banlieue de Kaboul dans laquelle 12 fidĂšles, dont l'imam local, sont morts.

Les talibans ont nié toute responsabilité dans cet attentat qui a été revendiqué par le groupe Etat Islamique (EI), selon l'agence américaine SITE, spécialisée dans la surveillance de l'activité en ligne des groupes jihadistes.

La trĂȘve qui s'est achevĂ©e samedi soir est seulement la quatriĂšme conclue entre talibans et forces gouvernementales en 20 ans de conflit. Vendredi, des nĂ©gociateurs du gouvernement afghan et des membres de la direction du mouvement taliban s'Ă©taient rencontrĂ©s au Qatar pour discuter des pourparlers de paix, au point mort depuis des mois. "Les deux parties sont tombĂ©es d'accord pour continuer les pourparlers" aprĂšs l'AĂŻd el-Fitr, avaient soulignĂ© les talibans dans un tweet.

Mais les insurgés encerclent de plus en plus les grands centres urbains, laissant suggérer qu'ils attendent le retrait des Américains pour déclencher de vastes offensives contre les villes. Le 8 mai, plus de 50 personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées dans un quartier chiite de la capitale par l'explosion de bombes placées devant une école de filles. Il s'agissait de l'attentat le plus meurtrier en un an. Les autorités ont accusé les talibans mais ceux-ci ont nié en avoir été les auteurs.

AFP

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