Assemblée nationale

Fin de partie pour une session parlementaire intense et productive

  • PubliĂ© le 9 aoĂ»t 2017 Ă  17:16
L'Assemblée nationale à Paris, lors d'une session parlementaire sur l'habilitation à réformer le code du Travail par ordonnances, le 1er août 2017

Avec un vote final sur la moralisation de la vie politique, l'Assemblée nationale conclut mercredi une premiÚre session extraordinaire intense, riche en examens de projets de lois mais aussi en moments houleux. Ayant débuté leurs travaux avec une intervention solennelle d'Emmanuel Macron devant Sénat et Assemblée réunis en CongrÚs à Versailles, les parlementaires se séparent avec l'adoption au coeur de l'été d'une de ses promesses phares, un projet de loi visant à moraliser la vie politique pour regagner la confiance des citoyens.

 

Pour le personnel de l'Assemblée comme pour la presse, l'un des premiers défis en juin avait été de reconnaßtre les nouveaux élus. Pour les 420 nouveaux venus découvrant le palais Bourbon, le défi a été plus complexe: sortir rapidement de la phase de découverte et des selfies enthousiastes pour voter texte aprÚs texte. "Godillots" pour certains, "robots disciplinés, simples machines à voter", pour le socialiste Olivier Faure, les 314 députés REM et apparentés ont subi une forme de "bizutage", a déploré le nouveau président de l'Assemblée nationale François de Rugy.

Il a mĂȘme dĂ» prĂȘter main forte Ă  certains de ses vice-prĂ©sidents, en difficultĂ© pour tenir certaines sĂ©ances houleuses. "On n'a pas eu le sentiment qu'il y avait du cĂŽtĂ© de cette majoritĂ© des leaders (mais) des gens qui Ă©taient plutĂŽt tĂ©tanisĂ©s", juge de son cĂŽtĂ© Denys Pouillard, directeur de l'observatoire de la vie politique et parlementaire. Issus en bonne partie "de la sociĂ©tĂ© civile", les dĂ©putĂ©s du groupe majoritaire pensaient selon lui "qu'au Parlement on pouvait obtenir des rĂ©sultats de la mĂȘme maniĂšre que dans une entreprise".


"Quand nous sommes arrivés au sein de l'Assemblée nationale (...) il y a eu une petite forme de frustration de ce qui n'avançait pas", concédait mardi le député REM de Paris Pierre Person. Ancien parti de gouvernement, les élus socialistes, réduits à 31 membres, se sont rebaptisés quant à eux "Nouvelle Gauche", tandis que Les Républicains, déjà embarrassés par l'entrée au gouvernement de trois de leurs membres, ont connu une scission avec la création d'un groupe LR-UDI-Constructifs.

En revanche Jean-Luc MĂ©lenchon, Ă  la tĂȘte d'un groupe de 17 dĂ©putĂ©s de La France insoumise, s'est rĂ©joui d'incarner l'opposition: "Si vous voulez ĂȘtre dans l'opposition maintenant, il faut faire au moins aussi bien que La France insoumise, ce qui pousse tout le monde Ă  radicaliser son discours", a-t-il lancĂ© la semaine derniĂšre.

- Report de vote et incidents -

Le rythme de travail imposĂ© par l'exĂ©cutif a Ă©tĂ© soutenu, permettant d'inscrire au bilan de cette session de six semaines deux projets phares d'Emmanuel Macron: l'habilitation Ă  rĂ©former le code du Travail par ordonnances, et la moralisation de la vie publique, dont le deuxiĂšme volet devrait ĂȘtre adoptĂ© mercredi. Le vote a Ă©tĂ© retardĂ© par le refus des sĂ©nateurs de droite d'entĂ©riner la suppression de la rĂ©serve parlementaire.

"On termine le travail jusqu'au bout quand on est Ă©lu", a rĂ©pondu Sacha HouliĂ©, vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e (REM), face aux protestations d'Ă©lus dĂ©putĂ©s frustrĂ©s de devoir retarder leurs vacances. Ultime accroc pour une session marquĂ©e par coups d'Ă©clat, coups de communication - notamment quand les Insoumis ont brandi le code du Travail ou des paquets de pĂątes pour illustrer leurs discours en sĂ©ance - et coups de chaud, comme quand des bĂȘlements moqueurs ont fusĂ© pendant l'intervention d'une dĂ©putĂ©e de la RĂ©publique en Marche.


"Cette Ă©quipe parlementaire (...) a fait le +taf+, et ces dĂ©putĂ©s mĂ©ritent le respect", s'est rĂ©joui mercredi le secrĂ©taire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner. L'heure est maintenant Ă  la prĂ©paration d'une rentrĂ©e parlementaire, en octobre aprĂšs le renouvellement partiel du SĂ©nat, qui s'annonce peut-ĂȘtre aussi houleuse.

Le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, visant à pérenniser certaines pratiques de l'état d'urgence, s'annonce déjà comme un temps fort. L'épreuve du feu sera le premier débat budgétaire, quelques mois aprÚs des coupes budgétaires sévÚres, dont le gouvernement Philippe a attribué la responsabilité à son prédécesseur.

AFP

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