Une personne avait été tuée

Fin des investigations sur l'attentat avorté de Villejuif en 2015

  • PubliĂ© le 16 aoĂ»t 2019 Ă  13:16
  • ActualisĂ© le 16 aoĂ»t 2019 Ă  13:25
Photo de Sid Ahmed Ghlam, prise le 20 avril 2015 et obtenue le 8 décembre 2015

Les juges chargĂ©s de l'enquĂȘte sur l'attentat avortĂ© de Villejuif le 19 avril 2015, qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  une jeune professeur de fitness, ont terminĂ© leurs investigations, a-t-on appris vendredi de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

Plus de quatre ans aprÚs les faits, les magistrats l'ont annoncé le 26 juillet aux parties, ouvrant un délai d'un mois pour leurs observations et pour les réquisitions du parquet national antiterroriste (PNAT).

Le PNAT doit dĂ©sormais donner son avis sur le renvoi ou non aux assises du principal suspect, Sid Ahmed Ghlam, et de sept hommes soupçonnĂ©s de lui avoir apportĂ© des armes ou du matĂ©riel et d'ĂȘtre liĂ©s, pour certains, Ă  la mouvance islamiste radicale. Avant la dĂ©cision finale du juge d'instruction et un procĂšs en 2020 ou 2021.

Sid Ahmed Ghlam, étudiant algérien alors ùgé de 23 ans et fiché S pour sa radicalisation, est soupçonné d'avoir voulu attaquer ce jour-là une église de Villejuif, au sud de Paris, à l'heure de la messe.

Mais, selon l'accusation, il a renoncĂ© Ă  son projet et appelĂ© les secours car il s'Ă©tait tirĂ© par accident une balle dans la jambe aprĂšs avoir tuĂ© AurĂ©lie ChĂątelain, croisĂ©e sur le parking oĂč il prĂ©parait son assaut.

Sid Ahmed Ghlam nie ce meurtre, assurant qu'elle a Ă©tĂ© tuĂ©e accidentellement par un mystĂ©rieux complice dont il est le seul Ă  affirmer l'existence. Une thĂšse jugĂ©e peu crĂ©dible par les enquĂȘteurs. Il affirme aussi s'ĂȘtre volontairement ravisĂ© et mutilĂ© pour empĂȘcher l'attentat.

Il a toutefois reconnu avoir été téléguidé par le groupe Etat islamique (EI): les policiers avaient rapidement décrypté ses échanges avec deux donneurs d'ordre de l'EI, Abou Moutana et Amirouche, qui lui donnaient pour instruction de trouver "une bonne église avec du monde".

Les enquĂȘteurs pensent que derriĂšre ces noms se cachent deux vĂ©tĂ©rans du jihad, visĂ©s depuis deux ans par des mandats d'arrĂȘt mais prĂ©sumĂ©s morts en zone irako-syrienne: Abdelnasser Benyoucef, entraĂźnĂ© par Al-QaĂŻda en Afghanistan et liĂ© au Groupe islamiste des combattants marocains (GICM), et Samir Nouad, considĂ©rĂ© comme l'un des donneurs d'ordre d'Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats du 13 novembre 2015.

Le nom de Fabien Clain, voix de la revendication du 13-Novembre, rĂ©putĂ© mort en fĂ©vrier en Syrie, est aussi apparu dans l'enquĂȘte.

Une question reste en suspens: la cible de Villejuif s'inscrivait-elle dans un vaste plan d'actions en Europe du groupe jihadiste, avant l'attaque d'un Thalys en août 2015 et les raids meurtriers du 13-Novembre dans la capitale et à Saint-Denis?

A l'époque des faits, la France était entrée depuis trois mois dans l'Úre de la menace jihadiste avec les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'Hyper Cacher en janvier.

AFP

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