Chantiers navals

Fincantieri-STX: rencontre franco-italienne pour tenter de "trouver un compromis"

  • PubliĂ© le 11 septembre 2017 Ă  06:07
Le "Symphony of the Sea", paquebot de croisiĂšre constuit par les chantiers navals STX France Ă  Saint-Nazaire, le 27 juillet 2017

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, rencontre lundi à Rome son homologue italien Pier Carlo Padoan pour tenter de "trouver un compromis" sur les chantiers navals de STX France, axé principalement sur une proposition d'alliance dans l'industrie navale militaire.


Alors que le dossier a créé cet Ă©tĂ© de vives tensions entre les deux capitales, le ton semble s'ĂȘtre apaisĂ©, mĂȘme si M. Padoan a soulignĂ© rĂ©cemment que l'Italie rĂ©clamait toujours 51% de STX France, chantier basĂ© Ă  Saint-Nazaire, dans l'ouest de la France.
Lors d'un déplacement en Italie le 2 septembre, M. Le Maire s'est dit confiant sur la possibilité de conclure un accord.

"Je suis toujours d'avis qu'une coopération entre la France et (le constructeur italien) Fincantieri reste la meilleure option pour Saint-Nazaire", a dit le ministre. "Nous devons résoudre certains problÚmes", mais "je suis profondément convaincu que si chacun est capable de faire un effort, nous trouverons un compromis avant la fin de septembre", a-t-il affirmé.

Le lendemain, M. Padoan s'est lui aussi dit "optimiste", en soulignant avoir d'"excellentes relations" avec M. Le Maire. Il a néanmoins indiqué que l'Italie n'avait "pas changé d'idée" concernant les 51% de STX. "Nous devrons voir maintenant s'il y a des propositions plus acceptables que celles faites jusqu'ici", a-t-il dit.

- 'Offre améliorée' -

Selon Emma Marcegaglia, la présidente de Business Europe, l'association des industriels européens, qui a déjeuné le 2 septembre avec M. Le Maire, Paris devrait proposer "une offre améliorée", avec "quelque chose sur la partie militaire".
La crise entre les deux pays est née avec la nationalisation "temporaire" fin juillet de STX France, pourtant promis à Fincantieri sous la présidence de François Hollande.

Son successeur Emmanuel Macron a dĂ©cidĂ© de rouvrir le dossier, estimant que l'accord n'Ă©tait "pas suffisamment protecteur des intĂ©rĂȘts industriels stratĂ©giques français". RĂ©visant le pacte d'actionnaires, il a proposĂ© Ă  l'Italie un accord 50-50, ce que Rome refuse.
Les deux capitales se sont donné jusqu'au 27 septembre, date d'un sommet entre M. Macron et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, pour tenter de trouver une solution "réciproquement acceptable".

Paris a évoqué l'idée d'un grand pÎle naval, civil et militaire, entre la France et l'Italie, pour faciliter un accord, ce à quoi le gouvernement italien s'est montré favorable. "Nous travaillons avec nos collÚgues italiens à la constitution d?une alliance entre les industries navales militaires française et italienne, dans le domaine des bùtiments de surface, avec l?ambition de constituer à terme un leader mondial", a expliqué mardi la ministre française des Armées Florence Parly.

"Ce projet ambitieux avance, en concertation étroite avec les industriels concernés", a-t-elle ajouté. On se dirigerait ainsi vers une alliance large entre Naval Group (ex-DCNS), STX France et Fincantieri, groupes représentant un chiffre d'affaires combiné de 9 milliards d'euros.

- 'Garde-fous' -

Mais Bruno Retailleau, le prĂ©sident de la rĂ©gion des Pays de la Loire oĂč est situĂ© STX France, a appelĂ© le gouvernement français Ă  "rĂ©sister aux pressions de l'Italie" et Ă  faire en sorte que "Fincantieri ne dispose pas de la majoritĂ© du capital". Il a Ă©galement demandĂ© que le pacte d'actionnaires "puisse intĂ©grer de solides garde-fous destinĂ©s Ă  sĂ©curiser l'emploi et le savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, comme ceux de ses sous-traitants, rendre impossibles contractuellement les dĂ©localisations de commandes et prĂ©server l'autonomie des chantiers navals en matiĂšre commerciale et de recherche et dĂ©veloppement".

Le président de la Confindustria (le patronat italien), Vincenzo Boccia, a de son cÎté souhaité que "prévale le bon sens et que la France devienne toujours plus européenne". "Nous, nous le sommes", a-t-il ajouté.

La presse italienne avait tiré à boulets rouges sur la France aprÚs l'annonce de la privatisation de STX, fustigeant le "protectionnisme" de Paris, alors que de nombreuses sociétés italiennes, comme Gucci, sont tombées dans l'escarcelle de groupes français ces derniÚres années.

"Je sais qu'il y a eu des malentendus durant les derniÚres semaines", a reconnu M. Le Maire. Mais "nous sommes totalement déterminés avec Pier Carlo à trouver une solution": l'Italie et la France "doivent travailler ensemble" et "renforcer leurs liens économiques", a-t-il martelé.

AFP

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