Freiné par l'inflation

France: l'Insee dévoile le niveau de la croissance au premier trimestre

  • PubliĂ© le 28 avril 2023 Ă  07:16
  • ActualisĂ© le 28 avril 2023 Ă  07:40
Ralentie Ă  nouveau par l'inflation, la croissance française devrait ĂȘtre modeste au premier trimestre

Le produit intérieur brut (PIB) de la France, dont l'évolution au premier trimestre sera dévoilée vendredi matin par l'Insee, devrait croßtre trÚs modestement, sa progression restant freinée par l'inflation qui rogne le pouvoir d'achat des ménages.

AprÚs une hausse de 2,6% du PIB sur l'ensemble de 2022, l'activité économique continuerait de résister et de croßtre légÚrement en début d'année 2023, malgré un sérieux coup de frein amorcé à la fin de l'an dernier et des grÚves à répétition contre la réforme des retraites.

En amont de cette premiÚre estimation de la croissance enregistrée en début d'année, l'Institut national de la statistique a dit tabler sur une timide hausse de 0,1% du PIB entre janvier et mars, identique à celle enregistrée au quatriÚme trimestre 2022.
Ce taux est un peu en deçà des prévisions plus optimistes de la Banque de France, qui a récemment relevé sa prévision de croissance de 0,1% à 0,2% pour les trois premiers mois de l'année.

Le dynamisme des investissements des entreprises explique pour une grande partie cette résistance de l'économie, alors que la consommation des ménages, traditionnel moteur de l'activité en France, reste dégradée, frappée de plein fouet par une inflation d'une ampleur inédite en prÚs de quatre décennies.

"L'économie est résiliente. Mais cela ne vient clairement pas de la consommation des ménages puisque les intentions d'épargne restent trÚs élevées et qu'on n'observe pas non plus un retrait des dépÎts pour financer la consommation", explique Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, interrogé par l'AFP.

Les ménages font toujours preuve d'un "pessimisme (...) trÚs important", souligne-t-il.

Pesant fortement sur la demande, l'inflation a atteint 5,7% en mars sur un an en France, et mĂȘme 15,9% pour les produits alimentaires, qui sont dĂ©sormais les premiers contributeurs Ă  la hausse des prix devant ceux de l'Ă©nergie. Ceux-ci se sont assagis aprĂšs la flambĂ©e provoquĂ©e par la guerre en Ukraine.

- Nuages -

L'Insee doit aussi donner vendredi une premiÚre estimation de l'inflation en avril, alors que le président Emmanuel Macron a prévenu que la situation resterait difficile "jusqu'à la fin de l'été" concernant les prix des produits alimentaires.

A contrario, les investissements des entreprises se seraient maintenus au premier trimestre, bénéficiant encore "d'importantes lignes de crédit" auprÚs des banques, selon M. Darmet.

Il cite également le soutien budgétaire de l'Etat ainsi que l'accroissement des stocks pour faire face à d'éventuelles adversités futures.

L'activité économique française risque toutefois de voir les nuages s'amonceler les mois suivants.

Les économistes citent une conjugaison de facteurs: prix alimentaires restant à des niveaux élevés malgré une accalmie possible de l'inflation dÚs mi-2023, ralentissement économique mondial, assÚchement du crédit sous l'effet de la remontée des taux décidée par la Banque centrale européenne, crise énergétique qui pourrait revenir sur le devant de la scÚne avec le retour de l'hiver...

"CĂŽtĂ© entreprises, le choc des prix de l'Ă©lectricitĂ© commence seulement Ă  se voir", souligne Denis Ferrand, directeur gĂ©nĂ©ral de Rexecode. Et pour les mĂ©nages, "la perte de pouvoir d'achat a jusqu’à prĂ©sent Ă©tĂ© masquĂ©e par l'intervention publique".

L'Insee n'a pas encore fourni de prévision de croissance pour l'ensemble de l'année 2023.

Désormais engagé dans une stratégie de moindre dépense publique pour réduire l'endettement public de la France, le gouvernement prévoit une hausse de 1% du PIB sur l'année.

Il est plus optimiste que le Fonds monétaire international (0,7%) ou la Banque de France (0,6%).

AFP

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