L'action Mitsubishi Motors s'orientait vers un plongeon de 20% jeudi à la Bourse de Tokyo, tandis que le ministÚre des Transports perquisitionnait des locaux du groupe au lendemain de l'aveu de manipulations de données sur 625.
000 mini-automobiles.Les investisseurs craignent qu'un nombre plus important de voitures soient concernées par le maquillage des performances énergétiques.
"C'est une affaire extrĂȘmement sĂ©rieuse", a dĂ©clarĂ© le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, qui, lors de son point de presse matinal, a exigĂ© du constructeur "des explications".
Les services chargés du secteur de l'automobile au ministÚre des Transports "sont entrés ce matin peu aprÚs 9H20 (00H20 GMT) dans un Centre technique du groupe Mitsubishi Motors dans la préfecture d'Aichi (centre)", a déclaré à l'AFP un fonctionnaire.
A la mi-journĂ©e, le cours de l'action Mitsubishi Motors n'Ă©tait toujours pas calculĂ©, Ă cause d'un trop grand volume de requĂȘtes, mais il se dirigeait vers une trĂšs lourde perte de 150 yens (-20,46%), le recul maximum autorisĂ© pour la journĂ©e, selon les prix auxquels Ă©taient affichĂ©s les ordres d'achat et de vente.
Il avait déjà lùché 15% la veille alors que circulaient des informations sur la tenue d'un point de presse pour avouer des fraudes.
De fait, mercredi aprÚs la fermeture du marché, le PDG de Mitsubishi Motors a avoué un embellissement intentionnel des performances énergétiques de plusieurs modÚles de véhicules vendus au Japon, dont deux commercialisés par son compatriote Nissan dans le cadre d'un accord de partenariat entre les deux groupes. L'écart entre la consommation réelle et celle déclarée serait de l'ordre de 5 à 10% du fait d'une fraude sur les chiffres relatifs aux pneus.
L'aveu a été fait aprÚs un constat de Nissan selon lequel les performances affichées et celles mesurées ne correspondaient pas.
Le titre Nissan, lui, ne souffrait pas, il profitait au contraire de la bonne orientation du marché et gagnait 2,26% à 1.039 yens.
Des investigations plus poussĂ©es vont ĂȘtre menĂ©es en interne, portant notamment sur d'autres voitures commercialisĂ©es hors de l'archipel.
Mitsubishi Motors venait récemment de solder les derniÚres traces dans ses finances d'un scandale du début des années 2000: il avait alors sciemment contourné la loi sur les rappels et n'avait pas fait revenir au garage des véhicules dont il connaissait pourtant les défauts.
Le groupe s'est relevé grùce à l'intervention des entreprises de la galaxie Mitsubishi qui lui ont apporté des fonds. Il avait alors publiquement promis de se doter d'une meilleure gouvernance et d'appliquer des contrÎles plus stricts, ce dont doutent aujourd'hui les investisseurs.
Par Virginie MONTET - © 2016 AFP
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