Relations internationales

G7: Macron chez Trudeau pour faire front commun face Ă  Washington

  • PubliĂ© le 7 juin 2018 Ă  00:55
  • ActualisĂ© le 7 juin 2018 Ă  06:11
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau accueille le Président français Emmanuel Macron à Ottawa au Canada, le 6 juin 2018

Des discussions "difficiles" avec les États-Unis sont Ă  prĂ©voir au sommet du G7, qui s'ouvre vendredi au QuĂ©bec, a prĂ©venu mercredi le Canadien Justin Trudeau, qui veut afficher avec Emmanuel Macron un front commun dans la guerre commerciale opposant Washington Ă  ses alliĂ©s.


Le prĂ©sident français, arrivĂ© Ă  Ottawa peu aprĂšs 15H00 (19H00 GMT), doit retrouver le Premier ministre canadien pour resserrer leurs liens et "aligner" leurs positions face au prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump dont les mesures protectionnistes fracturent dĂ©jĂ  le G7."Il va y avoir des conversations franches et parfois difficiles autour de la table du G7, particuliĂšrement avec le prĂ©sident amĂ©ricain sur le commerce, sur les tarifs" douaniers imposĂ©s notamment Ă  l'UE, le Canada et le Japon, a averti M. Trudeau, dont le pays exporte Ă  plus de 70% vers les États-Unis.

"L'ordre Ă©conomique mondial est sous attaque", a mĂȘme lancĂ© le ministre canadien du Commerce international François Philippe Champagne. Le principal conseiller Ă©conomique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a voulu apaiser les esprits en Ă©voquant de simples "diffĂ©rends commerciaux". "Il peut y avoir des dĂ©saccords, comme lors d'une querelle familiale", a-t-il dit.

Dirigeants de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration (40 et 46 ans), chantres du libre-Ă©change et du multilatĂ©ralisme, MM. Trudeau et Macron veulent accorder leurs violons avant le dĂ©but des hostilitĂ©s.Ils doivent se retrouver Ă  16H00 (20H00 GMT) au Parlement fĂ©dĂ©ral d'Ottawa pour une sĂ©ance de travail Ă  deux, suivie d'un entretien Ă©largi avec cinq ministres, avant de retrouver leurs Ă©pouses Brigitte Macron et Sophie GrĂ©goire Trudeau pour un dĂźner privĂ© dans un chalet en bois, au bord d'un lac.

Lors de cette premiĂšre session de travail, ils Ă©voqueront les relations bilatĂ©rales "qui vont trĂšs bien" et souligneront "les dĂ©fis que l'on va avoir autour de la table du G7 pour ĂȘtre sĂ»r que l'on soit alignĂ©s", a observĂ© Justin Trudeau.Ils auront ensuite l'occasion d'exposer leurs convergences de vue jeudi matin lors d'une confĂ©rence de presse.

- Grande déception -

L'Union europĂ©enne et le Canada avaient dans un premier temps obtenu un sursis mais Ă  leur grande dĂ©ception, Donald Trump leur a finalement appliquĂ© les mĂȘmes taxes qu'aux autres.Depuis vendredi, EuropĂ©ens et Canadiens ont durci le ton face Ă  Washington.
Emmanuel Macron a assuré qu'il "aura de nouveau au G7 une discussion utile et franche avec le président Trump". "Cela n'enlÚve rien à l'amitié que nous avons l'un pour l'autre et à l'amitié qui lie nos deux pays", a-t-il souligné.

Justin Trudeau avait lui aussi joué la carte de la cordialité avec son grand voisin et assurait en mars que le président américain lui avait promis d'épargner les Canadiens. Il est passé à l'attaque en annonçant des taxes de 16,6 milliards de dollars canadiens (11 milliards d'euros) sur des produits américains.

Autre pomme de discorde entre Ottawa et Washington, l'avenir de l'accord de libre-Ă©change nord-amĂ©ricain (AlĂ©na) qui lie Canada, Etats-Unis et Mexique : Washington envisage dĂ©sormais des nĂ©gociations sĂ©parĂ©es. Justin Trudeau y est opposĂ©, se disant "convaincu que l'AlĂ©na est extrĂȘmement positif".

- "G6 + 1" -

Le prĂ©sident français se rendra ensuite Ă  MontrĂ©al pour rencontrer le Premier ministre quĂ©bĂ©cois Philippe Couillard, avec qui il devrait notamment parler francophonie, intelligence artificielle et Ă©changes commerciaux et culturels.Il poursuivra vers La Malbaie, petite ville Ă  140 km de QuĂ©bec surplombant le fleuve Saint-Laurent, oĂč se dĂ©roule vendredi et samedi, dans un grand hĂŽtel ultra-sĂ©curisĂ©, le sommet du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie et Japon).

Le sommet risque aussi de refléter l'isolement de Washington sur plusieurs autres fronts, comme le multilatéralisme et la lutte contre le réchauffement climatique.Les Européens sont également irrités et inquiets de la décision américaine de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, en faisant pression sur leurs entreprises pour qu'elles quittent l'Iran.

Au-delà des thÚmes officiels prévus (croissance inclusive, avenir du travail et du commerce, paix et sécurité, égalité femmes-hommes, changement climatique), la difficulté sera de tomber d'accord sur un communiqué final avec les Etats-Unis.
Déjà en 2017, lors du précédent G7 en Italie, les Etats-Unis avaient refusé de signer la déclaration finale pour cause de retrait de l'accord de Paris sur le climat. Ils ont aussi refusé de signer la déclaration finale de la réunion annuelle de l'OCDE, la semaine derniÚre à Paris, rejetant les négociations multilatérales jugées inefficaces.

Le G7 Finances, tenu en fin de semaine derniÚre, n'a pas non plus donné lieu à une déclaration commune, prenant des airs de "G6 + 1", selon le ministre français des Finances Bruno Le Maire.

 AFP

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