Prix réduits, dons aux associations... Les principaux distributeurs ont lancé lundi un "observatoire de la lutte contre le gaspillage alimentaire" pour mesurer et "accélérer" leurs efforts, tout en promouvant certaines "pistes d’améliorationé, notamment sur les dates limites indicatives de consommation.
Ce "nouvel outil" a été présenté lundi à la presse par la FCD (Fédération du commerce et de la distribution), organisation patronale, et Perifem, fédération technique réunissant les distributeurs autour des questions environnementales, à la veille de la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture.
Ses premiers résultats, tirés des données de "138 magasins issus de 10 enseignes" (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché, etc.) témoignent d’un "fort engagement des équipes en magasin", jugé stable ou en progression sur un an par "94% des répondants", selon l’observatoire.
Le taux moyen de casse nette (marchandises non vendues hors dons, paniers anti-gaspillage, etc.) atteint en moyenne 0,71% du chiffre d’affaires alimentaire, parmi les 44 magasins ayant renseigné cet indicateur que l’observatoire veut ériger en référence du secteur.
Sur le terrain, les solutions citées comme les "plus efficaces" concernent les outils de gestion de commandes (qui permettent d’ajuster les quantités aux ventes attendues), et la réduction des prix sur les produits à vendre rapidement (car bientôt périmés) dans un espace dédié.
Autre levier, le don aux associations, 'très largement déployé" mais dont le "potentiel peut encore être renforcé ". Plus de 9 magasins sur 10 revendiquent au moins un partenariat avec une association pour l’aide alimentaire aux personnes, mais 4 sur 10 déclarent avoir parfois dû détruire des denrées encore consommables faute de solution de collecte.
En cause, "la fréquence des ramassages, les week-ends et jours fériés, l’absence de véhicules adaptés ou encore l’indisponibilité d’associations", relèvent la FCD et Perifem, qui suggèrent notamment de mutualiser les tournées.
Plus généralement, les distributeurs appellent à élargir la liste des produits exemptés de date de durabilité minimale (DDM, après laquelle un produit peut perdre ses qualités gustatives ou nutritives mais reste consommable sans risque, à ne pas confondre avec la date limite de consommation DLC) via une "action collective à l’échelle européenne".
"Nous avons à plusieurs reprises sollicité le ministère de l’Agriculture et les services de la Commission européenne afin d’élargir" cette liste car "trop de produits encore parfaitement consommables sont aujourd’hui jetés par confusion avec la DLC", a rappelé à l’AFP Emilie Tafournel, directrice qualité au sein de la FCD.
"Quand les consommateurs voient que (cette) date est dépassée, ils ont peur", a abondé devant la presse Bertrand Swiderski, président de Perifem.
Le gaspillage alimentaire représentait 3,8 millions de tonnes de déchets en France en 2023, dont 8% sont attribués à la grande distribution, loin derrière les ménages (35%) ou encore la production agricole (26%), selon des données d’Eurostat.
Dans un communiqué publié lundi, l’application spécialisée dans la valorisation des invendus alimentaires Too Good To Go affirme que les "derniers résultats officiels (...) montrent une stabilisation des volumes jetés en France en 2024 par rapport à 2023", avec "122 kg de nourriture encore consommable" jetés "chaque seconde".
"Les efforts se maintiennent malgré les crises" mais "ne suffisent pas encore", estime l’entreprise.
AFP
