Ce mardi 29 septembre 2026, enseignants, soignants, fonctionnaires des impôts ou simple citoyen descendent dans la rue. Gel du point d’indice, potentiel retour des jours carence, conditions de travail dégradées… La liste des raisons de la colère des agents de la fonction publique est longue. La vie est toujours plus chère avec un salaire qui ne suit pas, tandis que de son côté, l'État prévoit de nouvelles coupures dans le budget 2027 qui sera débattu à l'Assemblée ce jeudi. "Ça suffit, on ne peut pas continuer", scandent les syndicats (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
À La Réunion, l’ensemble des syndicats de la fonction publique et ses trois versants affichent un front uni. Ils s'attendent "à une grosse mobilisation de la part de l'intersyndicale de la fonction publique".
Pas de défilé dans les rues du chef-lieu mais un rendez-vous fixé ce mardi 29 septembre à partir de 9 heures devant la préfecture à Saint-Denis et à la même heure dans les jardins de la plage à Saint-Pierre.

L’intersyndicale de France Travail appelle les personnels à participer à la mobilisation de la fonction publique et des services publics du mardi 29 septembre.
Tous espèrent que la mobilisation sera importante et que la population se joindra au mouvement. "Si l'on appauvri le service public, c'est toute la société qui va en prendre un coup", lance Alain Puelle, représentant local de la CFTC.
- Au cœur de la contestation, les salaires -
Près d’1 million d’agents voient aujourd’hui leur salaire rattrapé, voire dépassé, par le SMIC. Pendant ce temps, les conditions de travail se dégradent, les recrutements deviennent de plus en plus difficiles, et les risques psychosociaux explosent.
Les syndicats dénoncent le gel du point d’indice des fonctionnaires prévu dans le budget 2027, alors que l’inflation pèse sur le pouvoir d’achat.
Ce qu'ils réclament, une refonte des grilles pour permettre de vraies carrières, hors du niveau SMIC, le rétablissement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat, le maintien à 100% du salaire en cas de maladie ordinaire, et la fin du jour de carence mais surtout des moyens à la hauteur des besoins des services publics.
Des revendications vieilles de plusieurs années, mais auxquels les gouvernements successifs semblent sourds.
- Des conditions de travail jugées de plus en plus difficiles -
Pour les syndicats, la situation sur le terrain est préoccupante. Ils font état d’une perte de sens, d’un manque de repères et d’une confiance dégradée quant à l’avenir.
"Est-ce que l'on peut demander des économies dans les services publics à La Réunion, sans en parallèle dégrade davantage le service rendu", déclare le représentant de la CFTC.
Travaillant dans le secteur hospitalier il le dit, "aujourd'hui il manque très réellement du personnel hospitalier dans tout son ensemble, que ce soit médical, soignant, administratif".
Les syndicats ajoutent : "que ce soit dans l'hôpital, que ce soit dans l'enseignement, que ce soit dans la police, que ce soit dans les collectivités, aujourd'hui, on a besoin de personnes pour pouvoir travailler".
- "On ne peut plus attendre" -
"Aujourd'hui, on est dans l'urgence absolue. Tous les jours, quand vous voyez des familles qui n'arrivent pas, encore une fois, à joindre les deux bouts, quand vous voyez des personnes, des jeunes, des adultes qui vont chercher à manger dans les centres communaux, ce n'est pas normal", lance Alain Puelle.
Et même si les présidentielles arrivent à grands pas, "aujourd'hui, on ne peut plus attendre", dit-il.
À La Réunion, 86.500 agents travaillent dans les trois versants de la fonction publique, selon les dernières données départementales de l'Insee disponibles.
- Vers une convergence des luttes à La Réunion ? -
À La Réunion, un autre sujet pourrait venir nourrir la mobilisation : la hausse du prix des carburants attendue à compter de ce jeudi 1er octobre.
Huit ans après le mouvement des Gilets jaunes, la colère contre la vie chère pourrait-elle de nouveau gagner les rues de La Réunion ? Sur les réseaux sociaux, un appel à la mobilisation circule.
En novembre 2018, le mouvement des Gilets jaunes, avait paralysé l'île pendant près de deux semaines.
Pour l'heure, difficile de mesurer l'ampleur que prendra le mouvement, dont l'organisation et les initiateurs restent encore flous.
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