A quelques semaines de Noël, et aprÚs un deuxiÚme week-end de manifestations des "gilets jaunes" qui a de nouveau fortement perturbé l'activité économique du pays, patrons, commerçants et artisans pressaient lundi le gouvernement de prendre des mesures rapides pour les soutenir.
Une réunion est organisée à 16H00 à Bercy avec des organisations patronales, des fédérations de commerçants et d'artisans, d'assureurs et de banques, d'hÎteliers et de restaurateurs... Ce sera l'occasion de mesurer "l'impact sur les ventes actuelles et notre économie" des manifestations, et de voir "les conséquences qu'il faut en tirer?, a assuré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dimanche sur BFMTV.
Le ministre a précisé qu'il demanderait aux assureurs et à la Banque publique d'investissement (Bpifrance) d'envisager une prise en charge des pertes de chiffre d'affaires des commerçants pénalisés par les blocages. Le Medef a d'ores et déjà demandé au gouvernement de "réactiver rapidement la cellule de continuité économique" (CCE) pour soutenir les entreprises pénalisées par le mouvement des "gilets jaunes".
La CCE, activée en cas d'événement ayant un fort impact sur l'activité, réunit les représentants de l'ensemble des secteurs économiques et les services de l'Etat.
Elle permet le cas échéant d'informer les acteurs économiques des mesures prises pour limiter les conséquences immédiates d'une crise pour les entreprises, comme l'étalement des échéances fiscales et sociales.
- Manque de produits frais -
"Entre les magasins bloqués ou à l'accÚs filtré, les clients qui n'osent plus venir en magasin et les produits qui manquent, la situation est trÚs sérieuse", a affirmé pour sa part à l'AFP Jacques Creyssel, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), citant le Midi, la Normandie et l'Est comme autant de zones trÚs compliquées.
Tous les échos qui remontent à la FCD font état "encore une fois", d'une "trÚs forte baisse du chiffre d'affaires ce week-end" - les chiffres précis n'étant pas encore disponibles - avec "de plus en plus de problÚmes d'approvisionnement". "Il y a des entrepÎts bloqués depuis plusieurs jours, de moins en moins de camions qui peuvent approvisionner les magasins en produits frais, notamment dans le sud", a-t-il ajouté.
La FCD demande Ă nouveau que les forces de l'ordre puissent libĂ©rer totalement l'accĂšs aux magasins et entrepĂŽts, "car cela fait neuf jours Ă prĂ©sent, les consĂ©quences Ă©conomiques sont extrĂȘmement dures, ça ne peut pas durer", a insistĂ© Jacques Creyssel.
- AccĂšs difficile aux chantiers -
Le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) a fait état quant à lui dans un communiqué d'une "baisse (de leur fréquentation, ndlr) de 9% sur l'ensemble du week-end dont, 15% le samedi, jour traditionnellement de plus forte affluence avec une grande disparité entre l'Ile-de-France et les autres régions". "Les blocages des routes et ronds-points a en effet fortement pénalisé en province les centres périphériques uniquement accessibles en voiture", précise le CNCC, en rappelant que l'an dernier, le week-end de promotions dit du "Black Friday" avait généré une hausse de fréquentation de 8%.
Artisans, commerçants et professions libĂ©rales alertent Ă©galement sur l'impact du mouvement des "gilets jaunes" sur leur activitĂ©. "On a un certain nombre de collĂšgues qui sont pĂ©nalisĂ©s par le mouvement, par exemple dans le bĂątiment, oĂč certaines entreprises ont du mal Ă accĂ©der aux chantiers", a ainsi soulignĂ© Ă l'AFP Alain Griset, prĂ©sident de l'U2P (Union des entreprises de proximitĂ©).
"Si le mouvement se poursuit, ça va mettre en danger un certain nombre d'entreprises", a-t-il ajouté. Or "on va rentrer dans la derniÚre ligne droite des préparations de Noël. C'est un moment trÚs important pour les commerçants", qui réalisent parfois en décembre "un double mois" en termes de chiffre d'affaires, a-t-il rappelé.
M. Griset, qui sera présent à la réunion à Bercy et pour qui "il faut absolument que le gouvernement propose des solutions", réclame notamment "un étalement du paiement des cotisations sociales" et le "soutien des banques" aux entreprises concernées.
AFP
