Herbicides

Glyphosate: une famille de l'IsĂšre porte plainte contre Monsanto

  • PubliĂ© le 4 octobre 2017 Ă  15:02
  • ActualisĂ© le 4 octobre 2017 Ă  15:33
Pris en photo à Paris le 23 décembre 2014, Maßtre William Bourdon du barreau de Paris conseille la famille Grataloup qui va porter plainte contre Monsanto

Un couple de l'IsÚre a annoncé mercredi porter plainte contre des fabricants d'herbicides à base de glyphosate, dont le géant américain Monsanto, que les parents rendent responsables du handicap de leur fils de 10 ans.


"Nous allons porter plainte. Ça devrait ĂȘtre fait d'ici une quinzaine de jours", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP le pĂšre du petit ThĂ©o, Thomas Grataloup, affirmant qu'il s'agit d'"une premiĂšre" pour ce type de pathologie. "On n'a pas encore tranchĂ© si cela doit ĂȘtre fait au civil ou au pĂ©nal", a-t-il ajoutĂ©.

Cette procédure devant les juridictions françaises contre les fabricants, dont le groupe Monsanto, "aura pour objet que soit établie leur responsabilité respective dans les malformations congénitales étant à l'origine des préjudices de Théo et de ses parents", ont indiqué mercredi les conseils de la famille, Mes William Bourdon, Amélie Lefebvre et Bertrand Repolt du barreau de Paris, dans un communiqué.

Les avocats relÚvent que "si l'atrésie de l'oesophage est une malformation jusqu'ici considérée comme rare, sa survenance aprÚs une exposition au glyphosate n?est pas inédite ni isolée. Au cas de Théo Grataloup s'ajoute un autre cas similaire, déjà connu, en Argentine".

Ils attendent de la justice française "qu'elle reconnaisse ce lien de causalitĂ© pour eux-mĂȘmes, mais aussi pour toutes les autres familles qui subissent aussi de trĂšs lourds prĂ©judices". En aoĂ»t 2006, en dĂ©but de grossesse, Sabine Grataloup a inhalĂ© du Glyper, un gĂ©nĂ©rique du Roundup de Monsanto, alors qu'elle Ă©pandait une carriĂšre d'Ă©quitation familiale situĂ©e en IsĂšre. ThĂ©o est nĂ© ensuite avec de graves malformations de l'oesophage et du larynx. Le garçonnet, qui respire depuis grĂące Ă  une trachĂ©otomie, va bientĂŽt subir sa 52e opĂ©ration.

"Ça s'est passĂ© quand mon Ă©pouse Ă©tait enceinte de trois ou quatre semaines, sans encore le savoir, quand prĂ©cisĂ©ment la trachĂ©e et l'oesophage se sĂ©parent chez le foetus. C'est Ă  ce moment lĂ  que ça s'est mal fait", a poursuivi M. Grataloup, prĂ©cisant que son Ă©pouse ne "portait pas de protection".

"C'était marqué (sur les bidons) qu'il ne fallait pas respirer les vapeurs mais il n'y avait aucune information, - et il n'y en a toujours pas - sur le caractÚre tératogÚne du produit (ndlr: susceptible de créer des malformations)", a-t-il encore indiqué.

Le renouvellement de la licence dans l'UE du glyphosate, l'un des herbicides les plus utilisĂ©s dans le monde, accusĂ© d'ĂȘtre cancĂ©rogĂšne, fait l'objet d'une fĂ©roce bataille Ă  Bruxelles. Son autorisation actuelle s'achĂšve fin dĂ©cembre.
Le comitĂ© d'experts chargĂ© du dossier, oĂč siĂšgent des reprĂ©sentants des Etats membres, se rĂ©unit jeudi et vendredi Ă  Bruxelles.

Aucun vote n'est attendu pour le moment, les positions des Etats membres restant trop floues. A ce jour, la France est l'un des seuls pays, avec l'Autriche et l'Italie, à s'opposer publiquement à la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence du produit.
Le gouvernement français s'est cependant dit ouvert à une période d'autorisation réduite, à cinq ou sept ans par exemple.

AFP

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