France

GM&S: Une centaine de salariés bloquent un site de Renault dans l'Yonne

  • PubliĂ© le 18 juillet 2017 Ă  13:35
Des salariés de l'équipementier automobile GM&S devant le site de Renault à Villeroy, dans l'Yonne, le 18 juillet 2017

Plus d'une centaine de salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S bloquaient mardi matin un site du constructeur automobile Renault à Villeroy (Yonne), à la veille d'une audience cruciale pour la reprise de l'entreprise en liquidation judiciaire, a constaté un photographe de l'AFP.


ArrivĂ©s dans deux autocars et plusieurs voitures depuis leur usine de La Souterraine (Creuse), les salariĂ©s ont Ă©tĂ© accueillis aux alentours de 09H00 (11h00 Ă  La RĂ©union) par des reprĂ©sentants de la CGT dĂ©partementale. Les grilles de l'entreprise, une plateforme logistique de piĂšces dĂ©tachĂ©es et oĂč les employĂ©s ont embauchĂ© normalement en dĂ©but de matinĂ©e, ont Ă©tĂ© fermĂ©es et aucun camion ne rentrait, ni ne sortait, selon un photographe sur place.

Les salariés réclament notamment un "effort supplémentaire" de la part du constructeur automobile qui s'est pour l'heure engagé à hauteur de 10 millions d'euros de commandes dÚs 2018, a déclaré à l'AFP Jean-Marc Ducourtioux, élu CGT et représentant des salariés au CE. "Nous voulons que Renault reviennent à la table des négociations et remette du chiffre d'affaires", a-t-il expliqué, joint par téléphone.

Les salariés continuent aussi de réclamer plus d'emplois sauvegardés, dans le cadre du plan de reprise proposé par l'emboutisseur GMD -- qui entend conserver 120 salariés sur 277 -- et une indemnité de licenciement supra-légale pour les licenciés.
La CGT Métallurgie a appelé toute la filiÚre automobile à une heure de grÚve mardi pour soutenir les salariés de GM&S et dénoncer la "désindustrialisation sans précédent" de la filiÚre automobile française. Les représentants CGT de GM&S avaient annoncé dÚs samedi vouloir bloquer un site de Renault ou PSA, ses principaux clients, comme ils l'avaient fait début juillet dans l'Allier.

Lundi, la pression est montĂ©e d'un cran entre l'Etat et PSA. Le gouvernement a accusĂ© le constructeur automobile de ne pas ĂȘtre prĂȘt Ă  investir pour sauver le site, comme le rĂ©clame GMD, l'unique repreneur potentiel, qui estime indispensable un investissement de 15 millions d'euros pour moderniser le site.

L'Etat et le constructeur Renault se sont engagés à apporter chacun cinq millions d'euros. PSA a démenti tout désengagement et rappelé que le groupe s'était engagé durant les discussions à contribuer à hauteur de quatre millions d'euros à la modernisation du site, pour lui permettre de s'équiper.

"Ce petit jeu du chat et de la souris entre le gouvernement et le constructeur est un peu déplacé par rapport à l'angoisse de ces familles de La Souterraine qui attendent des choses concrÚtes", à savoir "du travail, des investissements et un projet pour l'avenir", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, interrogé mardi sur France 2.

L'offre de reprise de GMD doit ĂȘtre examinĂ©e mercredi par le Tribunal de Commerce de Poitiers, qui doit annoncer sa dĂ©cision vendredi.
 

AFP

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