Au moins cinq personnes ont été tuées à Goma et une cinquantaine d'autres blessées, dans l'est de la République démocratique du Congo, au deuxiÚme jour de manifestations contre la mission des Nations unies, accusée d'inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés, a-t-on appris de source officielle.
"Au moins cinq morts, une cinquantaine de blessés", a écrit sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement promettant de revenir dans une conférence de presse conjointe avec le chef adjoint de la Mission de l'ONU "sur le bilan humain, matériel, ainsi que les conséquences à tirer" de ces manifestations.
Selon un correspondant de l'AFP sur place, une balle a apparemment Ă©tĂ© tirĂ©e vers 11H00 (09H00 GMT) de l'intĂ©rieur de la base logistique de la Monusco (Mission de l'ONU en RDC) Ă Goma et a atteint un jeune manifestant Ă la tĂȘte. Une ambulance de l'armĂ©e congolaise est ensuite passĂ©e prendre le corps, selon ce correspondant.
TÎt le matin, des centaines de manifestants ont envahi les abords de la base logistiques de la Monusco et ont attaqué le camp de transit de la mission situé hors du centre ville de Goma, capitale de la province troublée du Nord-Kivu.
"Nous ne voulons plus de la Monusco", "bye bye Monusco", affirmaient des affiches de cette "campagne" anti-mission onusienne en RDC. Les forces de sécurité congolaises contenaient la foule aux abords de la base logistique. "Nous confirmons avoir reçu 28 blessés par balles hier et ce matin nous venons de recevoir 8 blessés par balles. Certains sont dans un état critique. Mais nous n'avons pas encore enregistré de mort chez nous", a déclaré à l'AFP Serge Kilumbiro, chargé de l'administration de l'hÎpital CBCA Ndosho.
- Beni et Butembo paralysées -
A Beni, ville située à 350 km au nord de Goma dans le Nord-Kivu (est), les activités étaient paralysées par des manifestants anti-Monusco.
Dans plusieurs quartiers, des pneus sont brĂ»lĂ©s. Des stations services sont fermĂ©es ainsi que les magasins et marchĂ©s. Des militaires sont dĂ©ployĂ©s sur la route nationale N°4 qui conduit vers la base locale de Monusco dans la ville. La situation Ă©tait la mĂȘme Ă Butembo, important carrefour commercial du Nord-Kivu oĂč les activitĂ©s Ă©taient paralysĂ©es.
Devant une base de la Monusco, des manifestants ont été dispersés par les forces de sécurité, selon des témoins.
Lundi, des centaines des manifestants avaient pris d'assaut le quartier général de la Monusco à Goma et sa base logistique en exigeant le départ des Casques bleus de la RDC.
Ces manifestants ont ensuite cassĂ© des vitres, des murs et pillĂ© des ordinateurs, des chaises, des tables et des objets de valeur. "La Monusco dĂ©nonce vigoureusement lâattaque de ses locaux Ă Goma, dans le Nord-Kivu, perpĂ©trĂ©e par un groupe de pilleurs en marge dâune manifestation qui, de surcroĂźt, a Ă©tĂ© interdite par le maire de la ville de Goma", avait alors Ă©crit la mission dans un communiquĂ©.
Le gouvernement congolais avait aussi condamnĂ© "toute forme dâattaque contre le personnel et les installations des Nations Unies", selon M. Muyaya en promettant que "les responsables seront poursuivis et sĂ©vĂšrement sanctionnĂ©s".
Présente en RDC depuis 1999, la Monuc (Mission de l'ONU au Congo) qui est devenue la Monusco (Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC) en 2010, compte actuellement plus 14.000 soldats de la paix.
AFP




