4eĂšme jour de la mobilisation

Guadeloupe : manifestation et des routes bloquĂ©es contre l'obligation vaccinale des soignants

  • PubliĂ© le 19 novembre 2021 Ă  05:35
  • ActualisĂ© le 19 novembre 2021 Ă  06:56
Blocage de routes en Guadeloupe pour protester contre l'obligation vaccinale le 17 novembre 2021

La Guadeloupe a continué jeudi à voir ses routes, tout comme l'accÚs au CHU, bloquées par des manifestants lors du quatriÚme jour d'une mobilisation lancée par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes pour protester contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19.

Sur les barrages, qui se lÚvent ou se renforcent selon les lieux, des voix s'élÚvent pour contester la méthode. "Je n'ai pas pu rallier mon lieu de travail", raconte à l'AFP le docteur Tania Foucan, médecin au CHU de Guadeloupe. "Je ne sais pas qui va gérer mes consultations ce matin", écrit-elle sur les réseaux sociaux.

Peu avant 06H00 (11H00 à Paris), la route devant le CHU de Guadeloupe était bloquée dans les deux sens par des pneus érigés en barriÚre tenue par une "trentaine de manifestants, la plupart cagoulés", a constaté une vidéaste de l'AFP.

La barriĂšre a Ă©tĂ© plusieurs fois dĂ©montĂ©e par les forces de l'ordre et remontĂ©e par les manifestants avant d'ĂȘtre enflammĂ©e sur l'un des deux axes. Le feu a ensuite Ă©tĂ© Ă©teint, la route a Ă©tĂ© dĂ©bloquĂ©e et la circulation a repris. Cependant, sur le piquet de grĂšve du CHU, les seuls vĂ©hicules autorisĂ©s Ă  entrer sont les ambulances.

"Certains de nos patients doivent monter Ă  pied, mĂȘme ceux de pathologies coronariennes", souligne le Dr Foucan. "La situation est compliquĂ©e au CHU de Guadeloupe. Les barrages, les suspensions, les arrĂȘts maladie mais aussi le blocage et les manifestations devant l'hĂŽpital etc, perturbent le bon dĂ©roulement des soins (...) les chimiothĂ©rapies par exemple n'ont pas pu ĂȘtre administrĂ©s aujourd'hui. Les mĂ©decins ne peuvent rallier leur poste", explique Ă  l'AFP CĂ©dric Zolezzi, DG adjoint du CHU de Guadeloupe.

"Il y a du filtrage Ă  l'entrĂ©e, notamment pour les internes dont certains sont empĂȘchĂ©s de passer. L'un d'entre eux a mĂȘme Ă©tĂ© agressĂ© par une personne cagoulĂ©e", assure le DG adjoint qui dĂ©clare qu'"Il n'y a pas de dialogue possible".

La rectrice de rĂ©gion acadĂ©mique, Christine Goff-Ziegler, a Ă©galement condamnĂ© jeudi dans un communiquĂ© "l’ensemble des actes de vandalisme et les entraves Ă  la circulation" ou "Ă  l’accĂšs des Ă©tablissements", dont les Ă©lĂšves "sont les premiĂšres victimes".

- "Les gens ont besoin de travailler" -

Sur les autres axes routiers, y compris dans les petites routes des Grands Fonds, dans la campagne guadeloupéenne, des barrages bloquent le passage.

Nombre d'entre eux ont Ă©tĂ© dĂ©montĂ©s, "par des riverains ou des automobilistes", a constatĂ© Steve Salim, entrepreneur spĂ©cialisĂ© dans les circuits courts agricoles. "Il y a de nombreux points routiers oĂč il n'y a personne sur les barrages", raconte-t-il.

L'entrepreneur, qui sillonne l'ßle pour assurer la livraison de ses paniers de légumes, n'a pas pu travailler normalement aujourd'hui: "C'est une grosse perte, 60 paniers me restent sur les bras. Mais j'ai aussi plusieurs palettes de paniers qui doivent partir à Saint-Martin et Saint-Barthélémy: le camion frigorifique ne peut pas prendre les petites routes". Il fustige les blocages alors que "les gens ont besoin de travailler aprÚs ces mois de pandémie".

Dans un communiquĂ©, l'Union des Entreprises-Medef "condamne fermement les entraves Ă  la libertĂ© de circuler". "OĂč allons-nous ? Quelle est la lĂ©gitimitĂ© de ceux qui interdisent l'accĂšs aux soins ?", a questionnĂ© l'organisation patronale.

"AprĂšs des mois de mesures restrictives pour notre population et pour l'Ă©conomie du pays, il est inacceptable de laisser prospĂ©rer cette spirale de l'autodestruction", a-t-elle ajoutĂ©, en estimant que les entreprises, dans lesquelles la grĂšve gĂ©nĂ©rale appelĂ©e par les syndicats n'est pas trĂšs suivie, sont tout de mĂȘme paralysĂ©es par les blocages.

Par ailleurs, l'épidémie de Covid reprend légÚrement en Guadeloupe, bien que "la situation reste stable au niveau hospitalier", selon un communiqué de la préfecture, avec un taux de positivité à 1,5%. "Le respect des mesures de protection individuelle et collective est impératif", rappelle le communiqué.

AFP

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6 Commentaires
mékoué
mékoué
4 ans

Chacun est libre de se soigner ou pas, droit inaliĂ©nable jusqu'Ă  prĂ©sent, confortĂ© depuis et entre autre par le code sanitaire Nuremberg de 1947 au moins. Il est bon de se rappeler que ce code sanitaire Ă  portĂ©e internationale a Ă©tĂ© promulguĂ© au lendemain de la guerre de 39/45, afin qu'Ă  l'avenir les exactions et expĂ©riences commises sur les prisonniers des camps de concentration, ne se reproduisent plus sur quiconque. Puis comme la libertĂ© n'est en aucun cas nĂ©gociable, de ce fait autant il faut respecter celle des autres, mais la rĂ©ciproque doit ĂȘtre impĂ©rativement de mise pour soi. Comment peut-on obliger un allergique Ă  la pĂ©nicilline d'en prendre' Comment s'il est agent de santĂ© et autre depuis toujours, peut-on se permettre et tolĂ©rer selon l'humeur du moment, qu'il soit ainsi Ă©cartĂ© de son job et restĂ© sans salaire' La solidaritĂ© syndicale des GuadeloupĂ©ens est admirable, exemplaire de courage ...

Moi, depuis mon mobile
Moi, depuis mon mobile
4 ans

Le post de 9h30 censuré comme par hasard dÚs que l'on parle de vérité !!!

Moi, depuis mon mobile
Moi, depuis mon mobile
4 ans

Pourquoi mon post n'a pas été mis en ligne ....La liberté d'expression n'a pas sa place chez ImazPress visiblement

Stean
Stean
4 ans

Des syndicats mobilisĂ©s curieusement contre la vaccination, ma!s quand il s'agit de soutenir l'Ă©galitĂ© entre les soignants (certains d'entre nous vont toucher une augmentation de 183 euros nets mensuels Ă  partir de ce mois de novembre et d'autres comme moi rien) alors lĂ  il n'y plus personne pour nous soutenir! Éc'urĂ©, Ă©c'urant! Je ne voterai plus aux prochaines Ă©lections professionnels

Citoyens observateurs
Citoyens observateurs
4 ans

BRAVO à ces créoles là ! Eux ont des cou... au moins !

almuba
almuba
4 ans

Qu'ils demandent leur indépendance et qu'on leur la donne.Ils n'auront plus à manifester.