Guerre au Moyen-Orient : Trump subit un camouflet au CongrĂšs, Khamenei doit s'exprimer jeudi

  • PubliĂ© le 4 juin 2026 Ă  08:38
  • ActualisĂ© le 4 juin 2026 Ă  10:04
Photo fournie par l'agence de presse koweïtienne Kuna montrant le Premier ministre koweïtien Ahmad al-Abdallah al-Sabah (2e à droite) inspectant les dommages à l'aéroport de Koweït City, aprÚs une attaque iranienne, le 3 juin 2026

Donald Trump a jugé mercredi possible que les discussions avec l'Iran aboutissent ce week-end, malgré la reprise des attaques dans le Golfe et le camouflet infligé par les députés américains qui ont voté en faveur de la fin de guerre.

Une dĂ©claration du guide suprĂȘme iranien Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, au moment oĂč les nĂ©gociations entre Washington et TĂ©hĂ©ran patinent en dĂ©pit de la confiance affichĂ©e par le prĂ©sident amĂ©ricain.

"On me dit que les nĂ©gociations se passent trĂšs bien (...) Qui sait (...), cela (la fin des discussions) pourrait ĂȘtre ce week-end", a-t-il encore assurĂ© mercredi dans le Bureau ovale, sans exclure qu'elles Ă©chouent.

Sans attendre un éventuel accord, la résolution votée par la Chambre des représentants ordonne un retrait des troupes américaines engagées depuis fin février contre la République islamique. Elle n'a qu'une portée symbolique en raison du droit du veto du président américain.

Mais son adoption, avec quatre voix d'élus républicains, confirme le mécontentement suscité aux Etats-Unis par un conflit qui a fait grimper les prix de l'énergie.

Pressé de trouver une porte de sortie, Donald Trump a déjà laissé entrevoir plusieurs fois ces derniers jours un accord proche, sans résultat tangible, tandis que sur le terrain de nouveaux affrontements entre l'Iran et les Etats-Unis dans le Golfe fragilisent le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.

Téhéran a en outre averti du risque de "reprise à grande échelle de la guerre" dans la région en cas d'attaque contre Beyrouth, menace brandie par Israël dans le cadre de son offensive au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.

"Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth mais aucun progrÚs tangible n'a été réalisé dans le processus de négociation", a dit le ministre iranien des Affaires étrangÚres, Abbas Araghchi dans une interview à la chaßne de télévision libanaise Al Mayadeen rapportée par l'agence iranienne Tasnim.

- Attaques contre le KoweĂŻt -

Alors que des frappes israéliennes ont fait au moins 10 morts mercredi dans le pays, le Liban et Israël se sont mis d'accord dans la soirée sur "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et la création de "zones pilotes" sous contrÎle de l'armée libanaise, jusqu'ici tenue à l'écart.

Mais cette trĂȘve est conditionnĂ©e Ă  un "arrĂȘt complet" des tirs du Hezbollah, qui rejette ces pourparlers et a encore revendiquĂ© des attaques contre des positions israĂ©liennes dans le sud du Liban dans la nuit de mercredi Ă  jeudi.

Donald Trump a dĂ©clarĂ© vouloir "sĂ©parer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que TĂ©hĂ©ran considĂšre qu'il s'agit d'un seul et mĂȘme sujet.

Autre point d'achopement: le sort de l'uranium enrichi par l'Iran, que les Etats-Unis et Israël accusent de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran réfute.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a assuré devant une commission parlementaire que la question de l'uranium enrichi était "clairement abordée" avec l'Iran, concédant toutefois que Téhéran n'avait pas donné son feu vert.

- Missiles et drones -

Donald Trump a déclaré mercredi qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, dont une déclaration écrite attendue jeudi, 37e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini.

Cette commĂ©moration, qui donne lieu Ă  une grande cĂ©rĂ©monie, coĂŻncide cette annĂ©e avec l'une des principales fĂȘtes chiites cĂ©lĂ©brĂ©e en masse dans les rues.

Elle intervient alors que les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. Ces nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à prÚs de 100 dollars, aprÚs une détente la semaine derniÚre.

Le Koweït a accusé mercredi l'Iran d'une attaque meurtriÚre (un mort et 63 blessés) contre son aéroport, une premiÚre depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport. Ils ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, et le siÚge de la CinquiÚme flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à une attaque américaine sur l'ßle Qeshm, et à celle d'un pétrolier iranien.

Le Koweït a dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.

"Les explosions se succédaient et étaient trÚs proches des zones résidentielles. Pour la premiÚre fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation", a raconté à l'AFP Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l'aéroport.


AFP

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