Un autre est griÚvement blessé

Guyane : trois soldats meurent pendant une opĂ©ration anti-orpaillage

  • PubliĂ© le 18 juillet 2019 Ă  13:15
  • ActualisĂ© le 18 juillet 2019 Ă  13:27
Les trois soldats français morts accidentalement lors d'une opération contre l'orpaillage illégal en Guyane (de gauche à droite): Edgar Roellinger, le caporal-chef de 1Úre classe Cédric Guyot, et le caporal-chef de 1Úre classe Mickaël Vandeville

Trois soldats français sont morts accidentellement et un autre a été griÚvement blessé dans une opération contre l'orpaillage illégal en Guyane, une mission périlleuse qui mobilise des centaines de militaires et de forces de l'ordre sur un territoire immense et hostile.

"J'ai appris cette nuit avec beaucoup de tristesse la mort accidentelle de trois militaires français lors d'une mission dans le cadre de l'opĂ©ration Harpie de lutte contre l'orpaillage illĂ©gal en Guyane", a rĂ©agi jeudi la ministre des ArmĂ©es, Florence Parly, dans un communiquĂ©. "Alors que les militaires s'apprĂȘtaient Ă  disposer des charges explosives pour dĂ©truire les installations souterraines des orpailleurs, huit d'entre eux ont Ă©tĂ© victimes d'Ă©manations toxiques au fond d'une galerie. ImmĂ©diatement Ă©vacuĂ©s et pris en charge par les premiers secours, trois militaires sont dĂ©cĂ©dĂ©s", prĂ©cise-t-elle.

Le sergent-chef Edgar Roellinger, 27 ans, le caporal-chef de 1Ăšre classe CĂ©dric Guyot, 31 ans, et le caporal-chef de 1Ăšre classe MickaĂ«l Vandeville, 30 ans, appartenaient au 19Ăšme rĂ©giment du gĂ©nie de Besançon, selon l'Ă©tat-major des armĂ©es. Cinq autres militaires ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s Ă  Cayenne oĂč ils ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©s. "L'un d'entre eux est dans un Ă©tat grave", selon les autoritĂ©s françaises.

Le parquet de Cayenne avait confirmé à l'AFP mercredi soir (jeudi heure de Paris) des informations du média local Guyane la 1Úre faisant état de la mort de trois soldats. Le tragique accident a eu lieu dans une zone forestiÚre isolée du sud-ouest guyanais, à Saint Jean d'Abounami, à 150 km au sud de Saint-Laurent du Maroni.

Ce secteur, sans voie terrestre vers le littoral et sans réseau téléphonique, se situe au sein du Parc amazonien de Guyane, vaste espace protégé, qui abrite un nombre croissant de sites aurifÚres illégaux. Les puits d'orpailleurs clandestins peuvent aller jusqu'à 30-40 m de profondeur, avait constaté l'AFP en juin lors d'une visite d'un site démantelé par les forces armées, à Cacao, dans l'est de la Guyane. Ces puits, parfois peu étayés, sont ensuite reliés entre eux par des galeries, souvent trÚs fragiles. Un militaire avait alors expliqué à l'AFP qu'il était trÚs risqué de s'y aventurer.

- Sites illégaux en hausse -

Pendant la derniĂšre mission de survol du parc, fin janvier, 132 sites aurifĂšres illĂ©gaux y ont Ă©tĂ© recensĂ©s, soit dix de plus que fin aoĂ»t 2018, lors de la prĂ©cĂ©dente mission aĂ©rienne. Il s'agit de l'un des chiffres les plus Ă©levĂ©s de ces onze derniĂšres annĂ©es. L'opĂ©ration Harpie de lutte contre l'orpaillage illĂ©gal en Guyane française mobilise chaque jour plus de 500 soldats, gendarmes, douaniers, policiers ou gardes forestiers, dĂ©ployĂ©s sur un territoire plus vaste que l?Écosse oĂč sĂ©vissent environ 10.000 orpailleurs clandestins, la plupart venus du BrĂ©sil.

En 2018, 1.323 patrouilles, soit en moyenne onze par jour, ont permis la découverte et la destruction de 765 sites clandestins et la saisie de 26 millions d'euros de matériel et d'avoirs criminels. L'an dernier, 193 pirogues, plus de deux cents armes, 110 quads et 547 groupes électrogÚnes ont été confisqués ou détruits.

"Hommage à nos soldats tués lors d'une intervention dans le cadre de l'opération Harpie. La destruction des sites d'orpaillage illégal en Guyane mobilise @Gendarmerie @onf @douane_france @PoliceNationale et reste une mission dangereuse", a réagi sur Twitter le président du Sénat Gérard Larcher.

Ce n'est pas la premiÚre fois que des militaires meurent dans le cadre de l'opération Harpie. En 2012, deux militaires du 9e régiment d'infanterie de marine (Rima) avaient été tués par des orpailleurs clandestins pendant une opération de lutte contre l'orpaillage illégal à Dorlin (sud-ouest de la Guyane), sur le territoire de Maripasoula. En décembre 2017, un soldat français, qui regagnait en pirogue sa base de Saint-Jean-du-Maroni au terme d'une mission contre l'orpaillage illégal, avait été tué par un tir de sa propre arme.

Et en août 2018, un militaire du 3e régiment étranger d'infanterie (REI) est décédé et treize autres ont été blessés, dont cinq griÚvement, lors d'un accident de la route en Guyane.

- © 2019 AFP

guest
1 Commentaires
romu le raleur
romu le raleur
7 ans

Hommage aux victimes mais luttons aussi contre les concessions miniĂšres officielles tout aussi destructrices.