"Notre travail n'est pas terminĂ©": au lendemain de la fin des opĂ©rations d'Ă©vacuation du Hondius aux Canaries, le patron de l'OMS a averti mardi que de nouveaux cas positifs au hantavirus pourraient ĂȘtre prochainement signalĂ©s et appelĂ© Ă respecter "les conseils et les recommandations" de son institution.
Plus de vingt pays diffĂ©rents sont concernĂ©s par les Ă©vacuations qui ont eu lieu dans le port de Granadilla de Abona, sur l'Ăźle de Tenerife, aux Canaries, d'oĂč le Hondius est reparti lundi soir vers les Pays-Bas, avec une partie de son Ă©quipage, un mĂ©decin et une infirmiĂšre Ă bord.
"Compte tenu de la longue période d'incubation du virus (...) d'autres cas" pourraient apparaßtre dans les semaines à venir, a mis en garde mardi Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol à Madrid.
"J'espĂšre qu'ils suivront nos conseils et nos recommandations", a-t-il ajoutĂ©, interrogĂ© sur la multiplicitĂ© des pays concernĂ©s par la crise sanitaire, qui n'appliquent pas tous le mĂȘme protocole.
- "Pas de frontiĂšres" pour les virus -
"L'OMS dispose de directives claires", a rappelé le directeur général de l'OMS, tout en soulignant aussi les limites liées à "la question de la souveraineté" nationale.
"Nous ne pouvons pas contraindre les pays Ă appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander", a-t-il poursuivi: "J'espĂšre que (les pays) suivront les conseils et les recommandations que nous faisons".
"La recommandation de l'OMS" est de "suivre activement" les personnes évacuées "dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile, pendant 42 jours à compter de la derniÚre exposition, qui est le 10 mai, ce qui nous amÚne au 21 juin", a détaillé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"Les virus ne connaissent pas de frontiÚres", a insisté le patron de l'OMS.
Face Ă ces protocoles qui peuvent ĂȘtre diffĂ©rents d'un pays Ă un autre, le Premier ministre français SĂ©bastien Lecornu s'est d'ailleurs prononcĂ© mardi pour une "coordination plus Ă©troite" des protocoles sanitaires au sein de l'Union europĂ©enne et de l'espace Schengen, pour "casser les Ă©ventuelles chaĂźnes de transmission".
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisiÚme étant un cas probable. Outre ces trois décÚs, sept cas positifs confirmés et un autre probable ont été signalés, tous des anciens passagers ou membres d'équipage du navire à ce stade, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sånchez a de son cÎté salué aux cÎtés de Tedros Adhanom Ghebreyesus la réussite de cette opération d'évacuation du Hondius: "Le monde n'a pas besoin de plus d'égoïsme, ni de plus de peur", a-t-il lancé, allusion aux réticences de certains face à l'accueil du navire pour procéder à ces opérations.
"Ces derniers jours, nous avons entendu de nombreux représentants publics se demander pourquoi le pays africain du Cap-Vert n'accueillait pas l'opération", a rappelé le chef du gouvernement, faisant référence sans le citer au président régional des Canaries notamment.
- "Population préoccupée" -
"Mais pour nous, il était clair que ce n'était pas la question, que la vraie question en était une autre (...) Pourquoi ne viendrions-nous pas en aide à ceux qui en ont besoin si nous en avons les moyens ?", a-t-il ajouté.
Avant de se rendre aux Canaries, le MV Hondius s'Ă©tait vu refuser dĂ©but mai l'accĂšs au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, oĂč il avait achevĂ© une croisiĂšre entamĂ©e Ă UshuaĂŻa en Argentine.
Le chef de l'OMS a dit "comprendre parfaitement que la population de Tenerife ait pu ĂȘtre prĂ©occupĂ©e par le dĂ©barquement sur ses cĂŽtes" des passagers et membres d'Ă©quipage mais a expliquĂ© avoir tout fait pour contenir les risques de propagation.
La crise Ă bord du MV Hondius a ravivĂ© les souvenirs de la pandĂ©mie de Covid-19, mĂȘme si l'OMS martĂšle que la situation actuelle n'est pas comparable Ă celle de 2020.
L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'humain à humain.
 AFP



