Etats-Unis

Kamala Harris, les yeux rivés sur la suite, accepte l'investiture de son parti

  • PubliĂ© le 22 aoĂ»t 2024 Ă  14:33
  • ActualisĂ© le 22 aoĂ»t 2024 Ă  16:33
La vice-présidente américaine Kamala Harris, candidate à la présidentielle, s'adresse à la convention démocrate le 19 août 2024 à Chicago (Illinois)

Savourer "l'espoir" retrouvé du parti, rappeler que dans cette campagne folle face à Donald Trump, rien n'est gagné: Kamala Harris acceptera solennellement jeudi à Chicago l'investiture démocrate.

La vice-présidente de 59 ans, aprÚs avoir électrisé son camp, veut s'adresser à l'Amérique toute entiÚre, selon un responsable de son équipe de campagne, qui a requis l'anonymat.

"Il n'y a pas de deuxiÚme chance pour faire une bonne premiÚre impression", note le politologue Larry Sabato. "Les électeurs ont vu le style Kamala. Maintenant il leur faut le programme Kamala."

Son discours arrivera en clÎture d'une convention euphorique voire franchement survoltée, qui a attiré chaque soir, quand les orateurs de marque montaient sur scÚne, des millions de téléspectateurs.

Kamala Harris va profiter de cette audience pour se présenter à un pays qui ne la connaßt pas forcément trÚs bien, aprÚs bientÎt quatre années au poste ingrat de vice-présidente.

- Classe moyenne -

La démocrate, née d'un pÚre jamaïcain et d'une mÚre indienne, évoquera son enfance dans la classe moyenne et ses engagements d'ancienne procureure de Californie, selon la source déjà citée.

Elle opposera Ă  son rival rĂ©publicain, qui se dit seul capable d'arrĂȘter le "dĂ©clin" du pays, une vision rĂ©solument optimiste du destin amĂ©ricain, selon son Ă©quipe de campagne.

Le site FiveThirtyEight, qui agrĂšge des enquĂȘtes d'opinion, donnait mercredi environ trois points d'avance Ă  Kamala Harris sur Donald Trump dans les intentions de vote au niveau national.

Cet écart n'est en rien une garantie de victoire, à 74 jours d'un scrutin qui se jouera, comme en 2016 et 2020, dans une poignée d'Etats clé.

Tant de choses peuvent se passer d'ici lĂ . En quatre semaines ahurissantes, l'AmĂ©rique a bien vu son actuel prĂ©sident, Joe Biden, abandonner sa candidature, et son ancien prĂ©sident Donald Trump ĂȘtre victime d'une tentative d'assassinat.

- "Election serrée" -

Quel impact, par exemple, si le candidat indépendant Robert F. Kennedy Jr jette l'éponge et apporte son soutien au milliardaire de 78 ans? Selon les médias américains, il s'y prépare.

"Quelle que soit l'incroyable énergie que nous avons réussi à générer ces derniÚres semaines, ce sera une élection serrée dans un pays fortement divisé", a averti mardi l'ancien président Barack Obama.

"Cela reste une rude bataille", a aussi mis en garde sa femme Michelle Obama, autre enfant chérie du parti.

Dans cette bataille, Kamala Harris entend contester au parti républicain la défense d'une valeur centrale de sa rhétorique, la liberté - en anglais, "Freedom", comme le titre de la chanson de Beyoncé devenue l'hymne de campagne de la vice-présidente.

- "Liberté" -

Les républicains promettent de défendre la liberté individuelle contre un gouvernement intrusif, qui empile les taxes, les régulations et les interdictions.

La vice-présidente utilise le mot pour désigner des droits et les protections garanties par la puissance publique, entre autres le droit à l'avortement.

"Quand les républicains parlent de liberté, ils parlent de la liberté pour le gouvernement d'envahir le cabinet de votre médecin, de la liberté pour les entreprises de polluer votre air et votre eau", a attaqué mercredi son colistier, Tim Walz.

"Mais quand nous, dĂ©mocrates, parlons de libertĂ©, nous parlons de la libertĂ© d'avoir une vie meilleure" et de "la libertĂ© pour vos enfants d'aller Ă  l'Ă©cole sans avoir peur d'ĂȘtre abattus dans le couloir", a dĂ©clarĂ© le gouverneur du Minnesota en acceptant l'investiture dĂ©mocrate.

L'ancien président républicain présente sa rivale comme une "gauchiste folle", qui veut faire basculer l'Amérique dans le "communisme".

Jeudi, le milliardaire de 78 ans ira en Arizona, Etat frontalier du Mexique, et portera l'affrontement sur un terrain qu'il juge favorable: l'immigration illégale.

Sur son réseau "Truth Social", il a reproché mercredi à la "camarade Kamala" d'avoir "déchaßné sur l'Amérique un fléau de crimes et de viols commis par des migrants", une accusation qui n'est pas confirmée par les statistiques policiÚres.

AFP

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