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Hollande, plus que jamais en campagne, confirme des baisses d'impĂŽt en 2017

  • PubliĂ© le 29 juin 2016 Ă  23:39
Le président François Hollande, le 22 juin 2016 à Paris

Le président François Hollande, plus que jamais en campagne, attaque la droite et donne des gages à sa gauche en confirmant notamment une nouvelle baisse d'impÎt en 2017 pour les classes moyennes, dans un entretien fleuve aux Echos à paraßtre jeudi.


AprÚs son discours au théùtre du Rond-Point le 3 mai, cette interview semble acter la deuxiÚme étape de la désormais plus que probable entrée en campagne d'un président au plus bas dans les sondages: discours trÚs musclé contre la droite, volontariste sur la conjoncture économique, nouveaux cadeaux fiscaux, critique ouverte de Donald Trump, message d'apaisement vis-à-vis de la CGT...
"D'abord, il y a bien une reprise en France et un début d'inversion de la courbe du chÎmage, c'est un fait indiscutable", déclare le chef de l'Etat, dans une formule moins hésitante que son "ça va mieux" du début d'année, beaucoup moqué, y compris dans son camp.
ParticuliÚrement optimiste pour l'économie française, il sort de la réserve du gouvernement depuis deux ans sur les prévisions macroéconomiques pour annoncer 1,6% de croissance en 2016 et 1,7% en 2017, sauf accident lié au Brexit, contre deux fois 1,5% jusqu'ici prévus par Bercy.
En 2016, le chef de l'Etat espĂšre que cela "permettra de crĂ©er au moins 200.000 emplois" et, pour 2017, il dessine les contours de la nouvelle baisse d'impĂŽt qu'il avait appelĂ©e de ses voeux dĂ©but mai. Elle ne pourra "ĂȘtre supĂ©rieur Ă  2 milliards d'euros" et de prĂ©fĂ©rence "ciblĂ©e sur les classes moyennes".
Fait plutÎt rare pour un chef d'Etat, M. Hollande se livre également à une critique trÚs forte du futur candidat des Républicains à la présidentielle américaine, Donald Trump. Une victoire de celui-ci "compliquerait les rapports entre l'Europe et les Etats-Unis" et "oui", son entrée à la Maison blanche serait dangereuse, juge-t-il.
François Hollande l'Européen, qui a multiplié ces derniers jours les rencontres avec ses homologues et au Conseil européen pour tirer les conséquences du choix britannique de quitter l'Union européenne, se montre trÚs ferme vis-à-vis de la City, souhaitant "adapter nos rÚgles, y compris fiscales, pour rendre la place financiÚre de Paris plus attractive".
- A droite, "beaucoup d'inconséquence et peu de justice" -
Il en profite d'ailleurs pour clore le débat sur l'organisation d'un référendum semblable en France, ouvert selon lui par des "apprentis sorciers", car "le rendez-vous démocratique sur l'Europe aura lieu lors de la prochaine présidentielle".
La droite n'est pas épargnée. Il voit dans ses projets "beaucoup d'inconséquence et peu de justice". "Les programmes des candidats à la primaire, c'est plus de dépenses dans tous les domaines et moins d'impÎts dans tous les autres", moque-t-il en rodant ses arguments de campagne.
"C'est sur d'autres sujets que se fait la différence, essentiellement sur l'Europe et sur l'identité nationale mais pour le reste, c'est, si je puis dire, un fonds commun de mauvais placement", assÚne le chef de l'Etat qui pourrait affronter à nouveau celui qu'il a éliminé en 2012, l'ancien président Nicolas Sarkozy.
Mais M. Hollande s'adresse également à sa gauche, récusant le procÚs en trahison que lui font nombre d'alliés de 2012.
"La trahison, c'eĂ»t Ă©tĂ© de laisser le pays dans l'Ă©tat oĂč je l'ai trouvĂ©. Je m'en expliquerai devant les Français autant que nĂ©cessaire", affirme le chef de l'Etat, qui, contrairement Ă  Arnaud Montebourg et surtout Ă  Jean-Luc MĂ©lenchon, n'imagine "pas rĂ©gler les problĂšmes des Français par une VIe RĂ©publique".
Apaisement également sur la loi Travail: "cette loi va permettre de donner au syndicalisme des moyens qu'il n'a jamais eus dans notre pays", promet-il, en rappelant qu'il ne lùchera pas sur l'article 2 (inversion de la hiérarchie des normes) et qu'il aura recours, si nécessaire, au 49-3 pour la derniÚre lecture à l'Assemblée.
Et fidĂšle Ă  son rĂŽle de rassembleur, le PrĂ©sident calme le jeu vis-Ă -vis d'une CGT directement mise en cause mi-juin par Manuel Valls au lendemain des violences trĂšs importantes Ă  Paris: "elle n'est pas responsable des violences, elle en a mĂȘme Ă©tĂ© victime".

Par Emmanuelle TRECOLLE - © 2016 AFP
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