La Chine a accusĂ© vendredi l'administration Trump de "prendre en otage" l'ONU au sujet de la loi controversĂ©e sur la sĂ©curitĂ© nationale que PĂ©kin veut imposer Ă Hong Kong, appelant les Occidentaux Ă ne pas s'en mĂȘler.
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie mÚnent la fronde internationale contre le projet, lequel prévoit de punir les activités séparatistes et "terroristes", la subversion, ou encore l'ingérence étrangÚre dans le territoire autonome chinois. Ils estiment qu'il s'agit d'une maniÚre déguisée de museler l'opposition hongkongaise et de rogner les libertés. Ce que dément fermement la Chine.
Ce texte de loi intervient aprÚs les manifestations monstres à Hong Kong en 2019 contre l'influence de Pékin, au départ pacifiques mais également marquées par des violences et du vandalisme. Elles ont renforcé un courant pro-indépendance jadis marginal.
En vertu du concept "Un pays, deux systÚmes", l'ex-colonie britannique bénéficie depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 d'une large autonomie, de la liberté d'expression et d'une justice indépendante. Le projet de loi sur la sécurité nationale, qui a reçu l'aval jeudi à Pékin du parlement national, totalement acquis au Parti communiste chinois (PCC), remet-il en cause l'autonomie hongkongaise?
Oui, selon les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui ont obtenu l'organisation prévue vendredi d'une discussion informelle au Conseil de sécurité de l'ONU, à huis clos et par visioconférence, ont affirmé à l'AFP des sources diplomatiques.
Dans un communiqué commun avec le Canada et l'Australie, les deux pays ont accusé jeudi Pékin d'enfreindre ses obligations vis-à -vis de Hong Kong et de ses 7,5 millions d'habitants. Ils ont exprimé leur "profonde inquiétude" quant à cette loi qui "limiterait les libertés de la population" et "éroderait (...) de maniÚre dramatique l'autonomie et le systÚme qui l'ont rendu si prospÚre".
- "Prendre en otage" -
Pékin a déclaré vendredi avoir protesté officiellement auprÚs des quatre capitales. "Nous exhortons ces pays (...) à cesser de s'ingérer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures chinoises", a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministÚre chinois des Affaires étrangÚres.
Il a dĂ©noncĂ© une approche amĂ©ricaine "totalement dĂ©raisonnable" et averti que la Chine ne permettrait pas aux Etats-Unis "de prendre en otage le Conseil de sĂ©curitĂ© pour ses propres intĂ©rĂȘts". CĂŽtĂ© britannique, le chef de la diplomatie, Dominic Raab, a indiquĂ© que si PĂ©kin ne faisait pas marche arriĂšre, Londres modifierait les conditions attachĂ©es au "passeport britannique d'outre-mer" dĂ©livrĂ© aux Hongkongais avant la rĂ©trocession du territoire Ă la Chine en 1997, afin de les rendre plus favorables.
Actuellement, ce passeport ne permet qu'un séjour de six mois au Royaume-Uni, une limite qui serait supprimée pour permettre à son détenteur de venir chercher du travail ou étudier dans le pays pour "des périodes prolongeables de 12 mois", a-t-il détaillé sur la BBC.
Zhao Lijian a menacĂ© vendredi Londres de reprĂ©sailles. Dans un contexte de fortes tensions PĂ©kin-Washington (Covid-19, OuĂŻghours, TaĂŻwan...), le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a annoncĂ© qu'il tiendrait vendredi une confĂ©rence de presse oĂč il annoncera "ce que nous allons faire vis-Ă -vis de la Chine".
- Etudiants chinois -
Selon son chef de la diplomatie Mike Pompeo, il pourrait s'en prendre au statut des étudiants chinois aux Etats-Unis. Anticipant le vote du parlement chinois jeudi, Washington avait déjà révoqué la veille le statut spécial accordé à Hong Kong, ouvrant la voie à la suppression des privilÚges commerciaux américains accordés au territoire autonome. Mike Pompeo a justifié cette décision par le fait, selon lui, que la Chine ne donne plus au territoire son "haut degré d'autonomie" comme promis dans l'accord sino-britannique signé avant la rétrocession.
AFP




