Sport

Hyperandrogénie: le fin d'une longue attente pour Semenya

  • PubliĂ© le 30 avril 2019 Ă  12:56
  • ActualisĂ© le 30 avril 2019 Ă  13:49
La double championne olympique du 800 m Caster Semenya aprĂšs sa victoire sur 1500 m aux Championnats d'Afrique du Sud, le 26 avril 2019 Ă  Germiston

La fin d'une longue attente: le Tribunal arbitral du sport (TAS) va rendre mercredi sa décision dans l'affaire Caster Semenya, l'athlÚte sud-africaine qui veut faire invalider un rÚglement imposé aux athlÚtes féminines produisant naturellement beaucoup de testostérone.

En février, le TAS, qui siÚge à Lausanne, avait examiné durant une semaine le recours de la championne contre le nouveau rÚglement de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) obligeant les femmes "hyperandrogÚnes" à faire baisser, avec des médicaments, leur taux de testostérone pour pouvoir participer aux épreuves internationales du 400 m au mile (1609 m).

La juridiction suprĂȘme en matiĂšre sportive, avait d'abord annoncĂ© qu'elle rendrait sa dĂ©cision fin mars, avant de la repousser Ă  la fin avril, les parties ayant soumis des documents complĂ©mentaires.
Entre temps, à quelques jours d'une décision attendue non seulement par la Sud-Africaine mais par les nombreux militants qui la soutiennent, l'athlÚte de 28 ans a remporté jeudi dernier le titre de championne d'Afrique du Sud du 5000 m, une distance à laquelle elle ne s'attaquait que pour la deuxiÚme fois de sa carriÚre. Le lendemain elle s'imposait sur 1500 m.

Triple championne du monde (2009, 2011, 2017) et double championne olympique du 800 m (2012, 2016), Caster Semenya assure ĂȘtre "incontestablement une femme" et dĂ©nonce des rĂšgles destinĂ©es, selon elle, Ă  la "ralentir".
Les avocats de la championne sud-africaine ont plaidé pour la tolérance envers les athlÚtes présentant "des variations génétiques". Ils estiment que le nouveau rÚglement de la Fédération internationale d'athlétisme "tente de maniÚre erronée et douloureuse de régir les caractéristiques sexuelles des athlÚtes femmes".

"Préserver l'équité"

De son cÎté, l'IAAF argumente que si des athlÚtes avec des différences de développement sexuel (DSD) présentent des niveaux de testostérone masculins, il est nécessaire de "préserver l'équité de la compétition féminine" et donc de demander à ces athlÚtes de "réduire leur taux de testostérone avant une compétition internationale".

La Sud-Africaine n'est pas la seule athlĂšte qui pourrait ĂȘtre affectĂ©e par ces nouvelles rĂšgles, suspendues en attendant la dĂ©cision du TAS: les mĂ©daillĂ©es de bronze et d'argent sur 800 m aux JO de Rio en 2016, Francine Niyonsaba (Burundi) et Margaret Wambui (Kenya), ont Ă©galement Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă  des questions sur leur taux de testostĂ©rone.
L'IAAF avait estimĂ© que "le report (de la dĂ©cision du TAS) ne devait pas porter prĂ©judice aux athlĂštes concernĂ©es" et annoncĂ© la mise en place d'une "disposition transitoire spĂ©ciale" permettant Ă  celles qui "respecteront la limite de 5 nmol/ L, Ă  compter de la semaine suivant la publication de la dĂ©cision" d'ĂȘtre Ă©ligibles pour les Championnats du monde (28 septembre-6 octobre Ă  Doha).

Fin mars, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a critiqué le nouveau rÚglement de l'IAAF, apportant un soutien unanime à la championne sud-africaine.
Dans une rare intrusion dans le monde du sport, l'organe de l'ONU avait affirmĂ© dans une rĂ©solution que le rĂšglement de l'IAAF "pourrait ne pas ĂȘtre compatible avec les normes et rĂšgles internationales relatives aux droits de l'Homme".
Pour certains experts scientifiques, priver Caster Semenya de compétition à cause de son taux élevé de testostérone reviendrait à exclure des basketteurs parce qu'ils sont trop grands.

AFP

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