"Trop, c'est trop", a rĂ©agi auprĂšs de l'AFP la prĂ©sidente de la LFP Nathalie Boy de la Tour aprĂšs les incidents "jamais vus dans l'histoire de la Ligue 1" qui ont provoquĂ© l'arrĂȘt de Bastia-Lyon, match de la 33e journĂ©e dimanche.
QUESTION: Quel est votre sentiment au vu de ce qui s'est passé dimanche à Bastia?
REPONSE: "Il y a beaucoup de tristesse, d'incompréhension... Les mots sont faibles en général pour qualifier ce genre de comportement. Trop, c'est trop, il s'agit de faits inqualifiables. Des supporters qui agressent des joueurs, c'est du jamais vu dans l'histoire de la Ligue 1. Ca nous choque profondément. Nous déplorons que le SC Bastia donne une image horrible de notre football, cela nuit à l'image du football professionnel, qui ne mérite pas cela."
Q: Les problÚmes disciplinaires sont récurrents à Bastia...
R: "Le club est dĂ©jĂ passĂ© Ă quatre reprises en commission de discipline cette saison Ă cause de sa tribune Est (celle qu'occupe le groupe de supporters Bastia 1905, ndlr). Il y a eu le Parisien Lucas qui a Ă©tĂ© frappĂ© avec un drapeau lors de la premiĂšre journĂ©e, l'usage trĂšs important de fumigĂšnes lors de Bastia-Marseille le 21 dĂ©cembre 2016, l'affaire des dĂ©plorables cris racistes contre Mario Balotelli le 20 janvier, et le cas de Bastia-Nantes (match du 1er mars) qui est encore en instruction. Il y a un grand problĂšme de sĂ©curitĂ© Ă Bastia et la commission de discipline de la LFP va se saisir de ce dossier. (...) Il va falloir ĂȘtre intransigeant."
Q: Quelles sanctions pourrait prendre la commission de discipline pour ĂȘtre vraiment dissuasive?
R: "La commission de discipline est indĂ©pendante, je ne voudrais pas donner l'impression que je m'immisce dans ses dĂ©cisions. Je lui laisse le soin de choisir la sanction appropriĂ©e. Par ailleurs il est bon de rappeler qu'une enquĂȘte en flagrance a Ă©tĂ© ouverte par le procureur de la RĂ©publique Ă Bastia. Il faudra utiliser tous les moyens juridiques Ă notre disposition pour identifier les fauteurs de troubles, qui n'ont rien Ă faire dans un stade."
Q: On connaissait les risques de débordement avant la rencontre, a-t-on tout bien fait pour éviter ceux qui se sont produits?
R: "Je crois que personne n'imaginait que des supporters iraient sur la pelouse pour s'en prendre Ă des joueurs. Je n'Ă©tais pas sur place, j'Ă©tais devant ma tĂ©lĂ©, et de ce que j'ai pu constater, les stadiers Ă©taient peu nombreux. Et puis j'ai entendu dire que des stadiers auraient frappĂ© des joueurs, ce serait vraiment incongru mais j'attends les compte-rendus des dĂ©lĂ©guĂ©s. Il faut ĂȘtre trĂšs prudent sur ce genre de dossiers."
Q: A contrario, n'aurait-il pas fallu annuler la rencontre aprÚs les incidents lors de l'échauffement?
R: "C'est une dĂ©cision compliquĂ©e Ă prendre, qui ne se prend pas seule. Elle implique les deux prĂ©sidents des clubs, le dĂ©lĂ©guĂ© de la Ligue, l'arbitre, Amaury Delerue, et la DDSP (Direction dĂ©partementale de la sĂ©curitĂ© publique, ndlr). Il y a une discussion qui s'Ă©tablit entre ces diffĂ©rentes parties, qui Ă©valuent le niveau de risque qu'il y a Ă continuer le match, le niveau de risque qu'il y a Ă l'interrompre. Car, si on arrĂȘte la rencontre, il peut aussi y avoir un risque Ă l'extĂ©rieur du stade. Je n'Ă©tais pas dans les discussions, qui ont Ă©tĂ© longues, et quand on n'est pas sur place c'est trĂšs difficile d'Ă©valuer la situation. Il n'y a jamais de bonne solution. En tout cas, ce qui a Ă©tĂ© dit, c'est que, au moindre incident supplĂ©mentaire, la rencontre serait arrĂȘtĂ©e".
Q: Pensez-vous que ces événements vont avoir une incidence sur les prestations de Lyon jeudi en Europa League à Besiktas?
R: "Ce qu'on peut dire c'est que les Lyonnais n'ont pas été épargnés cette semaine. Forcément, vous avez une équipe qui est fragilisée à la fois physiquement et psychologiquement. Je leur fais confiance pour retrouver trÚs rapidement la force qu'ils ont en eux, mais forcément, ils se seraient bien passés de ce qui s'est passé dimanche."
AFP
