Etats-Unis

Irma: plus que le vent, la mer menace Naples en Floride

  • PubliĂ© le 10 septembre 2017 Ă  20:46
La station balnéaire de Naples, dans le sud-ouest de la Floride frappée par l'ouragan Irma, le 10 septembre 2017

Plus encore que les vents courbant ses palmiers et menaçant d'arracher les toits des maisons, la station balnĂ©aire de Naples, dans le sud-ouest de la Floride, redoute dimanche d'ĂȘtre envahie par une montĂ©e fatale du niveau de la mer.


Ici le déferlement pourrait avoir des conséquences terribles, avec une élévation de l'eau de 3 à 4,5 mÚtres, ont prévenu les autorités.
Le paysage est désespérément plat, avec un trÚs faible dénivelé par rapport au Golfe du Mexique. Vues de la plage battue par les rafales et les pluies diluviennes, quelques heures avant l'arrivée de l'oeil de l'ouragan Irma, les défenses naturelles protégeant Naples apparaissent dérisoires: de petites dunes plantées d'une végétation chétive.

Au-delà s'étalent des quartiers résidentiels aux pelouses impeccables, théoriquement totalement évacués de leurs habitants.
Mais les zones d'évacuation seulement conseillée, et non obligatoire, ne sont pas loin et là se concentre le danger.

- Trop tard pour fuir -

Il est de toute façon trop tard pour fuir. Les rues sont jonchées de palmes arrachées aux cocotiers. Totalement déserte, l'autoroute 75 est balayée par les bourrasques, la visibilité y est trÚs médiocre. Aucun signe de vie n'anime les grands hÎtels, les résidences balnéaires et les villas. Les commerces sont recouverts de panneaux de bois. Tout est fermé. Les seules lumiÚres visibles sont les feux de circulation.

Les évacués sont massés dans des abris, des refuges, des hÎtels relativement éloignés du rivage. L'éventualité d'une invasion marine des terres est sur toutes les lÚvres. "Je m'inquiÚte de tous ces gens qui ne croient pas à une montée des eaux brutale. Il est vital de redouter ce déferlement", s'irrite Virginia Defreeuw, une septuagénaire qui a abandonné son mobile home.

"Les gens n'écoutent pas, certains se disent +On a survécu à (l'ouragan) Wilma, on a survécu à Charley, cela se passera bien, on peut en traverser un autre+", reprend-elle. "Mais celui-ci est néfaste". Plus d'un million de personnes vivent dans la région de Naples, un nombre qui a augmenté de prÚs de 30% depuis 2010.

- Front de mer évacué -

De nombreuses rĂ©sidences neuves se dressent sur le front de mer, oĂč des personnes ĂągĂ©es sont venues chercher le soleil. Mark Thorpe, un retraitĂ© Ă©vacuĂ© de Key West, a dĂ©jĂ  vĂ©cu une telle montĂ©e de la mer, quand l'ouragan Wilma a frappĂ© en 2005 cette ville Ă  la pointe du petit archipel terminant la pĂ©ninsule floridienne.

"Ce n'est pas un moment drĂŽle. L'eau montait, marche aprĂšs marche. On avait un ami qui avait sa (Ford) Bronco garĂ©e devant la maison, il avait de l'eau jusqu'au cendrier", relate-t-il. "Nous possĂ©dions une grosse caravane. La compagnie d'assurance est passĂ©e des semaines aprĂšs, ils ne sont mĂȘme pas entrĂ©s dedans, ils ont simplement regardĂ© la marque du niveau d'eau et l'ont dĂ©clarĂ©e dĂ©truite", poursuit l'homme de 69 ans.

Avec sa femme Tess, il a quittĂ© mardi le chapelet d'Ăźles des Keys pour se rĂ©fugier sur la cĂŽte sud-ouest de la Floride, l'ouragan Ă©tant alors censĂ© frapper la cĂŽte sud-est. Mais Irma a changĂ© de route. Le danger est dĂ©sormais imminent. Mark Thorpe n'envisage pourtant pas de quitter la Floride, mĂȘme aprĂšs avoir subi tant de cyclones.

"On apprend à vivre avec. Ici on ne se retrouve jamais à pelleter de la neige", dit-il en référence à une activité hivernale traditionnelle de nombreux Américains, qui dégagent ainsi la voie d'accÚs au seuil de leur foyer et à leur garage.

AFP

guest
0 Commentaires