Société

Isabelle Huppert évoque sa "sympathie" pour le mouvement #MeToo

  • PubliĂ© le 17 fĂ©vrier 2018 Ă  23:59
  • ActualisĂ© le 18 fĂ©vrier 2018 Ă  06:53
La comédienne française Isabelle Huppert, le 17 février 2018 à Berlin

La comédienne française Isabelle Huppert a apporté son soutien samedi à Berlin aux actrices révélant les abus et mauvais traitements qu'elles peuvent subir, estimant que cette libération de la parole "aurait dû" se faire plus tÎt.


"Ca fait bien longtemps que tout ce qui a Ă©tĂ© dit --depuis que ça a commencĂ© il y a quelques mois-- aurait dĂ» ĂȘtre dit", a affirmĂ© la comĂ©dienne lors d'une confĂ©rence de presse, sans mentionner directement l'affaire Weinstein. "C'est aussi pour cela que je fais du cinĂ©ma, pour parler des femmes d'une certaine maniĂšre. Je suis personnellement trĂšs contente que certaines choses soient dites, de maniĂšre dĂ©finitive j'espĂšre", a-t-elle ajoutĂ©, Ă©voquant "sympathie et espoir" face Ă  la vague #MeToo.

Dans "Eva" de son compatriote Benoßt Jacquot, en compétition à la Berlinale, elle incarne une prostituée qui croise la route d'un dramaturge (Bertrand, interprété par Gaspard Ulliel) et va bientÎt se révéler vénéneuse pour lui. En adaptant un roman noir de James Hadley Chase, déjà porté à l'écran par Joseph Losey (1962, avec Jeanne Moreau), Benoßt Jacquot offre un rÎle de femme fatale à Isabelle Huppert, une de ses actrices fétiches.

Les deux compÚres en sont à leur sixiÚme collaboration, aprÚs des films comme "L'école de la chair" ou "Villa Amalia". Le personnage d'Eva "semble fatale pour Bertrand mais elle ne fait pas exprÚs", a souligné l'actrice, qui est tantÎt une prostituée perruquée et fardée, tantÎt une bourgeoise de province dans le film.

Un rĂŽle de femme forte qui Ă©voque Ă  certains Ă©gards son personnage dans "Elle" de Paul Verhoeven, pour lequel elle a reçu un Golden Globe de l'association de la presse Ă©trangĂšre Ă  Hollywood. "Oui, il y a des points communs. Une certaine solitude, un cĂŽtĂ© tranchant de prime abord, la volontĂ© de ne jamais ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une victime, un contrĂŽle apparent. Il est Ă©vident que derriĂšre cette façade, il y a autre chose", a soulignĂ© l'actrice.

Variation sur l'imposture, "Eva" permet à son réalisateur, connu pour ses portraits de femmes ("Les adieux de la reine"), d'explorer une figure masculine, avec le personnage de Gaspard Ulliel. "Cette Eva lui apparaßt comme une bouée de secours. Elle est aussi double que lui. Les deux lignes de vie se mettent en miroir, ce qui n'est ni dans le livre, ni dans le roman", a expliqué le réalisateur à l'AFP.

Malaxant Ă  son grĂ© le roman initial, il a Ă©galement introduit une diffĂ©rence d'Ăąge entre les deux personnages principaux. "Ca m'intĂ©ressait d'inverser la figure habituelle de la jeune femme avec un homme qui Ă  l'Ăąge d'ĂȘtre son pĂšre. Ca recoupait une figure du monde tragique: un homme qui rencontre une femme de maniĂšre forte et quasiment fatale et elle a l'Ăąge de sa mĂšre".

AFP

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